La prise du pouvoir par la coalition rebelle de la Séléka, qui a renversé le président François Bozizé le 24 mars 2013, plonge la République centrafricaine dans une nouvelle période de violences, d’incertitude et de représailles. Dans ce climat de peur généralisée, les proches de personnalités associées à l’ancien régime deviennent des cibles potentielles de violences et d’exactions.
C’est dans ce contexte particulièrement tendu qu’un drame d’une extrême gravité a frappé la famille de M. Étienne SENAPAI, conseiller politique et cadre du parti Kwa Na Kwa (KNK), dirigé par l’ancien président François Bozizé.
Le 27 mars 2013, sa résidence, située dans le 5e arrondissement de Bangui, a été prise pour cible par des hommes armés présentés comme des éléments de la Séléka. Heureusement, la maison avait été évacuée bien avant leur arrivée. Cela n’aurait toutefois pas empêché les assaillants de forcer le portail et la porte d’entrée avant de procéder au pillage de la propriété.
Hélas, au cours de cette attaque, les hommes armés ont appris que sa fille, Mariana SENAPAI, âgée de 27 ans, résidait chez son mari, non loin du domicile familial. Ils se seraient alors rendus à son domicile, où ils lui auraient fait subir des violences sexuelles avant de l’assassiner. Un acte d’une cruauté insoutenable qui aurait été commis sous les yeux de ses trois enfants.
Une résidence prise pour cible après la chute du régime Depuis l’entrée des rebelles de la Séléka dans Bangui et la chute du pouvoir de François Bozizé, le climat sécuritaire s’est considérablement dégradé dans la capitale centrafricaine. Les pillages, les intimidations et les violences contre les populations alimentent un sentiment d’insécurité grandissant.
Selon les informations rapportées par des voisins, des hommes lourdement armés auraient fait irruption, le 27 mars 2013, au domicile d’Étienne SENAPAI. Celui-ci était absent, tout comme les autres membres de sa famille qui résidaient habituellement dans cette maison, ont fui pour se cacher près de M’BAÏKI, a environ 107 km de Bangui. Les assaillants se seraient alors dirigés vers le domicile de sa fille Mariana, situé à proximité. D’après les informations recueillies, les hommes armés auraient d’abord ouvert le feu en direction de la maison avant de pénétrer dans le salon. Une fois à l’intérieur, ils auraient découvert Mariana SENAPAI, alors âgée de 27 ans, en compagnie de ses trois enfants.
Les assaillants lui auraient demandé où se trouvait son père. Elle leur aurait répondu que celui-ci avait quitté son domicile depuis la nuit du 23 mars 2013.
Les hommes armés auraient ensuite emporté plusieurs biens appartenant à la famille, notamment le véhicule de son mari. Cependant, leur intervention ne se serait pas limitée au pillage. Selon les témoignages rapportés, certains d’entre eux auraient commis des violences sexuelles sur Mariana avant de l’assassiner, sous les yeux de ses trois enfants, impuissants face à cette scène d’une violence extrême.
Alors que certains membres de la famille y compris son mari auraient réussi à fuir dès les premiers instants de l’attaque, Mariana n’aurait pas pu s’échapper avec ses trois enfants. Restée auprès d’eux, probablement dans l’espoir de les protéger, elle aurait finalement perdu la vie dans ces circonstances tragiques.
La nouvelle de ce drame aurait profondément bouleversé les habitants du quartier. Environ une heure après le départ des assaillants, des voisins auraient alerté la Croix-Rouge centrafricaine, qui serait intervenue pour prendre en charge la dépouille de la victime.
Pour les trois enfants, le traumatisme aurait été immense. Après avoir assisté à l’assassinat de leur mère, ils auraient dû quitter leur domicile, désormais associé à l’horreur et à la peur. La maison de leur grand-père aurait également été abandonnée, dans un contexte où la famille ne se sentait plus en sécurité.
Ce drame présumé illustre la vulnérabilité des familles associées aux personnalités politiques de l’ancien régime dans les jours qui ont suivi le renversement de François Bozizé. L’affaire de la famille SENAPAI constitue ainsi un témoignage particulièrement tragique de cette période sombre de l’histoire centrafricaine.
Le 24 mars 2013 marque un tournant majeur dans l’histoire politique de la République centrafricaine. Après plusieurs années de tensions politiques et de contestations armées, la coalition rebelle de la Séléka prend le contrôle de Bangui et renverse François Bozizé, au pouvoir depuis 2003.
Michel Djotodia s’impose alors à la tête du pays, dans un contexte de rupture institutionnelle et d’effondrement progressif de l’autorité de l’État. Cette prise de pouvoir ouvre une nouvelle période de profonde instabilité politique et sécuritaire, marquée par de nombreuses exactions contre les populations civiles.
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