
À Boromata, dans la préfecture de la Vakaga, les supplétifs centrafricains des mercenaires russes, communément appelés « Russes noirs » ou « Wagner noirs », sont en colère après l’embuscade tendue par les éléments rebelles de la coalition Alliance . La blessure grave de leur chef Dogo et celle de plusieurs de leurs compagnons ravivent leurs revendications sur leur rémunération, leur protection et leur prise en charge médicale.
La rédaction du CNC a recueilli plusieurs témoignages auprès de ces supplétifs dans le village de Boromata, également connu sous le nom de Manou. Leur mécontentement porte notamment sur les conditions dans lesquelles ils participent aux opérations militaires aux côtés des mercenaires russes du groupe Wagner.

Selon leurs explications, ils sont régulièrement sollicités pour accompagner les Russes dans leurs déplacements et leurs opérations contre les groupes armés. Pourtant, ils affirment ne bénéficier ni d’une rémunération comparable à celle des mercenaires russes ni des moyens nécessaires pour assurer leur propre protection.
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Des blessés qui s’interrogent sur leur avenir
La situation de leur chef, Dogo, est au centre de leurs inquiétudes. Grièvement blessé à la jambe lors de l’embuscade des rebelles , il a été évacué vers l’hôpital de Birao. Un autre supplétif centrafricain figure également parmi les blessés, aux côtés de deux mercenaires russes.
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Pour les Wagner noirs interrogés par le CNC, une question devient urgente : qui prendra en charge les blessés et leurs familles ?
Ils expliquent que ces hommes ont des épouses et des enfants à nourrir. Si certains souffrent de blessures qui entraînent une amputation ou une incapacité permanente, comment pourront-ils continuer à subvenir aux besoins de leurs familles ? Qui assurera leurs soins, leur rééducation et leur accompagnement après leur sortie de l’hôpital ?
Ces supplétifs dénoncent l’absence de garanties sur leur avenir en cas de blessures graves. Ils estiment qu’après avoir risqué leur vie dans des opérations militaires, ils ne peuvent pas être abandonnés à leur sort lorsqu’ils deviennent incapables de travailler.
« Nous sommes des civils, nous ne sommes pas payés »
Dans leurs témoignages, les Russes noirs insistent sur leur statut. Ils affirment être des civils mobilisés pour appuyer les mercenaires russes, sans bénéficier d’un statut militaire ni d’une rémunération régulière.
Ils dénoncent également le manque de moyens matériels. Lors des opérations, ils expliquent devoir parfois emprunter des motos appartenant à des particuliers ou à des conducteurs de taxis-motos pour se déplacer. Ils s’interrogent sur les garanties dont ils disposent lorsqu’ils sont blessés ou lorsqu’ils perdent leurs équipements pendant les affrontements.
Leur colère vise directement les conditions dans lesquelles les mercenaires russes les mobilisent. Ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent systématiquement prendre les risques les plus importants sans disposer des mêmes moyens de protection.
Une colère qui gagne les supplétifs de Boromata
Après l’embuscade des rebelles , les supplétifs centrafricains disent ne plus accepter de continuer dans ces conditions. Ils réclament des garanties concernant leur rémunération, leur sécurité et la prise en charge des blessés.
À la suite d’une violente embuscade du PRNC, ces supplétifs centrafricains réclament des garanties immédiates sur leur prise en charge médicale et leur rémunération.
Pour ces hommes, le problème dépasse désormais les circonstances de l’attaque. Ils veulent savoir ce qu’il adviendra de leurs compagnons blessés, de leurs familles et de ceux qui pourraient subir demain le même sort.
À Boromata, cette colère intervient alors que les groupes armés continuent de mener des attaques dans la préfecture de la Vakaga, malgré la présence des mercenaires russes du groupe Wagner et de leurs auxiliaires centrafricains.
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