
À Zémio, dans le Haut-Mbomou, des bénéficiaires critiquent les programmes d’assistance de la MINUSCA et de la Croix-Rouge. Ils dénoncent des aides jugées inadaptées aux besoins des jeunes et des populations vulnérables, notamment en pleine rentrée scolaire.
Dans la sous-préfecture de Zémio, les programmes d’assistance humanitaire provoquent des critiques parmi certains habitants. Selon des témoignages recueillis sur place par la rédaction du CNC, les initiatives de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) et de la Croix-Rouge ne répondraient pas suffisamment aux besoins prioritaires de la population, particulièrement ceux des jeunes en âge scolaire.

Au centre des préoccupations figure le programme LONDO, fondé sur le principe du « cash for work », qui consiste à rémunérer les participants en échange de travaux d’intérêt collectif. Selon l’un des témoins, ce programme détournerait certains jeunes de leurs études au moment où les établissements scolaires reprennent leurs activités.
Le même témoin indique que le programme doit prendre fin en novembre prochain. Il craint que des élèves engagés dans ces activités ne compromettent leur premier trimestre scolaire, alors que cette période est déterminante pour leur apprentissage.
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« Au lieu d’appuyer les élèves du Haut-Mbomou et les enseignants pendant cette période de rentrée scolaire, la MINUSCA nous affaiblit avec le travail de LONDO : cash for work », déplore-t-il.
Pour cet habitant, les aides financières temporaires ne constituent pas une solution durable aux difficultés de la jeunesse. Il estime que des formations professionnelles adaptées aux réalités locales permettraient aux jeunes d’acquérir des compétences et de préparer leur avenir au lieu de dépendre de programmes limités dans le temps.
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La Croix-Rouge accusée de favoriser des bénéficiaires au détriment d’autres
Les critiques concernent également les activités de la Croix-Rouge dans le Haut-Mbomou. Selon le même témoignage, la distribution des cartes de bénéficiaires donnerait lieu à des traitements inégaux entre les habitants.
« Tous les résidents du Haut-Mbomou sont vulnérables », affirme-t-il, en contestant les critères appliqués lors de la sélection des personnes retenues pour bénéficier de l’assistance.
Cette situation alimente le mécontentement de certains habitants, qui souhaitent une répartition plus équitable de l’aide. Pour eux, les programmes humanitaires devraient tenir compte des difficultés rencontrées par les différentes catégories de la population, sans créer de nouvelles frustrations au sein des communautés.
100 000 FCFA sur trois mois : une aide suffisante pour préparer l’avenir ?
L’aide financière évoquée par le témoin s’élèverait à 100 000 francs CFA par personne sur une période de trois mois. Il remet en cause l’efficacité de cette formule et estime que les organisations concernées devraient privilégier des programmes capables de produire des résultats durables.
« Pourquoi 100 000 FCFA par personne gratuitement pour trois mois, au lieu de nous soutenir avec des formations professionnelles et innovantes qui peuvent nous aider dans l’avenir ? », s’interroge-t-il.
Dans le Haut-Mbomou, la Croix-Rouge et la Minusca appliquent des critères de sélection contestés par les résidents, qui réclament plutôt des actions de formation professionnelle pour les jeunes.
À ses yeux, la priorité devrait être donnée à la formation professionnelle, à l’apprentissage de métiers et au développement d’activités génératrices de revenus. Une telle orientation permettrait, selon lui, aux jeunes de mieux préparer leur avenir et de réduire leur dépendance aux aides ponctuelles.
À Zémio, ces critiques posent la question de l’adaptation des programmes humanitaires aux besoins réels des populations du Haut-Mbomou. Entre soutien financier temporaire, accès à l’éducation et formation professionnelle, certains bénéficiaires attendent des initiatives qui répondent davantage aux difficultés quotidiennes des familles et aux perspectives d’avenir de la jeunesse.
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