
C’est ce qui ressort de la énième sortie tonitruante du conseiller camerounais de Faustin-Archange Touadéra, Jules Njawé, sur le plateau de la chaîne Freedom Africa TV.
Les vives tensions entre Bangui et Kigali, d’abord révélées par Corbeau News Centrafrique, ont été confirmées par nos confrères du journal Africa Intelligence qui ont enfoncé le clou le 15 octobre avec une enquête au titre explicite : « Centrafrique, Rwanda : Touadéra coincé entre ses alliances sécuritaires avec Kigali et Kinshasa ». Une confirmation de trop pour le palais de la Renaissance qui se voit obligé d’envoyer son homme balancer les dessous de l’affaire, selon un membre du gouvernement contacté par la Rédaction.
« Paris orchestrerait une campagne médiatique via Africa Intelligence pour préparer l’opinion à l’assassinat de Faustin-Archange Touadéra par un commando, tout en faisant porter le chapeau au Rwanda ! », a-t-il martelé sur le plateau.
Une sortie surréaliste qui paralyse le gouvernement
C’est la sortie la plus surréaliste et la plus alarmante qui secoue et fait grincer les dents des membres du gouvernement Moloua, désormais réduits au silence et ne sachant plus quoi dire.
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Jules Njawé est monté au créneau avec des accusations d’une violence inouïe. Affirmant s’appuyer sur des « analyses » et la voix de ses « ancêtres », le communicant du palais a décrit par le menu un plan d’assassinat visant directement son patron, Faustin-Archange Touadéra.
Dans sa diatribe télévisée, Jules Njawé n’a pas seulement agité la menace : il a détaillé la machination jusqu’à l’assassinat de Touadera qu’il attribue à bas bruit à des commandos déjà infiltrés et à des puissances étrangères :
« L’assassinat du président Touadéra est planifié par Paris (…) et l’on va vouloir, une fois que ça a réussi, faire porter le chapeau de ce crime au Rwanda ! Nous l’avons compris parce que nous avons de l’intelligence et nos ancêtres qui nous guident… Le moment venu, lorsque le commando tapi à Bangui va agir pendant que les frontières, Cameroun, Tchad, Soudan, seront en proie aux affrontements entre les forces rebelles et les forces loyalistes, ce commando va attenter à la vie du président Touadéra. Et le verbatim qui sera donné à l’opinion sera celui que le magazine français est en train de préparer : dire que les tensions persistantes entre le président Kagame et le président Touadéra ont conduit les forces rwandaises qui sont dans le système de sécurité de Touadéra à l’abattre ! C’est ça qui est en préparation. »
La surenchère mortifère d’un habitué de la provocation
Ce n’est pas la première fois que Jules Njawé accuse la France de chercher à déstabiliser le régime de Touadéra. Il s’agit aujourd’hui d’une énième récidive avec une surenchère mortifère, exposant publiquement un scénario d’élimination physique d’un chef d’État en exercice.
Pour un avocat au barreau centrafricain joint par la Rédaction, en s’exprimant en tant que ministre conseiller officiel de la présidence, la parole de Jules Njawé engage directement le sommet de l’État centrafricain.
Une triple action institutionnelle s’impose d’urgence
Face à la gravité de telles accusations, une triple réaction s’impose d’urgence :
– Le gouvernement centrafricain pour l’ouverture d’une enquête judiciaire : Puisqu’il affirme détenir des éléments précis sur un commando en mission commandée pour tuer Touadéra, le procureur de la République a l’obligation légale de se saisir immédiatement du dossier. S’il ment, il doit répondre de propagation de fausses nouvelles et de trouble à l’ordre public. S’il dit vrai, la sécurité nationale est gravement en peril.
– Le gouvernement rwandais pour l’exigence des noms des commandos : En pointant du doigt des soldats rwandais intégrés dans le dispositif de sécurité de Touadéra comme de futurs exécutants d’un assassinat, Njawé jette un discrédit total sur Kigali. Le Rwanda est pleinement en droit d’exiger de Bangui des explications officielles et la transmission immédiate des noms de ces prétendus commandos.
Le conseiller présidentiel Jules Njawé accuse ouvertement la France de machination criminelle à Bangui visant directement le chef de l’État Faustin-Archange Touadéra, tout en impliquant le dispositif de sécurité rwandais.
– Le Quai d’Orsay et l’Ambassade de France pour une demande d’explications formelles : En accusant ouvertement cette fois la France de machination criminelle, le régime utilise son conseiller pour jeter de l’huile sur le feu sans fondement et sans preuve. L’ambassade de France à Bangui doit exiger des explications claires et écrites de la présidence : s’agit-il de la position officielle de l’État centrafricain ?
Affaire à suivre.
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