Centrafrique : Quels enjeux politiques et économiques sous-tendent la mise en garde de la Banque mondiale sur les finances publiques ?

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Les finances publiques désignent l’ensemble des recettes et des dépenses de l’État c’est-à-dire comment l’État obtient, gère et dépense les deniers publics. Elles constituent un instrument essentiel et indispensable pour le fonctionnement de l’État car elles servent à financer l’essentiel des services publics, à redistribuer les richesses, à soutenir ou réguler l’économie du pays et à répondre aux besoins primaires de la population.

 

Au demeurant, les finances publiques d’un État est la résultante de la fusion des droits fiscaux, de la comptabilité publique et du droit budgétaire.

 

Centrafrique : Quels enjeux politiques et économiques sous-tendent la mise en garde de la Banque mondiale sur les finances publiques ?
Hervé Ndoba, ministre des finances et du budget de la Centrafrique

 

Elles sont principalement composées des recettes telles les impôts, les taxes et les cotisations sociales, des dépenses de fonctionnement des services publics ainsi que des dépenses d’investissement, du budget qui représente le cadre prévisionnel annuel et enfin de la dette qui correspond aux emprunts pour combler les déficits budgétaires.

 

Ainsi présentées, les finances publiques de la République centrafricaine depasse un simple enjeu économique et représente une problématique très sensible avant de prendre une dimension politique, surtout de bonne gouvernance et cela démontre de la capacité du pouvoir de Bangui de répondre à ses obligations régaliennes, de fournir les services sociaux de base à la population.

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En effet, en date du 2 juillet 2026, un rapport de la Banque mondiale alerte sur la situation calamiteuse des finances publiques de la Centrafrique et estime qu’elles sont sur une trajectoire raide avec des fragilités structurelles.

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L’alerte de la Banque mondiale sur les finances publiques centrafricaines ne signifie pas que l”État est en faillite, ni en cessation de paiement mais doit être comprise comme un appel, un avertissement voire une prise de conscience urgente pour apporter des réformes nécessaires afin d’éviter l’effondrement d’un dispositif déjà sous tutelle.

 

Le rapport de la Banque mondiale qui établi un diagnostic préventif et prospectif identifie une panoplie de difficultés financières nées de la mauvaise gouvernance et surtout de l’absence de reddition de comptes d’où le risque que la République centrafricaine se retrouve avec des dettes cachées à l’instar de l’Etat du Sénégal.

 

Ce diagnostic à charge et sans réserve à insisté sur la forte pression de la masse salariale qui absorbe à elle seule près de 3/4 de recettes domestiques.

 

L’on note également la faible mobilisation de recettes publiques, la traditionnelle dépendance à l’aide extérieure qui met à mal la notion de souveraineté qui n’a d’existence que dans les discours, et enfin la faiblesse des mécanismes de contrôle des finances publiques qui fragilise nos institutions.

 

En dépit de cette tension de trésorerie énumérée de façon non exhaustive, et pendant que les institutions financières internationales alertent sur la fragilité des finances publiques, le Président de la République planifie un énième voyage touristique et de gaspillage avec une forte délégation pour deux semaines dans l’hexagone tandis que le Président de l’assemblée nationale de son côté est en mission de supervision électorale en Russie comme si l’assemblée nationale centrafricaine avait une expertise électorale à exporter ou à vendre.

 

À cela, il ne faut pas perdre de vue l’opacité de la facture des mercenaires du groupe paramilitaire de Wagner qui n’a aucune traçabilité ni dans la loi des finances qui constitue le socle des finances publiques, ni dans les archives de la comptabilité publique.

 

Ce nébuleux groupe paramilitaire de Wagner est non seulement un partenaire sécuritaire mais un acteur économique et minier de grande envergure.

 

Face à ce constat calamiteux, le citoyen lambda s’interroge :

 

1- Quels sont les enjeux politiques et économiques qui expliquent l’alerte de la Banque mondiale sur les finances publiques ?

 

2- En d’autres termes, comment l’alerte de la banque mondiale sur les finances publiques peut-elle être interprété sur le plan politique ?

 

3- Le pouvoir de Bangui maîtrise t-il suffisamment sa trésorerie, ses engagements et ses dépenses avant de prendre de nouvelles décisions budgétaires ?

 

4- Face au risque élevé de surendettement avec des taux d’intérêt exorbitants, le pouvoir de Bangui est-il capable de trouver un équilibre entre l’aide budgétaire et sa capacité de résilience ?

 

En tout état de cause, ce pilotage à vue de nos finances publiques risque d’impacter et perturber la zone CEMAC car le pouvoir de Bangui finance ses activités économiques sur le marché régional en émettant des titres.

 

En cas de difficultés sérieuses de trésorerie, les banques qui détiennent ces titres vont subir des pertes nées des impayés et surtout l’État du Cameroun qui est notre partenaire privilégié pour les échanges commerciaux dans la zone pourra subir de grosses pertes.

 

Cette situation pourrait également engendrer la méfiance des investisseurs étrangers et même des effets sécuritaires trans-frontaliers dus au manque de moyens matériels et financiers pour nos forces de défense afin de sécuriser les frontières.

 

Face à la situation actuelle de notre pays qui est assez préoccupante, une prise de conscience collective ou un sursaut national serait salutaire pour libérer l’héritage commun et rétablir l’état de droit.

 

C’est bien évidemment le constat qui a motivé le Rassemblement Unitaire, une organisation politique de la société civile centrafricaine qui envisage d’organiser des consultations citoyennes sans exclusive pour une renaissance centrafricaine afin que les centrafricains ne vivent plus et à jamais ce cauchemar et de s’approprier leur avenir.

 

Afin d’insuffler une dynamique à l’initiative du Rassemblement Unitaire, je vous invite vivement à y adhérer massivement dès le lancement.

 

Monsieur le Président, on ne peut mentir indéfiniment à un peuple.

 

La coïncidence entre le cambriolage du conseil constitutionnel et l’incendie du centre de traitement des données de l’autorité Nationale des Élections interroge.

 

Au delà de tout, nous insistons une fois de plus sur l’illustration de l’accident du “Titanic” en 1912 qui est le naufrage le plus célèbre de l’histoire qui s’accommode parfaitement à la situation centrafricaine et que le Président de la République représente l’iceberg qui est à l’origine de l’accident c’est à dire l’obstacle à la bonne marche de ce pays.

 

Après l’identification du principal problème et en absence des actes qui donnent des lueurs d’espoir, ce peuple que vous croyez facilement domptable vous surprendra en vainquant la peur et se réveillera de son profond sommeil onirique pour organiser la résistance sur la base des articles 28 et 29 de la constitution du 30 mars 2016.

 

Cependant les paisibles habitants de Limassa qui ne se lassent dans leur combat soutenus par les vaillants citoyens de Mala et par extension à l’échelle nationale vous demande de démissionner car c’est la seule issue honorable.

 

Monsieur le président, l’époque ou alors l’âge pour escalader les clôtures des chancelleries et ambassades avec femmes, enfants et bagages est revolue et surtout votre morphologie endomorphique est inadaptée à cet exercice.

 

Nous vous rappelons avec insistance que l’exil de nos jours est une prison dorée certes mais son essence est la souffrance, le calvaire, entremêlé de regret, de remord et de la désolation…

 

Si je savais serait trop tard, mais demandez maintenant aux autres presidents d’ici et d’ailleurs qui ont goutté à l’exil serait mieux pour vous.

 

Mais attention, ne le dites à personne…

 

Si on vous demande, ne dites surtout pas que c’est moi depuis le royaume de Limassa.

 

Limassa le 19 Septembre 2026.

 

Bernard SELEMBY DOUDOU.

 

Juriste, Environnementaliste.

 

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