Centrafrique : 81% des recettes fiscales absorbés par les salaires, l’État au bord de l’asphyxie

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Au premier semestre 2026, le paiement des salaires de la fonction publique a absorbé 81% des recettes fiscales et douanières de la République centrafricaine, contre un seuil de soutenabilité de 35% fixé au niveau communautaire.

 

Le ratio reste extrêmement élevé malgré un léger recul par rapport aux 85% enregistrés au premier trimestre. À ce rythme, la masse salariale pèse lourdement sur les marges de manœuvre du budget de l’État et réduit les ressources disponibles pour les autres dépenses publiques.

 

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La situation résulte d’un déséquilibre entre l’évolution des dépenses et celle des recettes. Les charges salariales ont augmenté après la revalorisation de 20% des rémunérations des fonctionnaires entrée en vigueur au début de l’année. À cette hausse s’ajoutent les recrutements effectués dans la fonction publique et les corps de sécurité.

 

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En face, les recettes progressent à un rythme insuffisant pour absorber cette augmentation des dépenses. Les ressources propres de l’État ont atteint 109,80 milliards de francs CFA à la mi-2026, mais cette progression ne suffit pas à rétablir l’équilibre entre les recettes mobilisées et les charges salariales.

 

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Le faible rendement fiscal de l’économie constitue l’un des principaux handicaps. Le secteur informel, qui occupe une place importante dans l’activité économique, ne contribue qu’à hauteur de 12% aux recettes fiscales. La contrebande transfrontalière prive également les services douaniers d’une partie des recettes attendues.

 

Cette faiblesse des recettes réduit les possibilités de financement des autres priorités de l’État. Lorsque l’essentiel des recettes fiscales et douanières sert à payer les salaires, il reste moins de ressources pour financer les infrastructures, les services sociaux et les investissements publics.

 

Le problème est d’autant plus important que le Trésor public dispose de moins de marges de sécurité qu’auparavant. La baisse des appuis budgétaires internationaux prive l’État d’une partie des ressources qui pouvaient auparavant contribuer à absorber les tensions sur les finances publiques.

 

Le niveau atteint au premier semestre traduit déjà une forte pression sur le budget annuel. Si les dépenses salariales continuent au même rythme au second semestre, l’enveloppe prévue pour les rémunérations risque d’être fortement sollicitée avant la fin de l’exercice.

 

Une telle évolution pourrait compliquer le paiement régulier des salaires des agents publics et accroître la pression sur la trésorerie de l’État. Elle limiterait aussi davantage la capacité du gouvernement à financer les dépenses qui ne relèvent pas directement de la masse salariale.

 

Les conséquences dépassent donc la seule question du paiement des fonctionnaires. Les crédits destinés aux routes, aux écoles, aux hôpitaux et aux autres investissements publics se retrouvent dans une situation de concurrence directe avec une masse salariale en forte progression.

 

Avec 81% des recettes fiscales et douanières consacrés aux salaires au premier semestre, le budget centrafricain laisse une marge très réduite pour financer les autres besoins de l’État.

 

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