Elysée Nguimalé : « Le gouvernement n’a rien foutu… Nous sommes un État qui n’a pas une construction de paix. »

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le coordonnateur de l’OGDC, Elysée Nguimalé, accuse le gouvernement d’avoir failli à ses responsabilités après les violences de Boali, lors du débat Patara diffusé sur Radio Ndeke Luka.
Elysée Nguimalé dénonce la réaction du gouvernement après les violences de Boali
Invité du débat politique Patara sur Radio Ndeke Luka, Elysée Nguimalé a vivement critiqué la gestion gouvernementale des événements survenus à Boali. Le juriste estime que les autorités n’ont pas appliqué la loi de manière égale face aux différents actes commis.
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D’abord, le coordonnateur de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) affirme que la réaction officielle s’est limitée au premier meurtre. En revanche, il reproche au gouvernement de ne pas avoir annoncé de poursuites contre les auteurs du saccage de la mosquée.
« Quand j’ai suivi la déclaration du gouvernement, après j’ai dit que le gouvernement n’a rien foutu. On a de la loi qui interdit le meurtre, mais il y a un sujet, un groupe armé qui a tué un compatriote de Boali. […] Et la population est allée se venger, saccager la mosquée. Quelle est la position du gouvernement ? J’ai entendu le porte-parole du gouvernement condamner et ouvrir une enquête contre celui qui a commis le premier meurtre, mais il n’y a pas d’enquête contre ceux qui ont vandalisé la mosquée et le lieu de culte ! Deux poids, deux mesures », déclare Elysée Nguimalé.
« Il n’y a pas de sécurité depuis dix ans »
Par ailleurs, Elysée Nguimalé conteste les discours présentant la République centrafricaine comme un pays stabilisé. Selon lui, l’État n’a jamais construit les bases nécessaires pour garantir durablement la paix et la sécurité.
Il estime que les institutions chargées de prévenir les violences et de faire respecter la loi ne remplissent pas leur mission. À ce stade, il considère que cette situation dure depuis une décennie.
« Nous sommes un État qui n’a pas une construction de paix et de la sécurité à plusieurs niveaux, parce que les organes payés pour la paix, pour réprimander, pour que la population soit vraiment consciente, ça n’existait pas. Et je dis, et je redis encore : il n’y a pas de sécurité depuis dix ans ! Vous parlez de calme ? Il n’y a pas de calme, il n’y a rien. La sécurité, c’est une construction. »
Une critique de l’incapacité de l’État à protéger les citoyens
Ensuite, Elysée Nguimalé s’appuie sur la pensée du philosophe Thomas Hobbes pour développer son analyse. Il explique que la sécurité existe lorsque l’État empêche les individus de commettre des actes criminels.
Selon lui, les violences répétées démontrent que cette mission régalienne n’est plus assurée. Il affirme que les citoyens évoluent désormais dans un environnement où les fondements de l’État moderne se sont progressivement affaiblis.
Les récentes violences à Boali soulignent l’inefficacité du gouvernement en matière de sécurité en Centrafrique, remettant en question l’existence même d’une paix durable.
« Quand Thomas Hobbes a dit “L’homme est un loup pour l’homme”, la sécurité c’est lorsque cet homme-loup est dans l’impossibilité de commettre le mal. Mais si le loup décide de faire le mal et qu’il le fait, c’est qu’il n’y a pas de sécurité. […] Aujourd’hui, nous avons quitté l’État moderne pour tomber maintenant dans l’état de nature. L’État centrafricain est en train de mourir, ou bien il est déjà mort, parce que cette construction de la paix n’existait pas », conclut Elysée Nguimalé lors du débat Patara sur Radio Ndeke Luka.
Par Alain Nzilo
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