Depuis 2023, les mercenaires russes du groupe Wagner fabriquent et vendent de l’alcool frelaté en sachets dans toute la République centrafricaine, tout en intensifiant leur offensive pour éliminer toute concurrence en faisant pression sur le gouvernement pour interdire l’importation des produits similaires venant du Cameroun et du Nigeria.
En effet, le marché des petits sachets d’alcool frelaté représente un secteur économique important dans un pays où la majorité de la population vit dans la pauvreté absolue. Ces sachets vendus entre 75 et 150 francs CFA constituent pour beaucoup de jeunes la seule forme d’alcool accessible. Wagner l’a bien compris et a décidé de s’emparer de ce marché juteux.
Alors que l’arrêté interdisant l’importation d’alcools frelatés existait déjà depuis des années. Wagner ne fait que jouer sur cette loi pour éliminer ses concurrents. Car avec Wagner, la loi fonctionne à sens unique : elle s’applique aux autres, jamais à eux. Les mercenaires russes font ce qu’ils veulent, quand ils veulent, et personne ne les inquiète.
Les forces de l’ordre centrafricaines traquent donc les sachets importés du Cameroun et du Nigeria. Elles organisent des saisies spectaculaires, exposent leur butin sur les réseaux sociaux, puis mettent en scène des cérémonies de destruction publique. Quelques sachets brûlent devant les caméras, le reste est probablement revendu discrètement dans les quartiers.
Pendant ce temps, les camions de Wagner circulent librement dans tout Bangui et en province pour livrer leurs propres sachets d’alcool frelaté. Au marché Gobongo, au PK-12, au marché Kassaï, dans tous les quartiers, les produits russes sont disponibles sans problème. Personne ne les saisit, personne ne les brûle, personne ne les interdit.

Cette double mesure expose la vraie nature de l’interdiction : protéger le monopole commercial de Wagner, pas la santé publique. Si les autorités se préoccupaient réellement des dangers de l’alcool frelaté, elles interdiraient tous les produits, pas seulement ceux qui ne profitent pas aux Russes du groupe Wagner.
Les consommateurs interrogés par la rédaction du CNC confirment que l’alcool produit par Wagner provoque des effets inquiétants. Violents maux de tête, sensation de paralysie dans les jambes, malaises divers – les témoignages convergent sur la dangerosité de ces produits russes. La teneur en alcool semble beaucoup plus élevée que dans les sachets importés traditionnellement.
Cette stratégie de Wagner pour empoisonner massivement la jeunesse centrafricaine pousse les centrafricains à se poser des questions. Pourquoi produire un alcool aussi fort et dangereux ? Pourquoi cibler spécifiquement les jeunes pauvres qui constituent la majorité des consommateurs de ces sachets ?
Une hypothèse réelle émerge : maintenir une jeunesse abrutie par l’alcool fort facilite le contrôle social. Des jeunes constamment sous l’effet d’alcools violents deviennent plus faciles à manipuler, moins capables de réfléchir, moins susceptibles de s’organiser ou de résister.
Cette stratégie s’inscrit dans une politique plus large de destruction du capital humain centrafricain. En maintenant la jeunesse dans l’alcoolisme, en sabotant l’éducation, en bloquant l’accès à l’emploi qualifié, on produit une génération de taxi-motards, de vendeurs de rue, de petits débrouillards sans formation ni perspective. Cette masse de jeunes sans éducation ni avenir constitue un réservoir facilement manipulable pour toutes les aventures politiques ou militaires.
Le gouvernement centrafricain collabore activement à cette entreprise d’empoisonnement collectif. En mobilisant les forces de l’ordre pour éliminer la concurrence de Wagner, en laissant circuler librement les produits russes dangereux, en fermant les yeux sur les effets désastreux de cet alcool sur la jeunesse, les autorités deviennent complices d’une vaste opération de destruction sociale.
Cette affaire des sachets d’alcool s’ajoute à tous les autres secteurs déjà contrôlés par Wagner : l’or, les diamants, le bois, la sécurité, et maintenant les boissons alcoolisées destinées aux plus pauvres. Les mercenaires russes ne laissent aucun secteur économique leur échapper, du plus stratégique au plus modeste.
Le contrôle du marché des alcools bon marché par Wagner montre parfaitement la colonisation économique totale de la République centrafricaine. Même le commerce de rue, même les petits sachets à 100 francs, tout doit passer par les Russes et leur profiter.
Les jeunes Centrafricains qui consomment ces produits ne savent probablement pas qu’ils enrichissent Wagner et compromettent leur propre santé. Ils cherchent juste un moment d’oubli à bas prix et se retrouvent pris dans un système qui les empoisonne tout en les appauvrissant.
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