Fidèle Gouandjika qualifie Daniel Nzéwé de « grand cleptomane » de la nation

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le ministre conseiller à la présidence Fidèle Gouandjika a publié sur les réseaux sociaux un texte présenté comme une « plaidoirie pour un présumé cleptomane », en référence à Daniel Nzéwé, pendant qu’il est toujours détenu dans les locaux de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB) au moment de la publication du post. Dans cette publication, il explique le fonctionnement de la cleptomanie, évoque les conséquences judiciaires possibles et estime que le cas de son ancien ami pourrait conduire à une peine de prison ferme en raison d’une éventuelle récidive.
Le choix du terme « cleptomane » est particulièrement lourd dans le contexte actuel. Daniel Nzéwé fait l’objet d’une nouvelle procédure portant sur dix millions de francs CFA et son nom est associé depuis plusieurs années à plusieurs affaires de vol et d’escroquerie rapportées au tout début par Corbeau News Centrafrique. Fidèle Gouandjika ne présente pas cette qualification comme un diagnostic établi puisqu’il parle de « présumé cleptomane ». Aucun rapport psychiatrique n’est cité dans son texte.
Une défense qui commence par le mot « cleptomane »
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« Ma plaidoirie pour un présumé cleptomane », écrit Fidèle Gouandjika en ouverture de sa publication.
Le terme choisi constitue le point central de son intervention.
La cleptomanie désigne un trouble caractérisé par des impulsions répétées de voler des objets sans que leur acquisition soit nécessairement motivée par leur valeur ou par la volonté de s’enrichir. Dans son texte, Fidèle Gouandjika explique que la personne concernée peut ressentir une forte tension avant le vol et un soulagement après avoir commis l’acte.
Il insiste surtout sur le fait que la cleptomanie est une maladie mentale reconnue par la médecine.
Cette précision permet au ministre conseiller de placer le dossier Daniel Nzéwé sur un terrain différent de celui d’une simple affaire de vol ou d’escroquerie.
Mais son texte ne fournit aucun élément permettant d’établir que Daniel Nzéwé souffre effectivement de ce trouble.
Aucun psychiatre n’est cité. Aucun examen médical n’est mentionné. Aucun rapport d’expertise n’est produit.
Le terme « présumé » est donc essentiel.
Une hypothèse médicale avancée sans diagnostic
Fidèle Gouandjika explique que la justice peut prendre en compte l’état mental d’une personne poursuivie pour des faits de vol.
Il distingue deux situations.
Dans la première, une personne serait complètement déconnectée de la réalité au moment des faits. Selon son explication, cette situation pourrait conduire à une orientation vers un établissement psychiatrique plutôt qu’à une condamnation pénale classique.
Dans la seconde, la personne comprendrait ce qu’elle fait, mais souffrirait d’une maladie rendant ses impulsions difficiles à contrôler.
Fidèle Gouandjika considère que cette seconde hypothèse correspondrait généralement aux personnes atteintes de cleptomanie.
Il explique alors que la personne peut rester pénalement responsable tout en bénéficiant éventuellement d’une peine moins lourde.
Cette présentation permet au ministre conseiller de construire une défense qui ne repose pas sur l’affirmation que Daniel Nzéwé n’aurait rien fait, mais sur l’hypothèse que ses actes pourraient être liés à un trouble.
Une distinction essentielle avec les affaires de vol et d’escroquerie
Cette lecture pose une difficulté lorsqu’elle est confrontée au passé judiciaire du grand voleur Daniel Nzéwé.
Les différentes affaires rapportées par Corbeau News Centrafrique ne concernent pas uniquement des vols d’objets.
Elles portent notamment sur des sommes d’argent importantes, d’escroquerie d’investisseurs, des fonds détournés aux parents d’élèves ainsi que des vol à la société de téléphonie Moov.
La cleptomanie, telle que Fidèle Gouandjika la décrit lui-même, repose pourtant sur une impulsion de voler qui n’est pas principalement motivée par l’enrichissement.
Cette distinction est essentielle.
Une personne qui aurait reçu de l’argent dans le cadre d’une escroquerie et de vol, utilisé le nom d’un responsable politique pour convaincre une victime de remettre des fonds ou présenté de faux documents ne peut pas être qualifiée de cleptomane uniquement à partir de ces faits.
Il faudrait démontrer médicalement l’existence du trouble et déterminer ensuite si celui-ci présente un lien avec les faits précis reprochés.
Le nouveau dossier des dix millions de francs CFA
La publication intervient alors que Daniel Nzéwé est de nouveau détenu à l’OCRB.
L’affaire actuelle fait suite à une plainte de l’entrepreneur Thierry Ouambéti, connu sous le surnom de « Sultan de Dékoa ».
Selon les informations rapportées dans ce dossier, Daniel Nzéwé aurait obtenu dix millions de francs CFA en affirmant agir sur instruction du ministre des Finances, Erwins Ndoba.
Le remboursement aurait été promis, mais les fonds n’auraient pas été restitués pendant environ deux années.
Face à cette situation, Thierry Ouambéti aurait saisi l’OCRB, conduisant à l’interpellation de Daniel Nzéwé.
L’un des principaux points que l’enquête devra établir concerne donc l’utilisation du nom du ministre des Finances.
Daniel Nzéwé disposait-il réellement d’une instruction d’Erwins Ndoba ?
Le ministre avait-il connaissance de la transaction ?
Son nom a-t-il été utilisé sans son accord ?
Les dix millions de francs CFA ont-ils été remis directement à Daniel Nzéwé ou à une autre personne ?
Le parcours de l’argent permettra également aux enquêteurs de déterminer ce qui s’est réellement passé.
« Notre présumé cleptomane national »
La conclusion du texte de Fidèle Gouandjika contient une autre formulation particulièrement significative.
Après avoir expliqué les différentes réponses judiciaires possibles, il écrit :
« Le point 2.3 risque fort d’être appliqué à notre présumé cleptomane national. »
L’expression « notre présumé cleptomane national » associe directement Daniel Nzéwé à la description qu’il vient de faire.
Elle évoque également la récidive.
Fidèle Gouandjika explique que la prison ferme peut être envisagée lorsqu’une personne recommence régulièrement et refuse de se soigner.
En appliquant cette hypothèse à Daniel Nzéwé, il introduit donc lui-même dans son argumentation l’idée d’une répétition des comportements.
C’est là que son texte rejoint le passé judiciaire lourd et très lourd de Daniel Nzéwé.
Par Alain Nzilo
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