Bienvenue Zokoué : « les tramadol et autres drogues nous viennent beaucoup plus du Cameroun voisin », une accusation directe qui expose Bangui à un risque diplomatique avec le Cameroun voisin

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Bienvenue Zokoué : « les tramadol et autres drogues nous viennent beaucoup plus du Cameroun voisin », une accusation directe qui expose Bangui à un risque diplomatique avec le Cameroun voisin

 

Bienvenue Zokoué : « les tramadol et autres drogues nous viennent beaucoup plus du Cameroun voisin », une accusation directe qui expose Bangui à un risque diplomatique avec le Cameroun voisin
Le général de la police, Bienvenu Zokoué, ministre centrafricaine de la sécurité publique

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 Le ministre centrafricain de la Sécurité publique, le général Bienvenue Zokoué, a désigné le Cameroun comme une principale provenance du Tramadol, du Diazépam et d’autres drogues saisies en Centrafrique. Une déclaration faite face aux caméras de la télévision de propagande russe RT en français qui engage directement le gouvernement centrafricain dans une question sensible pour ses relations avec Yaoundé.

 

Interrogé sur l’origine des stupéfiants consommés en République centrafricaine, le ministre a expliqué que les autorités cherchaient à identifier les différents points d’entrée. Il a alors établi une distinction entre les produits.

 

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« Pour les cannabis et autres formes de drogue, ça nous vient beaucoup plus de la longue frontière que nous partageons avec la République démocratique du Congo », a déclaré Bienvenue Zokoué. Pour le Tramadol et le Diazépam, il a ensuite affirmé : « Ça nous vient beaucoup plus du Cameroun voisin. »

 

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Cette déclaration constitue l’un des passages les plus sensibles de son entretien. Le ministre ne s’est pas limité à évoquer l’existence d’un trafic transfrontalier. Il a publiquement associé le territoire camerounais à l’entrée d’une partie importante des stupéfiants retrouvés en Centrafrique.

 

Une accusation formulée sans éléments détaillés

 

Dans l’interview, le général Zokoué n’a pas présenté de données permettant d’identifier précisément les filières, les transporteurs ou les réseaux qui feraient entrer ces produits depuis le Cameroun. Il n’a pas non plus cité d’opération précise menée côté camerounais permettant d’étayer publiquement cette affirmation.

 

Le ministre a en revanche indiqué que Bangui avait renforcé les contrôles sur plusieurs points frontaliers. Il a notamment cité Beloko, Gamboula et d’autres commissariats situés dans les zones concernées par les flux de marchandises et de personnes.

 

Cette précision montre que le gouvernement centrafricain considère le trafic de stupéfiants comme un problème lié au contrôle des frontières. Elle laisse aussi entière la question de savoir comment les produits parviennent ensuite jusqu’à Bangui et quels réseaux assurent leur distribution à l’intérieur du pays.

 

Le général Zokoué a lui-même reconnu que les autorités centrafricaines cherchaient encore à déterminer précisément l’origine des drogues. « Il est question de voir d’où est-ce que proviennent ces drogues », a-t-il déclaré avant d’évoquer les frontières avec la RDC et le Cameroun.

 

Cette formulation intervient alors que le ministre affirme avoir constaté une progression de la consommation et du trafic.

 

Le problème ne se limite pas aux frontières

 

Le gouvernement centrafricain dispose pourtant de services spécialisés chargés de lutter contre le trafic de stupéfiants. Le ministre a cité l’Office central de lutte antidrogue (OCLAD), le Comité interministériel de lutte contre la drogue et la toxicomanie ainsi que la Force d’intervention de la police.

 

Il a également affirmé que des opérations conjointes avaient été conduites à Bangui et dans plusieurs zones de l’intérieur du pays, notamment dans les secteurs frontaliers.

 

Selon son bilan, ces opérations ont permis de saisir du Tramadol, du Diazépam et du cannabis pour une valeur estimée par le ministre à plus de 500 000 dollars sur une période de six mois.

 

Ces chiffres posent une autre question : au-delà de l’entrée des produits sur le territoire, quelles sont les structures capables de les distribuer jusque dans les quartiers de Bangui et auprès des jeunes ?

 

Le ministre n’a pas détaillé les réseaux de distribution démantelés ni fourni, au cours de l’entretien, de bilan sur les responsables arrêtés et poursuivis. Il a surtout insisté sur le renforcement des contrôles aux frontières.

 

Une déclaration qui peut embarrasser les relations avec Yaoundé

 

Le Cameroun occupe une place particulière dans l’approvisionnement de la République centrafricaine. Le corridor camerounais constitue l’une des principales voies d’accès aux marchandises destinées à Bangui.

 

Dans ce contexte, la déclaration du ministre sur l’origine d’une partie des drogues n’est pas anodine. Elle intervient publiquement, sur une chaîne de télévision russe, et non dans le cadre d’un échange technique entre services de sécurité des deux pays.

 

Pour être pleinement établie, une accusation de cette nature nécessite des éléments précis : itinéraires identifiés, saisies documentées, enquêtes judiciaires, personnes interpellées et éventuelles procédures engagées des deux côtés de la frontière.

 

À défaut de ces précisions, la déclaration du ministre reste une affirmation politique et sécuritaire qui appelle des éléments de preuve supplémentaires.

 

Le ministre face à la responsabilité de l’État

 

En désignant les frontières comme des points d’entrée, le gouvernement reconnaît aussi indirectement l’existence d’une faille dans le dispositif national de contrôle. Une drogue introduite sur le territoire doit ensuite traverser plusieurs étapes avant d’atteindre les consommateurs.

 

Le contrôle frontalier ne constitue donc qu’un volet de la lutte antidrogue. Le stockage, le transport intérieur, la distribution, la vente et le financement des réseaux relèvent également de la responsabilité des services centrafricains.

 

Sur ce point, le général Zokoué a annoncé plusieurs mesures, dont le renforcement des unités frontalières et l’introduction de la sensibilisation contre la drogue dans les établissements scolaires.

 

Le ministre a aussi reconnu que les moyens disponibles restent insuffisants. Il a appelé la communauté internationale à apporter davantage de soutien à la Centrafrique pour poursuivre les opérations.

 

Cette reconnaissance contraste avec le ton très affirmatif employé lorsqu’il évoque l’origine camerounaise du Tramadol et du Diazépam. D’un côté, Bangui admet manquer de moyens pour combattre efficacement le trafic. De l’autre, son ministre de la Sécurité publique identifie publiquement un pays voisin comme une source majeure de ces produits sans détailler les éléments d’enquête permettant de soutenir cette affirmation.

 

Par Gisèle MOLOMA

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