À Ndélé, quand le sous-préfet se transforme en chef de gang : le racket de trop qui risque de tout paralyser

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran, l’autorité de l’État a désormais les traits et les méthodes d’un banditisme de grand chemin. Le sous-préfet de la ville semble avoir remisé ses habits d'administrateur pour enfiler ceux d’un chef de gang de rue, fourrant son nez partout avec un seul et unique objectif : trouver de quoi remplir son assiette sur le dos des travailleurs.
Dernier exploit en date de ce gangstérisme administratif : ce mardi 11 août 2026. Sur ordre direct du sous-préfet, les forces de police se sont lancées dans une véritable traque aux taxis-motos, saisissant les engins pour exiger le paiement d'une taxe complètement arbitraire, dont le montant a été fixé selon le bon vouloir du prince. Une décision qui laisse les propriétaires et conducteurs pantois. Et pour cause : une opération de contrôle venait déjà d'avoir lieu deux jours plus tôt ! Mais visiblement, cela ne suffisait pas. Le sous-préfet voulait sa part du gâteau, son racket personnel, sur ce qui constitue le pain quotidien de ces travailleurs.
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Pour les conducteurs de taxis-motos à Ndélé, la coupe est pleine. Ces jeunes, qui sont pourtant le véritable poumon économique de la ville et de toute la région, sont traités comme des vaches à lait sans le moindre répit. Jugez plutôt : la division des impôts de Ndélé exige déjà la somme exorbitante de 600 000 francs CFA par an et par taxi-moto. À ce racket fiscal officiel viennent s’ajouter, au quotidien, les tracasseries, contrôles intempestifs et extorsions des policiers, des gendarmes et des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA). Et maintenant, le sous-préfet s'y met aussi ? Ce n'est plus de la gestion administrative, c’est du banditisme pur et simple. C'est un bordel total.
Face à ce harcèlement permanent, les conducteurs de taxis-motos planifient une grève générale de deux semaines. Un débrayage massif qui s'annonce comme une leçon d'humilité salutaire pour ces autorités prédatrices.
Il faut rappeler à ce sous-préfet et à ses complices en uniforme une réalité très simple : aujourd'hui, les véhicules de transport public et les grands camions ont quasi disparu des routes. Ce sont les taxis-motos qui traversent les zones à risques, qui vont jusqu'à la frontière pour ramener le carburant, la nourriture et les produits de première nécessité. Dans une ville comme Ndélé où la vie est déjà extrêmement chère et où la viande bat des records de prix, ce sont ces conducteurs qui maintiennent la population en vie et permettent au pays de respirer.
Si les taxis-motos décident de croiser les bras pendant deux semaines, la ville sera totalement coupée du monde et asphyxiée. Plus de ravitaillement, plus de carburant, plus de commerce. La situation de la population, déjà fragile, deviendra dramatique.
Il est temps que ce sous-préfet et ses forces de l'ordre comprennent que ces travailleurs ne sont pas leur réserve personnelle d'argent frais. Quand les étals seront vides et que la ville sera paralysée, peut-être réaliseront-ils enfin que les taxis-motos sont essentiels à leur propre survie, et que jouer aux chefs de gang n'a qu'un temps.
Par Barthelemy Kossi
Le racket à Ndélé des conducteurs de taxis-motos met en lumière une crise économique provoquée par des autorités qui exploitent des travailleurs essentiels.
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