Bangui : les eaux et déchets de l’hôpital communautaire inquiètent les riverains autour de la morgue

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Bangui : les eaux et déchets de l’hôpital communautaire inquiètent les riverains

Bangui : les eaux et déchets de l’hôpital communautaire inquiètent les riverains autour de la morgue
Devant la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui, le seul corbillard de la mairie trône comme un symbole de racket institutionnalisé. Ce vieux véhicule bleu, marqué du logo municipal, est imposé à toutes les familles endeuillées, qu’elles aient besoin ou non de ses services. Pour récupérer un corps, chaque parent doit verser 15 000 francs CFA, une somme encaissée sans justificatif officiel. Même ceux qui habitent à quelques centaines de mètres et souhaitent transporter eux-mêmes leur défunt sont contraints de payer. Ce système, mis en place par les agents de la mairie et de la morgue, transforme chaque sortie de corps en une véritable taxe illégale, faisant du deuil des familles un marché lucratif. Photo Anselme Mbata / CNC

 

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Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

Les eaux usées et les déchets provenant du Centre Hospitalier Universitaire Communautaire (CHUC) de Bangui débordent régulièrement vers les quartiers voisins. Les habitants dénoncent des risques sanitaires grandissants, aggravés pendant les pluies.

 

Une voie d’accès devenue difficilement praticable

La ruelle de moins de 200 mètres qui mène à la morgue du Centre Hospitalier Universitaire Communautaire (CHUC) se dégrade de jour en jour. Cette voie constitue pourtant un passage incontournable pour les ambulances, les patients, les femmes enceintes, les agents de santé, les familles des malades et de nombreux habitants.

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Notre constat sur place montre un réseau de canalisation fortement détérioré. Plusieurs caniveaux sont fissurés ou obstrués. À chaque pluie, les eaux débordent et entraînent de la boue, des déchets ainsi que des résidus issus de l’hôpital.

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Ces écoulements envahissent ensuite la chaussée. Les piétons, les motocyclistes et les automobilistes traversent quotidiennement ces eaux. La circulation devient également plus dangereuse à cause du revêtement glissant.

 

Les fortes pluies aggravent les risques sanitaires

Les habitants affirment que cette situation dure depuis plusieurs années. Selon eux, les mauvaises odeurs deviennent plus fortes dès les premières pluies. L’air reste difficilement respirable pendant plusieurs heures, parfois davantage lorsque les précipitations se prolongent.

 

À proximité immédiate du CHUC se trouvent des habitations, mais aussi le campus de l’École normale supérieure (ENS). Des étudiants résident dans les bâtiments universitaires situés près de cette zone. Plusieurs riverains expliquent que les odeurs atteignent régulièrement les résidences et compliquent les conditions de vie des occupants.

 

Le quartier Benz-Vi figure également parmi les secteurs directement touchés. Les eaux de ruissellement poursuivent leur course vers les zones basses. En l’absence d’un système d’évacuation efficace, elles stagnent dans plusieurs endroits. Les habitants redoutent la prolifération des moustiques, des insectes et d’autres sources de contamination susceptibles de favoriser des maladies liées à l’insalubrité.

 

Des accidents déjà signalés

Une habitante rapporte qu’une femme enceinte, qui se rendait à la maternité du CHUC pour accoucher, a chuté sur cette route après une pluie. La chaussée était devenue particulièrement glissante.

 

Pour les riverains, cet accident montre que le problème dépasse la seule question de l’assainissement. Une voie desservant un établissement hospitalier devrait permettre un accès rapide et sécurisé aux patients, quelles que soient les conditions météorologiques.

 

Les habitants de Walingba, Gbakoundja et Benz-Vi estiment que les eaux provenant de l’hôpital traversent plusieurs secteurs de la ville lors des fortes pluies. Elles transporteraient des déchets et différents résidus jusqu’aux quartiers situés en contrebas.

 

Un riverain témoigne : « Une odeur insupportable sort régulièrement de l’hôpital. Quand il pleut, les eaux descendent dans le canal, passent par cette rue et continuent jusqu’au rond-point de Benz-Vi. Les gens marchent dans cette eau sans savoir ce qu’elle contient. »

 

Les habitants réclament une intervention rapide

Les riverains affirment également que des déchets issus du centre de traitement des déchets hospitaliers sont parfois entraînés hors de l’enceinte de l’établissement par les eaux de pluie. Ils demandent un contrôle plus strict de toute la chaîne de gestion des déchets biomédicaux.

 

Les risques sanitaires liés aux déchets hospitaliers du CHUC inquiètent les riverains, qui demandent une amélioration des infrastructures pour leur sécurité.

Par ailleurs, plusieurs habitants s’interrogent sur l’entretien des infrastructures du CHUC. Ils estiment que la réhabilitation du réseau de canalisation devient indispensable pour limiter les risques sanitaires et protéger les populations vivant à proximité.

 

Selon eux, la remise en état de cette ruelle, la réparation des caniveaux et le renforcement du système d’évacuation des eaux usées constituent désormais des mesures prioritaires. Chaque jour, des milliers d’usagers empruntent cette voie pour accéder au principal hôpital de Bangui ou rejoindre les quartiers voisins.

 

Par Roméo Silvère Doubalet, journaliste La Voix des Sans Voix

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