Accueil Économie Commerce Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain explique pourquoi la peur de la dévaluation...

Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain explique pourquoi la peur de la dévaluation du franc CFA s’empare de nos autorités nationales

0
1

Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain explique pourquoi la peur de la dévaluation du franc CFA s’empare de nos autorités nationales

 

Jean-Pierre Mara, ancien député centrafricain explique pourquoi la peur de la dévaluation du franc CFA s’empare de nos autorités nationales

 

 

 

Rédigé le [date_cnc] .

Par : la rédaction de Corbeau News CentrafriqueCNC  

 La question d’une éventuelle dévaluation du franc CFA continue d’alimenter les débats dans les pays membres de la CEMAC. En République centrafricaine, ce sujet revient régulièrement dans les analyses économiques et politiques. Parmi les voix qui s’y expriment figure l’ancien député Jean-Pierre Marat, qui développe depuis plusieurs années une lecture critique des réactions des dirigeants face à cette hypothèse.

 

À travers plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux, Jean-Pierre Marat soutient que la crainte d’une dévaluation ne résulte pas uniquement des conséquences économiques qu’elle pourrait entraîner. Selon lui, cette peur trouve surtout son origine dans les habitudes de consommation et le niveau de vie d’une partie de la classe dirigeante, largement dépendants des produits importés.

 

L’ancien parlementaire estime que de nombreux responsables politiques ont construit un mode de vie reposant sur une consommation de biens venus de l’extérieur. Véhicules de luxe, équipements électroniques, matériaux de construction, meubles, vêtements et divers produits alimentaires importés occupent une place importante dans les dépenses des élites administratives. Une dévaluation du franc CFA renchérirait automatiquement le coût de ces importations, réduisant leur pouvoir d’achat.

 

Jean-Pierre Marat affirme également que le niveau de richesse affiché par plusieurs ministres et hauts responsables interroge au regard de leurs revenus officiellement connus. Il considère que les patrimoines accumulés, les résidences, les investissements immobiliers et certains signes extérieurs de richesse dépassent largement ce que permettent les seuls salaires de la fonction publique. Dans ses analyses, il établit un lien entre cette accumulation de richesses et un système économique qui favorise davantage les importations que la production nationale.

 

Selon lui, l’économie centrafricaine reste largement orientée vers la consommation de biens produits à l’étranger alors que les secteurs agricoles, industriels et de transformation demeurent insuffisamment développés. Cette situation crée une forte dépendance vis-à-vis des devises étrangères et du maintien de la stabilité du franc CFA. Toute modification de la valeur de cette monnaie aurait un impact immédiat sur les importateurs ainsi que sur les consommateurs dont les habitudes reposent essentiellement sur les produits venus de l’extérieur.

 

À l’inverse, Jean-Pierre Marat estime que le monde rural subirait beaucoup moins directement les effets d’une dévaluation. Dans ses écrits, il rappelle que la majorité des paysans vivent principalement de productions locales destinées à l’autoconsommation ou aux marchés nationaux. Ils importent très peu de marchandises et utilisent peu les circuits financiers internationaux. Pour cette raison, il considère que les premières victimes d’une éventuelle dévaluation ne seraient pas les agriculteurs mais les catégories sociales fortement dépendantes des importations.

 

L’ancien député estime surtout que cette réalité révèle un problème plus profond. Il regrette que les producteurs centrafricains disposent de peu de débouchés vers les marchés extérieurs malgré les importantes ressources agricoles du pays. Le café, le sésame, le manioc, les arachides, le maïs, les fruits, le miel ou encore certaines cultures vivrières pourraient, selon lui, générer davantage de revenus si des politiques publiques favorisaient leur transformation, leur certification et leur exportation.

 

Jean-Pierre Marat critique à ce titre le rôle des ministères chargés du Commerce et de l’Agriculture. Il leur reproche de ne pas avoir mis en place des mécanismes permettant aux coopératives et aux producteurs d’accéder aux marchés régionaux et internationaux. Selon lui, les paysans restent confrontés à l’absence d’infrastructures, au manque de financement, à l’insuffisance des routes, à la faiblesse des systèmes de stockage et aux difficultés d’accès aux réseaux commerciaux.

 

Dans ses analyses, l’ancien parlementaire considère que le débat sur la monnaie ne peut être dissocié de celui sur la production nationale. Il soutient qu’une économie capable de produire davantage, de transformer localement ses matières premières et d’exporter une partie de sa production serait moins vulnérable aux fluctuations monétaires. À l’inverse, une économie qui importe l’essentiel de ce qu’elle consomme reste exposée à chaque variation des prix internationaux.

 

Pour Jean-Pierre Marat, la dépendance aux importations explique largement les réticences affichées par les autorités lorsqu’est évoquée une éventuelle dévaluation du franc CFA. Il estime que cette perspective menace directement le mode de vie d’une partie de la classe dirigeante, beaucoup plus qu’elle ne remettrait en cause les activités quotidiennes de la majorité des populations rurales.

 

L’ancien député résume cette situation par une expression populaire en sango : « gué a ke gui Tonga so », une formule qu’il utilise pour décrire une résignation face à un système économique dont les déséquilibres perdurent depuis plusieurs décennies, faute de réformes capables de renforcer durablement la production nationale et de réduire la dépendance du pays aux importations.

 

Par Alain Nzilo

Rejoignez notre communauté

 

Chaine officielle du CNC 

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4 

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC

 Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube 

Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65

  Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org

Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org

 

 

 

@media only screen and (max-width: 767px) { .td_block_inner { display: flex !important; flex-direction: column !important; } .td_module_flex_1, .td_module_flex_4, .td-module-container { width: 100% !important; display: block !important; margin-bottom: 20px !important; } .td-module-container .td-image-container { width: 100% !important; height: auto !important; display: block !important; order: 1 !important; } .td-module-container .td-module-meta-info { width: 100% !important; display: block !important; order: 2 !important; padding: 15px 0 !important; } }