Contrebande de carburant à Bangui : Saisie record de 160 000 litres de produits pétroliers frauduleux par les forces de défense et de sécurité
Rédigé le [date_cnc] .
Par : la rédaction de ,
Les forces de défense et de sécurité ont mené une opération d’envergure sur le site de la Société Centrafricaine de Stockage des Produits Pétroliers (SOCASP) à Bangui. Cette intervention a mené à la saisie de 160 000 litres de gazole et d’une quantité importante de super, présentés par les autorités comme des produits importés illégalement pour alimenter le marché noir national.
Face à l’ampleur de l’opération, le Premier ministre Félix Moloua s’est rendu personnellement sur les lieux, accompagné d’une forte délégation ministérielle comprenant notamment le ministre d’État à la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, ainsi que les ministres de la Défense, de la Sécurité et de l’Énergie. L’objectif affiché par le gouvernement est de stopper les réseaux clandestins qui privent l’État de précieuses ressources fiscales.
Une réorientation vers les forces armées
Au cours de son inspection, le chef du gouvernement a annoncé que les hydrocarbures saisis ne seraient pas remis sur le marché commercial classique, mais directement réaffectés pour les besoins des forces de sécurité.
« Toutes ces quantités seront orientées au ministère de la Défense et au ministère de la Sécurité pour que ce soit utile pour nos forces de défense », a déclaré Félix Moloua au micro de Radio Centrafrique.
Le ministre d’État à la Justice a reçu des instructions pour que des procédures soient engagées afin de démanteler l’ensemble des ramifications de ce réseau.
Un conflit d’intérêts
Cette mise en scène gouvernementale à la SOCASP masque en réalité une guerre d’intérêts financiers féroce entre le clan présidentiel et les distributeurs agréés. Le marché de l’approvisionnement en carburant de la RCA est aujourd’hui verrouillé par une entreprise camerounaise privée, introduite par Faustin-Archange Touadéra lui-même et opérant en partenariat étroit avec les mercenaires russes du groupe Wagner.
Les produits pétroliers prétendument “saisis” appartiennent en réalité à des marketeurs centrafricains légalement détenteurs d’agréments d’importation. Ayant réussi à contourner le monopole étouffant imposé par Bangui pour acheminer du carburant de manière indépendante, ces derniers ont été directement ciblés par la firme camerounaise rivale. C’est cette entité, voyant sa domination menacée, qui a alerté la présidence pour faire confisquer la marchandise de ses concurrents.
L’annonce du Premier ministre concernant le don de ce carburant aux forces de défense s’avère être une stratégie de spoliation économique. Dans un contexte de corruption systémique, ces 160 000 litres ne serviront pas l’intérêt public, mais seront revendus en circuit privé pour alimenter les caisses de Wagner et des hauts dignitaires du régime, confirmant que les infrastructures de stockage de l’État servent désormais d’outils de racket commercial.
Par Sylvie Zarami
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)