Après la chute d’Am-Dafok, Bangui relance le récit anti-français pour détourner l’attention des centrafricains sur la débâcle des mercenaires russes

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Par : la rédaction de ,
Dans la sinistre compagne de la désinformation qui s’est emparée d’une partie de la presse à Bangui, le site privé d’un haut responsable de la presse présidentielle vient de franchir un nouveau cap dans le ridicule. À la suite de la perte de la ville d’Am Dafok, ce canal officiel déguisé en média indépendant a cru bon de commettre un pamphlet accusant, sans l’ombre d’une preuve, la France de « former des rebelles » pour agresser la République centrafricaine. Une rhétorique usée jusqu’à la corde, instrumentée pour couvrir un échec militaire cuisant et faire oublier le parcours sinueux et opportuniste de son propre auteur.
Le roman de l’étudiant recalé devenu propagandiste
Pour comprendre la virulence et la mauvaise foi de ces accusations, il convient de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. L’auteur de ces lignes délirantes n’a pas toujours détesté la France. Bien au contraire, il en a ardemment sollicité les faveurs. C’est grâce à une bourse d’études généreusement octroyée par le gouvernement français qu’il a pu poser ses valises dans l’Hexagone, nourrissant l’ambition d’y décrocher des diplômes.
Mais l’exigence académique ne s’achète pas. Faute de capacités et de travail, ses notes catastrophiques lors de sa première année ne lui auraient pas permis d’accéder à la seconde. Chassé par ses propres insuffisances intellectuelles, l’étudiant recalé est rentré à Bangui l’amertume en bandoulière. C’est là que le destin des opportunistes bascule : plutôt que de se remettre en question, il aurait trouvé dans les officines de désinformation de Wagner un employeur généreux pour quiconque accepte de cracher sur la main qui l’a nourri. Cette campagne de dénigrement lui aura finalement servi de marchepied pour obtenir sa nomination à la direction de la presse présidentielle. Une récompense politique pour services rendus à la manipulation.
Am Dafok est tombée : Les vérités que Bangui veut cacher
Si la presse présidentielle s’agite autant, c’est pour étouffer une réalité humiliante : malgré les frappes de l’aviation russe et l’utilisation de bombardiers, la ville stratégique d’Am Dafok est bel et bien tombée aux mains des rebelles ce mardi 30 juin.
Les déclarations du sous-préfet de la ville, joint par la radio Ndeke Luka, sont pourtant sans équivoque. Ce dernier désigne directement les assaillants sans les voir : il s’agirait d’une coalition entre les éléments de l’ex-Séléka et les rebelles soudanais des Forces de soutien rapide (FSR). On est donc bien loin des fantasmes d’une rébellion encadrée par Paris.
Plus grave encore, cette situation met en lumière le double jeu trouble du pouvoir de Bangui. Alors que la propagande officielle accuse la France, une partie de l’appareil d’État et des médias comme Radio Ndeke Luka semblent fermer les yeux, voire accréditer l’idée que le président Touadéra lui-même soutiendrait en sous-main la rébellion soudanaise des FSR. La Centrafrique servirait ainsi de plaque tournante logistique pour les partenaires étrangers de ces rebelles soudanais, notamment les Émirats arabes unis. Accuser la France permet donc de détourner l’attention des liaisons dangereuses de la présidence avec des groupes armés soudanais.
Pousser à la réponse : le piège de la légitimité
En multipliant les provocations grossières, ce propagandiste cherche manifestement à provoquer une réaction officielle de Paris pour s’acheter une légitimité internationale qu’il n’a pas. Il espère qu’en se faisant répondre par l’ambassade de France ou le Quai d’Orsay, son site de seconde zone obtiendra le statut d’interlocuteur crédible.
Mais la délation et le mensonge pathologique ne méritent que le mépris. Donner du crédit à de telles inventions en y répondant officiellement serait faire trop d’honneur à un outil de propagande low-cost. La population centrafricaine, fatiguée par des années de manipulations et de violences, n’est plus dupe de ces écrans de fumée. Ce ne sont pas les théories du complot fabriquées à Bangui qui ramèneront la sécurité à Am Dafok, mais bien une gouvernance responsable, la fin des alliances opaques avec les milices étrangères et une diplomatie sincère.
Affaire à suivre
Par Gisèle MOLOMA
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