Exportation de l’or vers Dubaï : Le Cameroun affiche sa perte globale en cinq ans, mais qu’en est-il pour la RCA? Vivons-nous dans un pays doté d’un patrimoine de la République ou d’un patrimoine privé géré par des bras cassés ?

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Exportation de l’or vers Dubaï : Le Cameroun affiche sa perte globale en cinq ans, mais qu’en est-il pour la RCA?  Vivons-nous dans un pays doté d’un patrimoine de la République ou d’un patrimoine privé géré par des bras cassés ?

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Face aux révélations camerounaises sur les tonnes d’or volatilisées à Dubaï, la Centrafrique refuse de faire ses comptes. Nos ressources nationales sont devenues le domaine réservé d’une élite sans compétences.

 

Les chiffres officiels publiés par la Société des mines du Cameroun donnent le vertige et montrent ce qui se passe quand un État décide de regarder la vérité en face. Entre 2021 et 2025, les douanes camerounaises n’ont enregistré que 148 kilos d’or exportés légalement. Mais de l’autre côté de la ligne, les registres d’importation de Dubaï indiquent que 44 tonnes d’or en provenance du Cameroun sont arrivées sur leur sol. La différence est gigantesque : près de 2 000 milliards de francs CFA ont disparu des caisses publiques en l’espace de cinq ans seulement. En poussant plus loin, les enquêteurs camerounais ont découvert qu’entre 2008 et 2018, plus de 73 tonnes d’or avaient déjà pris la même direction en toute illégalite, alors que les rapports officiels de l’époque n’affichaient même pas une seule tonne.

 

Ce pillage à grande échelle s’explique par des complicités internes bien logées le long des frontières terrestres et dans les aéroports. Pour stopper l’hémorragie, le ministre camerounais des Mines vient d’ordonner la fermeture immédiate de 200 sociétés illégales qui s’engraissaient dans les régions minières de l’Est et de l’Adamaoua, des structures gérées à 95% par des exploitants étrangers. De plus, des commerçants locaux utilisaient de vieilles autorisations périmées pour blanchir ce trafic. Le Cameroun applique désormais sa loi de 2023 qui interdit toute sortie d’or sans l’accord de la société publique, et la justice se prépare à poursuivre les coupables. Au moins, à Yaoundé, l’État fait l’effort d’informer le peuple et de chiffrer les dégâts.

 

Pendant ce temps, chez nous en République centrafricaine, c’est le trou noir. Si le Cameroun, avec une administration beaucoup plus solide, perd des milliers de milliards de francs CFA, la situation de la RCA est sans doute encore plus catastrophique. Pourtant, notre ministère des Mines est totalement incapable de faire ce travail de vérification et de comparaison. La vérité est que nos dirigeants se moquent de savoir ce que le pays perd. Ils ne publient aucun chiffre, ne font aucune enquête sur les destinations de notre or et de nos diamants, et refusent de s’expliquer devant les citoyens.

 

Cette attitude montre une mentalité bien précise : au lieu de gérer le patrimoine de la République pour le bien de la population, les chefs de nos institutions gèrent le pays comme un pot de miel privé. L’or et le diamant centrafricains sortent par des réseaux clandestins gérés par des proches du pouvoir et des partenaires étrangers intouchables. Les recettes de ces ventes vont directement dans les poches de quelques individus au lieu de construire des routes, des hôpitaux ou des écoles. C’est la gestion des bras cassés : on occupe des postes de ministres ou de directeurs uniquement pour s’enrichir, sans jamais bâtir une administration capable de défendre les intérêts de la nation.

 

La RCA a pourtant créé de nombreux bureaux de contrôle au fil des années, à l’instar du BECDOR et d’autres comités de surveillance. Mais tout le monde sait que ces structures sont aujourd’hui des coquilles vides. Elles n’existent que sur le papier et servent de couverture pour valider les activités des fraudeurs et des réseaux mafieux. Il n’y a aucun contrôle réel sur le terrain, aucune transparence sur les quantités extraites dans nos provinces et encore moins sur les volumes qui quittent nos aéroports.

 

Alors que le Cameroun utilise ses lois pour essayer de corriger le tir et de punir les voleurs, les autorités centrafricaines maintiennent un silence total pour protéger leurs propres privilèges. Le pillage de nos mines se fait au vu et au su de tous, le Trésor public reste désespérément vide, et l’économie nationale s’effondre. Le peuple centrafricain est privé de ses propres richesses à cause d’une élite incompétente qui considère les biens de l’État comme sa fortune personnelle, laissant notre or s’envoler vers les comptoirs de Dubaï sans laisser la moindre trace dans les caisses de la République.

 

Par Alain Nzilo

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