Félix Moloua s’accroche et veut remanier son gouvernement sans démissionner

Rédigé le 08 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Une semaine après l’investiture en grande pompe de Faustin-Archange Touadéra pour sa « Septième République », le Premier ministre Félix Moloua et son équipe sont toujours en poste. Un blocage qui confirme les rumeurs de pactes secrets et l’influence grandissante des conseillers russes sur l’architecture de l’État.
Dans toute démocratie, même de façade comme en Afrique centrale, l’usage veut qu’au lendemain d’une prestation de serment présidentielle, le Premier ministre remette sa démission ainsi que celle de son gouvernement. Cet acte symbolique permet au chef de l’État de renouveler sa confiance ou de changer de cap.
Pourtant, une semaine après le serment du 30 mars, Félix Moloua s’installe dans un mutisme confortable et une contradiction flagrante. Nommé sous l’égide de l’ancienne Constitution, aujourd’hui décriée et jetée dans les poubelles d’histoires du pays par le régime, il se retrouve en porte-à-faux avec le nouveau cadre institutionnel. Si Touadéra prétend que la nouvelle Constitution est « sacralisée » par son serment, Moloua n’a plus de base légale claire. Il devrait, en toute logique, démissionner pour espérer être reconduit sous l’autorité du nouveau texte. Ce mépris des formes n’est pas un oubli : il traduit une gouvernance qui s’affranchit des règles pour ne répondre qu’à des accords privés.
Malgré les attentes autour de sa démission, Félix Moloua s’agrippe à son fauteuil de Premier ministre. Ce blocage renforce l’hypothèse d’un pacte secret ayant permis le passage de la Constitution du 30 mars 2016 à celle du 30 août 2025. Le doute s’installe : ce ne seraient ni le Président ni le Premier ministre qui décideraient réellement de l’avenir du gouvernement centrafricain, mais des acteurs extérieurs, en l’occurrence les mercenaires de Wagner ayant comme avatâr Africa Corps. Une perception alimentée par les déclarations de Dmitri Podolsky, officiellement « conseiller » à la présidence, dans une interview accordée à la chaîne russe RT.
Dmitri Podolsky avait affirmé : « Il n’y aura pas de changements au sein de son équipe. La majeure partie restera en fonction. »
Cette déclaration apparaît comme un camouflet pour la souveraineté nationale, pourtant revendiquée par Touadéra. En annonçant publiquement le maintien de l’équipe Moloua avant même la prestation de serment présidentielle, Podolsky alimente l’idée d’un pouvoir sous influence. Le « pacte » qui en découle semble clair : pour garantir sa stabilité, le régime maintiendrait une équipe jugée fiable par ses partenaires.
Des ministres-députés : Le peuple attend la relève
L’opinion publique est exaspérée. La population attend non seulement le départ de Moloua, mais aussi celui des ministres élus députés lors du scrutin du 28 décembre 2025 sans parler des incompétents qui doivent être naturellement relâchés. Les Centrafricains veulent voir ces élus siéger à l’Assemblée pour porter leur voix, et non rester agrippés à des portefeuilles ministériels par pur appétit de pouvoir. En gelant le remaniement, Wagner paralyse le renouvellement démocratique et maintient des hommes liges aux postes clés pour sécuriser ses propres intérêts miniers et politiques.
La réalité, Touadéra semble déjà avoir oublié les pages lues au stade, préférant laisser Moloua s’accrocher pour ne pas perturber les affaires de ses alliés russes qui ne veulent aucun changement au sein de l’exécutif.
Par Gisèle MOLOMA
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