Un hymne pour un coup d’État : le neveu-ministre de Touadéra met la musique au service de la dictature de son oncle

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Un hymne pour un coup d’État : le neveu-ministre de Touadéra met la musique au service de la dictature de son oncle

 

 

Rédigé le 24 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Dans les régimes qui basculent, la propagande précède toujours les chaînes. En Centrafrique, elle est arrivée en musique, portée par un ministre et déposée aux pieds d’un président.

 

Bye-Bye l’héritage de Boganda. Bye-bye la paix. Bye-bye la démocratie. Bye-bye l’éducation. Bye-bye la santé. Ce ne sont pas des formules lancées dans le vide : ce sont des réalités que les Centrafricains voient se retirer, remplacées par une mécanique de pouvoir où même la culture est mise au service d’un seul nom, d’un seul règne, d’un seul clan.

 

Car une chanson circule désormais sur les réseaux sociaux, présentée comme l’hymne officiel de l’investiture du 30 mars. Ce n’est pas une œuvre née du peuple, portée par une émotion collective. C’est une commande politique, conçue pour habiller d’une mélodie ce que beaucoup appellent ouvertement un coup d’État électoral.

 

L’auteur de cette composition n’est pas un inconnu : c’est Bertrand Arthur Piri, ministre de l’Énergie en exercice, et neveu du président Faustin-Archange Touadéra. La frontière entre l’État, la famille et la propagande vient d’être définitivement effacée. Un ministre qui compose des chants pour célébrer le règne de son oncle, c’est le culte de la personnalité qui s’installe à visage découvert.

 

Ce type de chanson n’est pas un détail anecdotique dans la vie politique d’un pays. Dans l’histoire des régimes autoritaires, l’hymne du chef précède toujours les musèlements qui suivent. On chante d’abord, on interdit ensuite. La musique devient le vernis poli d’un pouvoir qui ne supporte plus d’être questionné.

 

Ce qui rend cela encore plus lourd à porter, c’est le nom que cela écrase en passant : Bartolomé Boganda. Lui qui avait imaginé pour ce pays une dignité, une indépendance d’esprit, un avenir construit sur autre chose que la dévotion à un seul homme. Son nom méritait mieux que d’être le fond de scène d’une investiture contestée.

 

La dictature ne s’annonce pas toujours par des coups de feu. Elle arrive aussi en musique, avec des paroles bien choisies, un neveu-ministre aux manettes, et une foule qu’on invite à chanter ce qu’on lui interdit de refuser.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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