Touadera assume ouvertement sa dictature et convoque le corps électoral dans l’illégalité totale

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le président Faustin-Archange Touadéra ne se cache plus. En signant hier soir le décret de convocation du corps électoral pour les Élections du 28 décembre 2025, il vient de franchir un pas de plus dans l’installation d’une dictature assumée. Ce décret, dans sa forme comme dans son fond, constitue une violation caractérisée de toutes les normes légales qui régissent la République centrafricaine.
Maître Crépin Mboli-Goumba, coordonnateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), a qualifié cet acte de “lourde responsabilité de jeter la nation hors de toute légalité”. Il n’exagère pas. Examinons les faits.
L’article premier du décret présidentiel fait référence au “premier tour des Élections présidentielle, législatives, régionales et municipales”. Or, les dispositions dérogatoires adoptées par l’Assemblée nationale pour permettre l’organisation simultanée de ces quatre scrutins n’ont pas encore été promulguées. Le Conseil constitutionnel doit encore travailler sur ces textes. Comment un décret présidentiel peut-il s’appuyer sur des lois qui n’existent pas encore juridiquement ?
Cette aberration montre le mépris total du régime pour la hiérarchie des normes. Comme l’a si bien dit Maître Crépin Mboli-Goumba, Un décret n’est pas au-dessus d’une loi. Cette vérité élémentaire du droit semble échapper à un président qui se croit tout permis.
De nouvelles préfectures ont été créées, avec des circonscriptions électorales modifiées. Comment organiser des Élections législatives quand les circonscriptions ne sont pas clairement établies ? Cette improvisation institutionnelle transforme le processus électoral en loterie administrative.
Le matériel électoral n’est même pas commandé au moment où ce décret est pris. Comment peut-on convoquer un corps électoral pour voter dans trois mois quand on ne dispose même pas des bulletins, des urnes et du matériel nécessaire ? Cette précipitation témoigne soit d’une incompétence crasse, soit d’une volonté délibérée d’organiser une comédie électorale.
Le plus grave reste l’inexistence du corps électoral lui-même. Les listes électorales définitives n’ont jamais fait l’objet d’un affichage public comme l’exige le code électoral. Comment convoquer des électeurs qui n’ont pas pu vérifier leur inscription ? Cette violation fondamentale prive des centaines de milliers de Centrafricains de leur droit de vote.
L’ANE prétend avoir publié ces listes sur internet, dans un pays où 95% de la population n’a pas accès à cette technologie. Cette excuse grotesque ne trompe personne : il s’agit d’une stratégie délibérée d’exclusion des électeurs.
Maître Mboli-Goumba enfonce le clou : “Le Président de la République le sait : il n’est pas éligible. Comme tous les autres. Le Peuple Centrafricain le sait. La Communauté internationale le sait”.
Cette vérité dérangeante plane sur tout le processus. La nouvelle Constitution adoptée par manipulation en 2023, après le limogeage de la présidente de la Cour constitutionnelle Danièle Darlan, contient des dispositions qui rendent techniquement inéligibles tous les candidats potentiels, y compris Touadéra lui-même.
Rappelons que cette Constitution de 2023 est elle-même le fruit d’un coup de force. En 2022, quand Touadéra avait tenté de modifier la Constitution de 2016, la Cour constitutionnelle présidée par Danièle Darlan avait rejeté ce projet. La réaction du président ? Limoger la présidente de la Cour et la remplacer par un homme docile qui a validé une nouvelle Constitution taillée sur mesure.
Ce précédent montre la méthode Touadéra : quand les institutions lui résistent, il les détruit et les remplace par des nouvelles structures à sa botte. Cette pratique systématique transforme progressivement toutes les institutions de contrôle en simples chambres d’enregistrement des volontés présidentielles.
En outre, le code électoral exige que les ministres candidats démissionnent trois mois avant le scrutin. Nous sommes à moins de trois mois du 28 décembre et tous les ministres candidats restent en poste. Cette violation supplémentaire témoigne du sentiment d’impunité totale qui anime ce régime.
Ces ministres utilisent les moyens de l’État pour leur campagne électorale, créant une inégalité manifeste avec les autres candidats. Cette pratique transforme les Élections en compétition truquée dès le départ.
Et voilà encore, la complicité de la MINUSCA. La Mission des Nations Unies en République centrafricaine (MINUSCA) reste étrangement passive face à ces violations. Pire, elle semble cautionner cette parodie en continuant d’appuyer techniquement un processus électoral fondamentalement vicié.
Cette complicité passive de l’ONU restera dans l’histoire comme une tache indélébile. Comment une mission censée soutenir la démocratie peut-elle fermer les yeux sur des violations aussi grossières des principes électoraux ?
Maître Mboli-Goumba lance “un vibrant appel à tous ceux qui sont soucieux de la réputation de leur pays, devenu la risée du monde, de la nécessité de se battre, les mains nues, comme jadis, pour libérer leur pays.”
Cet appel à la résistance citoyenne confirme le désespoir d’une opposition légale qui voit toutes les voies légales bouchées par un régime qui se moque de la loi. Quand les institutions ne fonctionnent plus, quand la justice est aux ordres, quand les Élections sont truquées d’avance, que reste-t-il au peuple sinon la résistance ?
En un mot, le décret de convocation du corps électoral signé par Touadéra marque un point de non-retour. En affichant aussi ouvertement son mépris des lois et des institutions, le président centrafricain assume désormais pleinement sa dérive autoritaire.
“Croire que le Peuple Centrafricain, qui a vécu ces 9 dernières années comme une véritable calamité acceptera les bras croisés l’inscription de la dictature dans le marbre est une erreur que les autres Présidents avaient déjà commise”, avertit Mboli-Goumba.
L’histoire lui donnera-t-elle raison ? Les prochaines semaines nous le diront. Mais une chose est certaine : ce décret illégal restera comme un exemple parfait d’un régime qui a choisi la dictature plutôt que la démocratie, le mensonge plutôt que la transparence, la force plutôt que le droit.
Que les ancêtres nous guident dans cette épreuve que le régime MCU impose au peuple centrafricain.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)