Enquête exclusive : Loïc Ouangapou, des détournements de fonds étudiants à la mort tragique du soldat Derrick Agoma sur le front ukrainien en Russie

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Moscou, une affaire d’une ampleur inédite éclabousse la communauté centrafricaine. Au cœur de l’affaire, Loïc-Junior-Fortuné Ouangapou, ancien étudiant devenu conseiller consulaire à l’ambassade de la République centrafricaine en Russie, aujourd’hui déchu, introuvable et convoqué par la justice russe. Son nom se retrouve lié à une série de manipulations, de détournements et de fraudes qui vont des fonds accordés aux étudiants par le président de la République jusqu’au recrutement clandestin d’un soldat centrafricain mort sur le front en Russie. Les documents officiels de l’ambassade, les notes de suspension et les convocations judiciaires russes consultés par la rédaction du CNC confirment l’ampleur des faits.
Tout commence avec la visite du chef de l’État centrafricain Baba Kongoboro à Moscou, au cours de laquelle une enveloppe financière est remise pour soutenir les étudiants centrafricains. Cette aide, censée soulager les difficultés de jeunes vivant loin de leur pays, disparaît rapidement. Dans les couloirs de Moscou, un nom revient sans cesse : Loïc Ouangapou. Il s’autoproclame représentant des étudiants alors qu’aucun statut officiel ne prévoit une telle fonction. Ce poste fictif devient son sésame pour se rapprocher des autorités centrafricaines, notamment le ministre de l’Enseignement supérieur et celui des Affaires étrangères. Il flatte, promet et distribue des illusions. En manipulant son entourage, il parvient à se faire nommer conseiller consulaire et social à l’ambassade de RCA à Moscou.
Mais derrière ce parcours fulgurant se cache un système opaque. Loïc Ouangapou fait croire que la Russie a réservé des dizaines de bourses pour les étudiants centrafricains. Il descend à Bangui, rencontre le ministre de l’enseignement supérieur Maghalé, et organise une pseudo-sélection de candidats, monnayant les places auprès de familles crédules qui lui versent des sommes importantes. Dans ses discours, il promet que ses contacts avec les autorités russes garantiront leur admission. La réalité est tout autre : la sélection des boursiers pour la Russie se fait uniquement via le portail officiel en ligne, sans aucune intervention manuelle. En vérité, ces promesses n’étaient qu’une arnaque.
Les témoignages d’étudiants recueillis par la rédaction du CNC dénoncent une opération de racket organisée avec méthode. Les preuves s’accumulent. L’ambassadeur de RCA à Moscou finit par intervenir. Dans une note officielle datée du 24 septembre, il suspend Loïc Ouangapou pour malversations, fonctionnement parallèle, usage de faux et usurpation des fonctions de l’ambassadeur. À partir de ce moment, la façade tombe : ce que beaucoup soupçonnaient devient réalité. Le conseiller consulaire n’était qu’un imposteur qui a profité de son poste pour piller et manipuler.
Mais l’affaire prend un tournant plus dramatique encore. Dans les archives judiciaires russes, le nom de Loïc Ouangapou apparaît lié à un dossier pénal portant le numéro 124020077702000145. Il est convoqué par le département militaire du Comité d’enquête de la Fédération de Russie. Motif : il aurait enrôlé clandestinement un jeune soldat centrafricain, Agoma-Ngamana Derrick Just Blandin, envoyé sur le front russe où il a trouvé la mort. La famille du soldat, effondrée, attend toujours des explications. Les convocations envoyées par les enquêteurs russes restent sans réponse. Loïc Ouangapou, injoignable, disparaît dans la nature.
Un communiqué de la justice militaire russe diffuse même un appel public, en français et en sango, demandant à toute personne connaissant Loïc Ouangapou de l’informer de sa convocation. C’est un fait rarissime qui montre clairement la gravité de l’affaire : un haut fonctionnaire consulaire d’un État étranger recherché pour répondre d’un enrôlement clandestin ayant conduit à la mort d’un citoyen centrafricain.
À Bangui comme à Moscou, la colère monte. La famille Ngamana exige la vérité. Elle interpelle directement Loïc Ouangapou : « Votre silence prolongé nous plonge dans l’incompréhension et alimente nos soupçons sur les circonstances de sa mort. Nous méritons de savoir la vérité». Mais l’homme reste muet. Ce mutisme est perçu comme un aveu. Pour la famille, il ne fait plus de doute qu’un jeu trouble a été mené sur le dos de Derrick Agoma, recruté illégalement et sacrifié dans une guerre qui n’était pas la sienne.
Les révélations de l’ambassadeur en Russie apportent une lumière crue sur ces pratiques. Dans un enregistrement audio consulté par la rédaction du CNC, il décrit comment Loïc Ouangapou a détourné le processus officiel des bourses. L’ambassadeur parle d’anarchie, de dossiers traités dans des hôtels en dehors de tout contrôle institutionnel. Il accuse ouvertement son ancien conseiller consulaire d’avoir trahi la confiance de l’État et des étudiants.
Ce scandale dépasse la simple fraude. Il démontre une mécanique de prédation où un individu, protégé par ses relations avec des ministres, a pu détourner des fonds publics, manipuler des étudiants et même recruter clandestinement un soldat centrafricain pour une guerre étrangère. La mort de Derrick Agoma est la conséquence tragique d’un système où la cupidité et la trahison se mêlent.
Aujourd’hui, le nom de Loïc Ouangapou est devenu synonyme de honte et de trahison dans la diaspora centrafricaine en Russie. Sa fuite et son silence enfoncent davantage encore son image. Pour la communauté centrafricaine, il est celui qui a transformé l’ambassade en instrument de racket, celui qui a vendu de fausses bourses, et celui qui porte la responsabilité morale de la mort d’un jeune compatriote.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)