Taley 2, commune de Bimbi : quand le Conseil constitutionnel efface le verdict des urnes, remplace le gagnant par des mafieux
Rédigé le 04 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans la préfecture de Lim-Pendé, la circonscription de Taley 2 vit depuis quelques jours une situation que les habitants refusent d’accepter en silence, et leur colère a déjà parcouru des kilomètres pour se faire entendre.
Tout part d’un résultat électoral que la population croyait acquis. Le candidat Charlot était sorti en tête du scrutin législatif, devant tous les autres. Son avance était nette, ses partisans fêtaient déjà. Puis le Conseil constitutionnel a rendu sa décision — et tout a basculé.
Le dossier de Charlot a été invalidé. À sa place, deux candidats mafieux et surtout criminels qui se trouvaient loin derrière lui dans les résultats ont été retenus pour le second tour. Aucune explication solide n’a filtré pour justifier ce renversement aux yeux de la population. Juste une décision, tombée d’en haut, sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi.
La réaction ne s’est pas fait attendre dans la sous-préfecture de Taley. Les habitants de la commune de Bimbi, dans la deuxième circonscription de Taley, ont décidé de ne pas rester assis sur leur mécontentement. Ils ont organisé une marche spontanée jusqu’à Paoua, chef-lieu de la préfecture, pour remettre un mémorandum au préfet et exprimer leur rejet de cette décision.
À leur arrivée, c’est le sous-préfet et le commandant de compagnie de la gendarmerie qui les ont accueillis — non pas pour les écouter, mais pour leur signifier que leur marche était illégale. Selon eux, manifester sans autorisation préalable de la préfecture expose les marcheurs à toutes sortes de risques, et les rendrait responsables de tout débordement éventuel.
Sauf que cette logique ne tient pas. Une grève d’élèves à Boali, à Sibut, une grève d’enseignants du supérieur, personne ne dépose de dossier d’autorisation avant de descendre dans la rue quand la colère est là, immédiate, vive. La population de Bimbi n’a pas marché par caprice ou par calcul. Elle a marché parce qu’elle estime qu’on lui a volé son choix, et que ce choix méritait d’être défendu, même sous la menace.
Car il faut bien dire ce mot : la menace. Les forces de la milice Wagner, dont la présence pèse sur le pays tout entier, n’ont pas empêché ces hommes et ces femmes de se lever et de marcher. Ils ont bravé la peur, ils ont couvert des kilomètres, et ils ont remis leur mémorandum.
Le sous-préfet et le commandant de gendarmerie ont choisi ce moment pour rappeler les règles administratives relatives aux autorisations de manifestation. Pendant ce temps, la question de fond — pourquoi le candidat arrivé en tête a-t-il été écarté — restait entière, sans réponse, suspendue dans l’air comme une dette que personne ne semblait pressé de solder.
Par Fortuné Bobérang
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