
Ibrahim Kamoun Senoussi, sultan-maire de Ndélé
Sosso-Nakombo : Le maire transforme l’urbanisation en source d’enrichissement personnel
Des témoignages convergents dénoncent les pratiques du maire de cette commune de Mambéré-Kadéi.
Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
La rédaction du CNC a recueilli plusieurs témoignages concordants sur les pratiques de l’édile de Sosso-Nakombo, commune située à 584 kilomètres de Bangui via Berbérati. Ces récits dressent le portrait d’une gestion municipale où l’urbanisation sert avant tout les intérêts personnels du maire.
Les habitants de Sosso-Nakombo décrivent un système où les bulldozers accompagnés de militaires interviennent sans préavis pour démolir habitations et commerces.
“Ils détruisent des maisons avec les équipements, les lits, tout dedans, et jettent les débris dans une benne”, rapporte l’un de nos interlocuteurs. Ces destructions touchent des familles qui perdent leurs biens du jour au lendemain.
Le maire présente ces démolitions comme nécessaires au tracé de nouvelles routes ou des rues. La réalité s’avère différente. Plusieurs témoins confirment que les zones rasées ne voient jamais naître d’infrastructure.
“Au marché, le maire a détruit des maisons bien construites, avec des tôles ondulées et des peintures, mais aucune route n’a été tracée”, explique un commerçant interrogé par CNC.
Ces terrains “libérés” trouvent rapidement de nouveaux acquéreurs. Les parcelles sont revendues, souvent à des proches du maire, générant des profits considérables. “Il vend les terrains pour faire son jeu, pour l’argent”, dénonce un habitant.
Le mécanisme atteint son paroxysme avec le système du double paiement. Des citoyens achètent légalement leur terrain à la mairie de Sosso-Nakombo, construisent leur logement, puis voient leur propriété démolie sans explication. Pour récupérer leur bien, ils doivent repayer la municipalité. “Tu achètes un terrain à la mairie, tu construis ta maison, et après, ils viennent détruire pour des raisons inconnues. Puis, tu dois racheter le même terrain à la mairie”, témoigne un père de famille.
Cette pratique trouve sa justification dans l’absence de service cadastral local. Le plus proche se situe à Berbérati, chef-lieu de la préfecture, laissant l’édile seul décisionnaire des questions foncières. “Tout est décidé par le maire”, constatent plusieurs résidents.
Les conséquences de cette gestion pèsent lourdement sur la population de Sosso-Nakombo. Des familles se retrouvent sans abri après les démolitions. Les commerçants perdent leurs outils de travail. Les économies de toute une vie s’évaporent dans ce système de revente.
L’absence de dialogue aggrave la situation. “Le maire n’a pas d’explications à donner, il s’en fiche”, rapporte un témoin. Les habitants de Sosso-Nakombo se trouvent privés de tout recours face à ces pratiques.
Cette gestion transforme chaque parcelle en source de revenus multiples pour l’autorité municipale. Un même terrain peut être vendu plusieurs fois, alimentant un enrichissement personnel au détriment des administrés.
L’embellissement apparent de Sosso-Nakombo cache cette réalité où le développement urbain profite d’abord à celui qui le dirige. Les nouvelles constructions s’érigent sur les décombres des projets familiaux détruits.
Les témoignages recueillis par CNC à Sosso-Nakombo exposent une dérive où l’urbanisation municipale sert l’enrichissement personnel plutôt que l’intérêt général. Cette situation appelle une intervention des autorités de tutelle pour rétablir l’équité et protéger les droits des citoyens.
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