Selon André-Franck Amaïzou, l’égoïsme, le prestige et la négligence sont les trois poisons du chef-mauvais berger

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Selon André-Franck Amaïzou, l’égoïsme, le prestige et la négligence sont les trois poisons du chef-mauvais berger

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

André-Franck Amaïzou identifie dans son livre Le Bon Berger trois défauts majeurs qui ruinent un dirigeant. Ces trois poisons transforment celui qui gouverne en adversaire de son propre peuple.

 

L’égoïsme surgit quand le mandat devient une propriété. Amaïzou fustige le Président qui manie les discours sans jamais viser la justice. Ce qu’il observe, c’est l’écart entre les paroles prononcées et la réalité vécue par la population. Le chef qui ne sert que lui-même détourne la fonction qu’on lui a confiée.

 

Le prestige constitue un autre danger. L’auteur rappelle qu’un gouvernant doit avant tout guider, protéger, nourrir et veiller sur chacun. Celui qui privilégie l’apparence, qui cherche l’admiration et les honneurs avant d’assurer la sécurité du territoire, creuse lui-même le fossé avec son peuple. La confiance s’effrite quand l’image compte plus que l’action concrète.

 

La négligence désigne l’incapacité à trancher, à écouter vraiment, à prendre des décisions fermes. Amaïzou évoque David Dacko, qui connaissait son pays mais manquait de fermeté et de rigueur. Ce défaut de courage a précipité l’effondrement politique. Un responsable qui délègue sans cesse ses choix à des puissances étrangères finit par perdre toute crédibilité. Il ne contrôle plus rien, pas même l’autorité qu’il prétend détenir. C’est exactement le cas de Baba Kongoboro.

 

Le livre interroge directement la République centrafricaine : a-t-elle été gouvernée par de vrais bergers ou par des imposteurs ? Amaïzou rappelle les cinq verbes de Barthélemy Boganda : Loger, Soigner, Instruire, Nourrir, Vêtir,  comme critères pratiques. Ces verbes permettent de mesurer l’efficacité d’un pouvoir. Ils disent ce que le peuple attend : des actes, pas des formules.

 

La présidence de Faustin-Archange Touadéra entre dans ce cadre d’analyse. Les reproches adressés à son mandat recoupent ces trois failles. L’égoïsme transparaît dans la concentration du pouvoir et dans le recours aux forces étrangères pour maintenir l’ordre. Le prestige s’affiche dans une communication abondante alors que la crise sociale persiste. La négligence s’observe dans l’absence de réponses aux problèmes quotidiens : le coût de la vie, l’accès à l’eau, les routes défoncées, les hôpitaux délabrés. Amaïzou affirme qu’il appartient aux responsables actuels de laisser une trace positive et de conduire le pays vers la paix et le progrès.

 

Un chef qui s’éloigne de ces exigences ne dirige plus vraiment. Il administre un territoire qui s’enfonce, sans avoir ni la volonté ni les moyens d’inverser la pente. Les mots d’Amaïzou font écho aux plaintes entendues dans les quartiers et les villages. Ils traduisent une attente tenace : que ceux qui prennent le pouvoir agissent enfin pour ceux qui le leur ont confié. L’auteur insiste sur la responsabilité personnelle du dirigeant, sur sa capacité à choisir entre l’intérêt général et ses propres ambitions. Ce choix détermine l’avenir de tout un pays​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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