
Le cynisme du régime de la 7e République vient de franchir un nouveau sommet. Alors que le peuple centrafricain est exsangue, asphyxié par la cherté de la vie, l’augmentation assassine des prix des carburants et le délabrement total d’un système sanitaire national réduit à néant, Simplice Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale, a autorisé son deuxième vice-président à signer un accord avec un hôpital privé haut de gamme à Istanbul pour assurer les soins de confort des députés dont lui et sa femme.
Les signataires de cette convention, l’honorable Heye Issaka Loïck, 2e vice-président de l’institution, et l’honorable Max Sylvain Balenda, député de Bria 1 et premier membre du Bureau, ont ainsi paraphé un accord qualifié abusivement de « partenariat » avec l’hôpital Medipol à Istanbul, en Turquie. Une supercherie administrative, quand on sait que ces élus ne dirigent ni ne gèrent le moindre établissement sanitaire.

L’objectif réel de cette convention dorée est tout autre : faciliter l’accès des députés de la 7e République et les membres de leurs familles à des soins médicaux de grand luxe à l’étranger, entièrement pris en charge par le budget de l’Assemblée nationale.
Pendant que les rares hôpitaux publics du pays basés uniquement à Bangui agonisent, les nouveaux princes élus de la 7e République s’envolent pour le Bosphore.
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C’est une véritable provocation à l’endroit des millions de Centrafricains, leurs électeurs qui, chaque jour, peinent à trouver de simples comprimés de paracétamol dans des structures sanitaires manquant de tout : absence de plateaux techniques, pannes d’électricité récurrentes, ruptures de stocks de médicaments de première nécessité et personnel soignant impayé.
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Une assurance-vie pour députés en fin de course
Alors que près de 3 malades sur 10 meurent chaque jour dans l’indifférence générale au Complexe pédiatrique de Bangui, à l’Hôpital communautaire ou à domicile faute de moyens, leurs représentants à l’Assemblée nationale ont décidé de s’affranchir de la misère que plusieurs d’entre eux comme leur président Simplice Mathieu Sarandji contribuent à creuser.
Grâce à cet accord signé en grande pompe au contour flou, les honorables princes députés, dont beaucoup, selon nos informations, sont entrés dans l’hémicycle affaiblis, voire atteints de pathologies lourdes, cherchant avant tout dans leur mandat une assurance-vie et un passeport sanitaire, pourront désormais se rendre dans les cliniques huppées d’Istanbul aux frais du contribuable.
Dans les couloirs et le foyer de l’Assemblée nationale, dans les buvettes, l’ambiance est à la réjouissance. Les députés s’enthousiasment déjà à l’idée d’aller y faire leur bilan de santé dès janvier 2027 :
« Nous sommes les princes de la 7e République, nous devons aussi aller nous faire soigner à l’étranger comme l’Empereur », a balancé un député.
« Nos médecins d’ici ne gardent pas les secrets professionnels. Là maintenant, certains d’entre nous, vivants avec le VIH sida, peuvent aller prendre leurs médicaments loin et revenir. Pourquoi pas, changer de temps en temps leur sang ? », lui réplique un autre, sans la moindre gêne.
L’alternative bafouée : pourquoi pas les cliniques et assurances locales ?
Interrogés par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, de nombreux citoyens et observateurs ne cachent pas leur indignation face à cette fuite des capitaux vers la Turquie.
Pour beaucoup, la solution est pourtant simple et évidente : pourquoi l’Assemblée nationale ne noue-t-elle pas plutôt des conventions avec les cliniques et les pharmacies de Bangui afin de dynamiser l’économie locale et de rendre les soins accessibles sur place ?
D’autres estiment que les députés devraient tout simplement souscrire à des assurances-santé auprès des compagnies d’assurance établies à Bangui ou s’attacher les services d’un médecin de famille, à l’instar de ce qui se fait dans un État normal.
Mais pour ces principes héritiers députés de l’empereur président Touadera, le choix du luxe à l’étranger ne répond à aucune urgence sanitaire introuvable à Bangui. Cet accord taillé sur mesure pour les députés « monocolores » du parti au pouvoir reflète une pratique bien ancrée au sommet de l’État : le mépris total des structures et de l’économie locales.
Pendant que le citoyen lambda est abandonné à son sort dans des mouroirs à ciel ouvert, le président-Empereur Faustin-Archange Touadéra multiplie les voyages médicaux discrets aux frais du contribuable pour se faire soigner à Saint-Pétersbourg, à Bruxelles, tout en préparant de nouveaux séjours de luxe en Suisse.
Un balai sanitaire international auquel il associe également sa mère et ses proches, régulièrement envoyés se soigner en Russie.
L’argent public pompé pour le confort d’une monarchie.
L’Assemblée nationale valide cette convention avec l’hôpital Medipol à Istanbul en Turquie, permettant aux députés de bénéficier de prestations médicales haut de gamme.
Ce partenariat médical VIP illustre la déconnexion totale de l’élite dirigeante avec la réalité du pays. Financé directement sur le budget de l’Assemblée nationale, c’est-à-dire l’argent public ponctionné sur un État exsangue et sous perfusion, ce privilège exclusif démontre que le denier public ne sert plus l’intérêt général, mais l’autoconservation d’une caste politique aux abois.
Pourquoi l’État ne réinjecte-t-il pas ces millions de francs CFA dans la réhabilitation et l’équipement des structures sanitaires locales pour en faire profiter l’ensemble des citoyens ?
La réponse est limpide : pour le clan au pouvoir, le peuple n’est qu’une variable d’ajustement, bonne à taxer et à essorer pour financer les soins de luxe de dirigeants incapables de soigner un simple rhume à Bangui.
Le peuple centrafricain, qui a récemment démontré sa colère à travers le succès éclatant de la « ville morte », observe et retient les noms.
Ce nouveau scandale s’ajoute à la longue liste des prévarications du régime, prouvant chaque jour un peu plus que la priorité de Touadéra et de ses valets n’est pas le relèvement de la RCA, mais la préservation de leur santé et de leurs privilèges aux dépens de vies humaines.
Affaire à suivre..
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