Il défend ses amis qui viennent sur les plateaux » : Doneng s’en prend au conseiller spécial du président, Fidèle Gouandjika

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Le débat Patara de Radio Ndekelouka, consacré à l’arrestation des leaders de la société civile, a viré à l’affrontement politique ouvert. En cause : la sortie du ministre chef des requins Héritier Doneng contre le conseiller spécial du président de la République, Fidèle Gouandjika, qui avait publiquement mis en garde le pouvoir contre la tentation de transformer la RCA en État policier.

 

Interrogé sur les propos de ce proche du chef de l’État, le ministre Doneng n’a pas mâché ses mots. « Il défend ses amis qui viennent tous les jours sur les plateaux de la radio Ndékè-luka ici avec vous. Il se rencontre peut-être dans les cabarets là-bas. Ce sont ses amis, c’est pourquoi il défend. Il défend ses amis. On comprend », a-t-il lancé, balayant d’un revers de main l’avertissement du conseiller présidentiel.

 

Il défend ses amis qui viennent sur les plateaux » : Doneng s'en prend au conseiller spécial du président, Fidèle Gouandjika
Heritier Doneng un des chefs de la milice du pouvoir les Requins devenu ministre de la Jeunesse et d

 

« Ce n’est qu’un titre qu’il est en train de brandir »

 

Le chef de la milice Requin est allé plus loin, contestant la légitimité même de la prise de position de Fidèle Gouandjika. « Ce n’est qu’un titre qu’il est en train de brandir, mais moi, au fin fond, s’il est conseiller du président de la République, il doit d’abord se rapprocher du président de la République et du chef de l’exécutif pour recueillir un certain nombre d’informations avant de se prononcer. Il s’est prononcé lui-même sans pour autant consulter le président de la République et je crois que c’est extrêmement grave pour lui », a-t-il asséné.

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Une charge qui n’a pas manqué de faire réagir sur le plateau. Le ministre a en effet été immédiatement interpellé : « Est-ce que vous avez compris ce qu’il a dit ? Parce que lorsqu’il dit que le chef de l’État n’est pas associé à cela et vous vous dites que non, ça veut dire que le chef de l’État est d’accord avec cette arrestation ? » Une question à laquelle Héritier Doneng n’a pas répondu directement, préférant requalifier les faits : « Quelle arrestation ? C’est une opération de police. Ils ont été interceptés par la police en train d’appeler à la subversion. »

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« Des propos irresponsables »

 

Le ministre a finalement qualifié les déclarations de Fidèle Gouandjika d’« irresponsables ». « Deux conseillers, conseillers juridiques, conseillers politiques du chef de l’État, et ils n’ont pas encore recueilli les informations. Ils ont agi par état d’âme. Lorsqu’on gère une nation, on gère une république et on s’est dit conseiller d’un président de la République, on doit dépasser nos états d’âme pour qu’on soit dans une nation équitable et fondée sur l’égalité. Dépassons nos états d’âme. On a tous des amis, on a tous des parents. Mais si aujourd’hui, il s’agit de la sûreté nationale, de la sûreté intérieure, on ne doit pas badiner avec ça », a-t-il déclaré.

 

Cette sortie du ministre intervenait alors que le débat portait sur la légalité de l’arrestation, jeudi dernier, de trois figures de la société civile Élysée Guimalet, Quentin Guando et l’activiste Steve Bendondeni cueillis par les forces de l’ordre juste avant une conférence de presse où ils devaient dénoncer la vie chère et la hausse des prix du carburant à la pompe.

 

Un avertissement présidentiel ignoré

 

La veille, Fidèle Gouandjika avait publiquement exhorté le pouvoir à ne pas céder à la tentation de l’État policier, à la suite de ces interpellations. Un signal fort venu de l’entourage immédiat du président Faustin-Archange Touadéra, que le gouvernement a choisi de minimiser, voire de tourner en dérision. Pour Paul Crescent Bininga, porte-parole du Groupe de travail de la société civile (GTSC), cette réaction trahit surtout l’isolement d’un exécutif sourd aux avertissements, y compris ceux venus de ses propres rangs.

 

« Les accusations de déstabilisation, c’est désormais le mot d’opératoire. Lorsqu’on veut vous gêner judiciairement, vous empêcher de prendre la parole, on vous traite d’affilié au BRDC, de complice des groupes armés, ou de terroriste », avait-il dénoncé un peu plus tôt sur le plateau. Une analyse qui prend un relief particulier à l’heure où un conseiller du président lui-même ose évoquer publiquement le spectre de l’État policier et se voit répondre par le mépris ministériel.

Le ministre Héritier Doneng rejute les avertissements de Fidèle Gouandjika concernant la dérive vers un État policier sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra.

 

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