Sam-Ouandja : la sauvage agression gratuite d’un jeune homme par des soldats relance le débat sur la dérive des FACA

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Sam-Ouandja : L’agression gratuite d’un jeune homme par des soldats relance le débat sur la dérive des FACA

 

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2020/01/deux-soldats-faca-en-casques-blindés-militaires-dans-leur-pickup-en-patrouille-à-Bangassou.jpg” data-wpel-link=”internal”>Sam-Ouandja : L’agression gratuite d’un jeune homme par des soldats relance le débat sur la dérive des FACA
Deux soldats FACA dans leur véhicule lors d’une patrouille. CopyrightCNC

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Centrafrique” rel=”external noopener noreferrer” data-wpel-link=”external”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Les images qui nous parviennent de Sam-Ouandja glacent le sang. Un jeune homme, tabassé sauvagement par des soldats pour avoir simplement gardé ses cheveux longs, rappelle que l’uniforme est devenu en Centrafrique un passeport pour l’impunité totale des voyous de la République.

 

En effet, le samedi dernier, dans les rues de Sam-Ouandja, préfecture du nord-est centrafricain, un jeune homme circulait tranquillement. Il portait ses cheveux longs, comme à son habitude. Ses proches le connaissent ainsi, ses voisins aussi. Personne dans son quartier ne trouve à redire sur sa coiffure. Mais ce samedi, trois soldats FACA en ont décidé autrement.

 

Ils l’interpellent brusquement. « Eh toi, viens ici ! ». Le jeune homme s’approche, sans méfiance. « Pourquoi tu as laissé tes cheveux pousser comme ça ? ». La question tombe, spectaculaire. Le jeune répond simplement qu’il aime les porter ainsi. Les militaires ne l’entendent pas de cette oreille. « Il faut venir ici raser ta tête des cochons ». Le ton n’admet aucune réplique. Le jeune tente quand même de négocier : « Je vais le faire à la maison ». Trop tard. Les soldats ont déjà sorti une lame de leur poche.

 

Ils l’attrapent. Le maintiennent. Commencent à lui raser le crâne de force, là, en pleine rue. Mais une lame dans des mains brutales ne pardonne pas. La peau se déchire, le sang commence à couler. Des entailles apparaissent sur le cuir chevelu du jeune homme. La douleur le fait réagir. Il s’énerve, proteste. Alors il prend une décision : il veut aller voir leur chef.

 

Le jeune se met en route vers la base militaire. Il veut expliquer ce qui vient de lui arriver. Dénoncer ce traitement absurde. Obtenir réparation. Mais les trois soldats comprennent vite où il va et ce qu’il compte faire. Impossible de le laisser parler au chef. Ils se concertent rapidement, puis filent par un autre chemin. Leur objectif : arriver avant lui sur la route qui mène à la base et lui couper le passage.

 

Le piège se referme. Quand le jeune homme arrive à leur niveau, ils surgissent. Le capturent. Et là, ce qui était déjà une agression devient un véritable lynchage. Les coups pleuvent. Des bâtons, des gros bâtons, s’abattent sur sa tête. Une fois, deux fois, dix fois. Le sang gicle, se répand sur son visage, coule le long de son cou. Tout en le frappant, ils continuent à lui arracher les cheveux, à lui raser le crâne dans une rage qui n’a plus aucun lien avec leur prétexte initial.

 

Les photos que nous avons obtenues parlent d’elles-mêmes. On y voit un jeune homme défiguré par la violence. Le visage gonflé, tuméfié. Des plaies ouvertes sur le crâne. Du sang partout, frais ou déjà séché. Son maillot de football porte les traces de cette sauvagerie. Il gît là, brisé par des hommes censés protéger la population.

 

Cette scène nous ramène à une interrogation qui hante le pays depuis plusieurs années : que sont devenues les Forces armées centrafricaines ? Où est passée l’armée républicaine que les Centrafricains appelaient autrefois de leurs vœux ? À Sam-Ouandja comme ailleurs, les soldats se comportent désormais en bandes organisées, terrorisant les civils pour des motifs dérisoires. Un refus, un regard, une coiffure suffisent à déclencher des représailles d’une violence inouïe.

 

Depuis 2019, un changement profond s’est opéré. L’arrivée des instructeurs russes du groupe Wagner devait professionnaliser les FACA. Le résultat sur le terrain raconte une tout autre histoire. Dans les casernes, le chanvre indien circule librement. Les drogues aussi. Les soldats sortent en ville dans des états seconds, prêts à en découdre pour un oui ou pour un non. Le respect du civil a disparu. À la place, une brutalité qui ne connaît plus de limites.

 

On se demande ce que ces formateurs russes enseignent vraiment. La discipline ? Les techniques de combat ? Ou simplement les méthodes expéditives des groupes armés ? Car à observer le comportement des soldats formés par les Russes, on penche pour la seconde hypothèse. Partout où ils passent, les plaintes s’accumulent. Rackets, extorsions, passages à tabac. Les témoignages affluent de toutes les provinces.

 

Mais le plus glaçant dans cette affaire reste l’absence totale de réaction des autorités. Le chef d’état-major ne dit rien. Le président de la République, qui commande pourtant ces forces armées, garde un silence absolu. Le ministre de la Défense, dont dépendent ces hommes, ne bronche pas. Comme si tout cela était normal. Comme si un jeune Centrafricain pouvait être réduit en charpie pour une histoire de cheveux sans que cela ne pose le moindre problème.

 

Ce silence équivaut à un encouragement. Il dit aux soldats qu’ils peuvent tout se permettre. Qu’aucune sanction ne viendra jamais sanctionner leurs débordements. Que l’uniforme leur confère une immunité absolue. Alors ils continuent. Ils frappent, ils volent, ils huent. Et le pays s’enfonce un peu plus chaque jour dans le chaos.

 

À Sam-Ouandja, ce jeune homme a échappé de peu à la mort. D’autres, ailleurs, n’ont pas eu cette chance. Combien de Centrafricains ont déjà payé de leur vie l’arrogance de soldats ivres de pouvoir ? Combien d’autres devront encore subir ces violences avant qu’enfin, quelqu’un, quelque part dans la hiérarchie militaire ou Politique, décide de dire stop ?

 

Par Moïse Banafio….

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