Touadéra, 10 ans de chaos à la tête de la République centrafricaine

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Touadéra, 10 ans de chaos à la tête de la République centrafricaine

 

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Faustin Archange-Touadera sous la protection des mercenaires du groupeWagner en Russie

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La RCA, pays de Boganda, est devenu aujourd’hui un pays aux frontières floues entre une dictature et la jungle, où la corruption et la criminalité règnent sans partage. Depuis son accession au pouvoir il y a dix ans, le président Faustin-Archange Touadéra s’est peu à peu transformé en un despote qui dirige ce pays avec une main de fer.

 

Une décennie au pouvoir peut suffire à bouleverser le destin d’une nation.

 

La République centrafricaine traverse depuis dix ans une période marquée par la stagnation économique et l’effritement progressif des institutions. Le pays peine à sortir d’un marasme qui s’aggrave année après année, malgré l’abondance de ses richesses naturelles.

 

L’économie centrafricaine demeure prisonnière d’une léthargie qui ne faiblit pas.

 

Le PIB par habitant tourne autour de 400 dollars américains annuels, un chiffre dérisoire qui maintient le pays dans le peloton de queue mondial. Cette situation contraste violemment avec les potentialités d’un territoire gorgé de diamants, d’or et de bois précieux. La croissance, quand elle existe, reste trop faible pour améliorer concrètement le quotidien des Centrafricains.

 

Cette paralysie économique engendre une pauvreté massive qui touche près de trois quarts de la population. Les familles survivent avec des moyens dérisoires, incapables de satisfaire leurs besoins essentiels. L’indice de développement humain place la RCA parmi les derniers pays du classement mondial, témoignant de carences profondes dans tous les secteurs vitaux. Les écoles manquent de moyens, les hôpitaux fonctionnent avec des équipements obsolètes, et l’inflation grignote sans cesse le peu de ressources dont disposent les ménages.

 

La corruption s’est installée comme mode de gestion ordinaire des affaires publiques.

 

Les détournements de fonds se multiplient sans que personne ne soit inquiété. Les classements internationaux confirment année après année la place peu enviable de la RCA dans ce domaine. Les institutions censées contrôler les finances publiques semblent impuissantes devant l’ampleur des déviations budgétaires qui se produisent à tous les niveaux de l’administration.

 

Ce délabrement de l’État a ouvert la porte à l’expansion du crime organisé. Les zones rurales, abandonnées par le pouvoir de Bangui aux mains des mercenaires russes, sont devenues des territoires où la loi du plus fort s’impose. Les réseaux mafieux prospèrent sur le trafic des ressources naturelles et autres activités illicites. Cette insécurité permanente paralyse toute tentative de développement et renforce l’isolement des populations les plus vulnérables.

 

L’instabilité gouvernementale accompagne cette dérive généralisée.

 

Les premiers ministres se succèdent au rythme d’un carrousel qui ne s’arrête jamais. Chaque nouveau chef de gouvernement arrive avec son lot de promesses qui s’évanouissent rapidement dans les méandres d’une administration défaillante. Les réformes annoncées restent lettre morte, les projets de développement s’enlisent dans des irrégularités financières récurrentes.

 

Cette valse ministérielle accentue la perception d’un pouvoir déconnecté des réalités du terrain. Les infrastructures promises n’émergent jamais des plans sur papier, les programmes sociaux demeurent des vœux pieux, et les attentes légitimes de la population s’accumulent sans réponse. Les différents gouvernements qui se sont succédé ont échoué à imprimer une direction claire capable de redresser la situation.

 

Les Centrafricains s’interrogent sur le devenir des sommes considérables allouées à la reconstruction nationale. Les engagements pris par Faustin-Archange Touadéra lors de son arrivée au pouvoir semblent s’être dissous dans les circuits opaques d’une gestion publique imperméable à toute forme de transparence. Les ressources mobilisées par la communauté internationale comme les revenus tirés de l’exploitation des richesses du pays disparaissent sans laisser de traces tangibles.

 

L’opacité caractérise désormais la conduite des affaires nationales.

 

Les institutions démocratiques se vident progressivement de leur substance, réduites à des façades sans pouvoir réel. Les espaces de liberté se rétrécissent au fur et à mesure que le régime concentre les prérogatives entre ses mains. La société civile, les médias indépendants et l’opposition politique subissent une pression croissante qui limite leur capacité d’action.

 

Les fonds destinés au développement s’évaporent dans des canaux qui échappent à tout contrôle démocratique. Les projets d’infrastructure annoncés en grande pompe ne dépassent jamais le stade des déclarations d’intention. Les routes restent impraticables, les écoles manquent de tout, les centres de santé fonctionnent sans médicaments ni matériel médical. La reconstruction promise après des années de conflits armés demeure un horizon qui s’éloigne continuellement.

 

Par Éric Azoumi

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