Révolution verte ou torture sociale ? Quand la direction de Power Sécurité décide enfin de torturer copieusement ses agents

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Révolution verte ou torture sociale ? Quand la direction de Power Sécurité décide enfin de torturer copieusement ses agents

 

 

 

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Une onde de choc et d’incompréhension traverse actuellement les rangs de la société française de gardiennage Power Sécurité. Sous couvert d’une prétendue réorganisation des contrôles opérationnels, la nouvelle équipe dirigeante menée par le Directeur Gérant David Moisan, son adjoint le Pasteur Osé Balezou, la Directrice Administrative et Financière Mme Abigael Wilibiro, et orchestrée sur le terrain par le Directeur des Opérations Arnaud Aimontche vient de prendre une décision aussi radicale qu’inhumaine : interdire l’usage des motocyclettes pour les rondes de contrôle et contraindre les agents à circuler exclusivement à vélo.

 

Au fond de ces grands discours managériaux prétendant vouloir « ratisser le travail de terrain » et surprendre les agents en faute, la réalité économique est bien plus cynique. Il s’agit d’une chasse ouverte aux coûts de carburant et d’entretien, menée au mépris le plus total de la santé des salariés, de la sécurité routière et de la simple dignité humaine.

 

Une régression logistique drapée dans un prétexte managérial

Aux origines de Power Sécurité, notamment sous la gouvernance de l’ex-colonel de la gendarmerie française Patrick Marconnet, la mobilité des contrôleurs était une priorité. Des cyclomoteurs puis des motos de fonction étaient mis à disposition pour assurer les constats, les urgences et les contrôles de routine sur les différents sites. Une logistique rationnelle pour une entreprise de sécurité digne de ce nom.

 

Aujourd’hui, le revirement est grave. Présentée lors d’une réunion présidée par le Directeur des Opérations, la nouvelle doctrine impose la bicyclette comme unique outil de travail, de jour comme de nuit. Officiellement, la direction prétend que le vélo, plus discret, permet de surprendre les agents qui abandonneraient leur poste. Officieusement, le calcul est purement budgétaire : un vélo ne consomme pas d’essence, ne nécessite presque aucun entretien et permet de rayer d’un trait de plume les enveloppes financières allouées aux contrôleurs.

 

Des distances aberrantes et des risques physiques majeurs

L’absurdité de cette mesure saute aux yeux dès que l’on se penche sur la géographie et la topographie des zones de patrouille. Comment exiger d’un contrôleur résidant à PK16 ou PK13 (sur la route de Boilly) d’effectuer quotidiennement des dizaines de kilomètres à la seule force des jambes pour rallier le centre-ville, puis de pousser les contrôles jusqu’à Bellevue ou vers le GOZ-A du côté de Wango dans le septième arrondissement ? Les parcours imposés sont parsemés de reliefs et de montagnes russes impraticables sans un épuisement physique immédiat.

 

Plus grave encore, cette politique touche de plein fouet des employés parfois âgés de plus de 50 ans, ou souffrant de pathologies respiratoires et de défaillances de santé chroniques. Travailler dans ces conditions ne relève plus du domaine professionnel, c’est une entreprise de démolition physique. De surcroît, les bicyclettes fournies ne disposent même pas de l’équipement d’éclairage élémentaire (phares et catadioptres), condamnant les agents à pédaler en pleine nuit dans un noir complet, au péril de leur vie face au trafic routier.

 

Deux poids, deux mesures : le scandale des privilèges de la direction

Pendant que les contrôleurs de terrain se voient confisquer leurs indemnités hebdomadaires de carburant qui s’installaient déjà sous la barre des 20 000 francs depuis la crise d’approvisionnement liée au conflit entre la Russie et l’Ukraine —, la haute direction ne semble pas connaître la crise.

 

Les langues se délient en interne pour dénoncer le train de vie des cadres de l’administration. Alors qu’on exige des subalternes un « sacrifice » unilatéral, les directeurs continuent de bénéficier de dotations de carburant pharaoniques, grimpant à au moins 50 000 francs par semaine, sans compter les fameux budgets opaques des « bons vendredis ». Au total, un seul membre de la direction peut engloutir jusqu’à 100 000 francs de frais de transport hebdomadaires. Si la trésorerie de l’entreprise manquait cruellement de liquidités, la décence aurait voulu que l’effort commence au sommet de la pyramide. En choisissant d’étouffer la base pour préserver les avantages du sommet, la direction fait preuve d’une cruauté managériale sans précédent.

 

Le paradoxe de l’uniforme : entre sueur et exigences de standing

Au-delà de la souffrance physique, cette politique de la pédale forcée engendre une situation managériale totalement schizophrénique. Power Sécurité affiche une charte d’entreprise stricte : les contrôleurs se doivent d’être irréprochables, propres sur eux et vêtus de manière standardisée pour représenter dignement la société auprès des clients et des agents de sécurité.

 

Or, comment rester propre, digne et présentable après avoir passé une demi-journée à gravir des collines à vélo sous une chaleur de plomb ? Ruisselants de sueur, épuisés, les contrôleurs se retrouvent disqualifiés au moment de faire des remontrances ou de corriger la posture d’un agent sur un site. Le manque de respect de la direction envers ses contrôleurs détruit mécaniquement leur propre autorité sur le terrain.

 

En qualifiant cette mesure de « torture », les employés de Power Sécurité ne mâchent pas leurs mots. Face à ce traitement dégradant et inhumain, l’appel est désormais lancé aux services d’investigation et aux inspecteurs du travail pour qu’ils viennent constater l’étendue des dégâts de cette « politique du vélo » qui dissimule à peine un profond mépris social.

 

Par Alain Nzilo

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