Rumeurs de coup d’État : la ville de Bangui sous extrême tension après la présence des hommes armés signalée aux périphériques de la capitale
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
C’est fort avec les rumeurs de coup d’État qui agitent le pays en ce moment. Bangui sous haute tension, militaires consignés dans les casernes, gendarmes et policiers en patrouille, fouilles et arrestations dans plusieurs quartiers, hélicoptères de Wagner en surveillance, la capitale sur le point de basculer
La capitale centrafricaine bascule dans la psychose collective suite à des rumeurs de déstabilisation. Entre perquisitions nocturnes de l’armée et patrouilles permanentes de Wagner, les cercles dirigeants cèdent à la panique.
Un simple message diffusé par un activiste sur le réseau social Facebook a suffi à provoquer une panique générale au sein de l’appareil sécuritaire de Bangui. Depuis une semaine, l’ensemble des forces de défense et de sécurité, à savoir les militaires, les policiers et les gendarmes, sont placés en situation de quartier consigné. Cette mesure d’alerte maximale paralyse les casernes et maintient les troupes sous une pression permanente, signe que le pouvoir en place craint le moindre mouvement de contestation ou de rébellion.
Cette paranoïa ambiante engendre des conséquences directes au sommet de l’État, où la suspicion règne désormais entre les collaborateurs du président Faustin-Archange Touadéra. Sani Yalo, influent conseiller du chef de l’État, et Bida Kouyagbélé, ministre conseiller chargé des grands travaux, ont été convoqués et entendus par le procureur de la République au parquet de Bangui. Malgré leur libération, le procureur et le ministre de la Justice exigent la poursuite des investigations, montrant que les soupçons de trahison interne empoisonnent le premier cercle du pouvoir.
Sur le terrain, le déploiement militaire se traduit par des opérations policières agressives au cœur des quartiers. Vers vingt-trois heures, une patrouille a investi une concession dans le secteur du kilomètre cinq, découvrant deux fusils d’assaut de type kalachnikov. Un adjudant-chef de l’armée et plusieurs militaires ont été immédiatement arrêtés et conduits dans les locaux de la section de recherches et d’investigations. Les vérifications s’étendent également à la concession privée du ministre Bida Kouyagbélé, où les forces de l’ordre recherchent d’éventuels éléments compromettants.
À la périphérie nord de la capitale, la surveillance prend une dimension aérienne particulièrement lourde. Les hélicoptères de combat des mercenaires russes du groupe Wagner survolent en permanence les localités de Begoua et le poste de contrôle du PK-12. Ces rotations incessantes répondent à des rumeurs persistantes faisant état de la présence de combattants rebelles signalés vers le PK-22 et le PK-45 sur l’axe routier menant à Boali, accentuant la peur d’une offensive imminente.
L’ambiance générale devient encore plus lourde avec le retour discret de Faustin-Archange Touadéra après un séjour prolongé à l’étranger. Le président centrafricain a regagné la capitale en pleine nuit et de façon totalement clandestine, sans tapis rouge ni accueil officiel. Ce retour nocturne et secret démontre le niveau de crainte qui paralyse les autorités, incapables de garantir la sécurité publique sans recourir aux forces de sécurité privées étrangères.
Alors que le procureur maintient la pression judiciaire sur l’entourage présidentiel et que les forces russes continuent de quadriller le ciel de Begoua, les perquisitions nocturnes se multiplient dans les habitations de la capitale.
Par Anselme Mbata
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