Ouanda-Djallé : le cri de détresse des réfugiés soudanais et retournés centrafricains abandonnés à leur triste sort

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le site de Gbougou -Bénga à Ouanda-Djallé abrite des réfugiés soudanais et des retournés centrafricains dans des conditions difficiles. Leur délégué, Grébaï Jean-Baptiste, dénonce l’absence d’eau potable et d’assistance médicale.
La situation humanitaire dans certains camps de réfugiés soudanais en Centrafrique demeure inquiétante, particulièrement dans les zones frontalières où convergent déplacés et retournés.

OUSME IBRAHIM YACOUB, délégué des réfugiés soudanais et des retournés centrafricains installés dans le camp des refugiés soudanais de Gbougou -Bénga, dans la ville de Ouanda-Djallé, a accepté de briser le silence sur le quotidien difficile de ses compatriotes. Son témoignage montre une réalité que beaucoup ignorent encore dans le pays.

L’accès à l’eau potable constitue le premier défi majeur pour les occupants du camp de Gbougou -Bénga. Les femmes doivent parcourir entre un et deux kilomètres à pied pour atteindre la forêt. Une fois sur place, elles descendent dans des trous creusés pour puiser l’eau nécessaire aux besoins quotidiens de leurs familles. Cette corvée épuisante se répète chaque jour pour la cuisson, la boisson et la lessive.
Au-delà de l’eau, la question alimentaire aggrave davantage la situation des réfugiés. Les denrées de base manquent cruellement dans le camp, laissant des centaines de personnes dans l’incertitude alimentaire. Cette pénurie touche particulièrement les groupes les plus fragiles de la communauté.
La santé représente un autre sujet de grave inquiétude pour le délégué OUSME IBRAHIM YACOUB. Le camp abrite de nombreuses personnes âgées, des femmes du troisième et quatrième âge, ainsi que des centaines de mineurs. Ces populations vulnérables ne bénéficient d’aucune assistance médicale adéquate. Certains malades décèdent sans avoir reçu le moindre soin, faute de structures sanitaires fonctionnelles.
En effet, pour comprendre la présence de ces réfugiés à Ouanda-Djallé, il faut remonter aux événements de 2013-2014. Les affrontements entre la Séléka et les Anti-Balaka avaient contraint des milliers de Centrafricains à fuir vers le Soudan voisin. Accueillis à la frontière, ils avaient obtenu le statut de réfugiés et vécu plusieurs années dans des camps soudanais.
La situation a basculé en 2023 lorsque de violents combats ont éclaté au Soudan entre l’armée régulière et les groupes rebelles. Les réfugiés centrafricains installés depuis une décennie ont alors décidé de rentrer au pays. Des Soudanais fuyant également les violences ont choisi de les accompagner vers la Centrafrique, espérant y trouver la sécurité.
Arrivés ensemble à Ouanda-Djallé, ces deux groupes se sont installés dans le camp de Gbougou -Bénga. Mais leurs conditions de vie se sont progressivement détériorées au fil des mois. L’absence d’aide humanitaire régulière a transformé leur refuge en un lieu de souffrance quotidienne.
Devant cette situation catastrophique, Jean-Baptiste Grébaï lance un appel solennel aux autorités centrafricaines. Il sollicite également l’intervention des organisations humanitaires nationales et internationales comme le HCR. Son message insiste sur l’urgence d’assister les personnes âgées et les enfants qui représentent la majorité des occupants du camp.
Le délégué espère que son témoignage sensibilisera les décideurs et les partenaires humanitaires. Selon lui, une visite sur place suffirait à constater l’ampleur de la détresse qui frappe ces populations oubliées de Ouanda-Djallé.
Par Marcel Wana
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