Obo : une ville en prière pour empêcher le retour de Wagner

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Ce mercredi 8 octobre 2025, la ville d’Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, a vécu une journée extraordinaire. Toute la population s’est mise en prière pour demander à Dieu d’empêcher le retour des mercenaires russes du groupe Wagner dans leur ville.
Cette journée a été complètement morte. Personne n’a vendu quoi que ce soit sur le marché, personne n’a circulé dans les bureaux, personne n’a travaillé. Seules les forces de l’ordre ont pu effectuer leurs patrouilles. Tout le reste de la ville était à l’arrêt.
La population a demandé à tout le monde de rester à la maison pour faire la prière contre l’arrivée du mal dans la ville. Car pour les habitants d’Obo, Wagner représente le mal absolu. Ils appellent d’ailleurs ces mercenaires russes “les démons de Touadera ”.
Ils ne veulent pas du retour de Wagner dans leur ville. Les habitants d’Obo savent ce que signifie la présence de ces mercenaires. Ils l’ont déjà vécue et en gardent des souvenirs traumatisants. À Mbokie, à Zémio et partout dans le pays, Wagner a créé le chaos. Même à Obo lors de leur précédent passage, les exactions ont été nombreuses.
La population dit qu’elle a demandé au gouvernement de ne pas ramener Wagner, mais le gouvernement n’écoute pas. Puisque ce sont les autorités qui amènent Wagner, puisque c’est le gouvernement qui fait venir ces mercenaires qui tuent les Centrafricains, la population a décidé de s’en remettre à une autorité supérieure que Touadera : Dieu.
Les habitants d’Obo disent qu’ils vont demander à Dieu d’intervenir. Dieu seul peut les aider. Dieu seul peut décider de bloquer l’arrivée de Wagner dans la ville. Face à un gouvernement sourd à leurs supplications, face à des autorités qui sacrifient leur sécurité pour leur propre survie Politique, ils n’ont plus que la prière.
Le comité d’organisation de cette journée de prière a veillé au respect strict de la consigne. Même certaines ONG qui tentaient de travailler ont dû s’arrêter. Par exemple, l’ONG Alima dont certains employés voulaient distribuer des médicaments a été bloquée. Le comité de gestion leur a demandé de rentrer et de ne pas travailler. La journée de prière devait se terminer à 15 heures. Après 15 heures, ils pourraient reprendre leur travail, ou plutôt le lendemain.
Cette journée a été laissée uniquement à la demande de Dieu. Une ville entière qui s’arrête de vivre pour prier contre le retour de mercenaires étrangers – voilà où en est arrivée la Centrafrique sous Touadéra.
Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la terreur que Wagner inspire aux populations. Les habitants d’Obo préfèrent perdre une journée de travail, une journée de commerce, une journée de revenus plutôt que de risquer le retour de ces mercenaires dans leur ville.
Les rumeurs annonçant le retour de Wagner à Obo circulent depuis quelques mois. Ces simples rumeurs suffisent à terroriser la population. Les gens se souviennent des assassinats, des viols, des pillages, des humiliations commis par Wagner lors de leur précédent passage.
À Mbokie, à Zémio, dans toute la préfecture du Haut-Mbomou, Wagner a semé la mort et la terreur. Les populations civiles ont été massacrées, les femmes violées, les biens pillés. Ces mercenaires russes se comportent comme une armée d’occupation qui considère les Centrafricains comme des ennemis à soumettre.
Le fait qu’une ville entière se mette en prière pour empêcher le retour de forces censées assurer sa sécurité montre l’absurdité de la situation. Wagner est présenté par le gouvernement comme un partenaire qui aide à sécuriser le pays. Mais les populations qui ont vécu sous contrôle de Wagner savent la vérité : ces mercenaires sont une menace, pas une protection.
Les habitants d’Obo appellent Wagner “les démons”. Cette qualification n’est pas exagérée. Les exactions commises par ces mercenaires dans tout le pays justifient amplement ce terme. Ils tuent, violent, pillent en toute impunité, protégés par le gouvernement qui les paie 10 milliards par mois.
Cette journée de prière à Obo pose aussi une question politique fondamentale : pourquoi un gouvernement ramènerait-il dans une ville des forces que la population entière rejette et craint ? Pourquoi imposer la présence de mercenaires étrangers à des citoyens qui les considèrent comme des démons ?
La réponse est simple : Wagner ne sert pas à protéger les populations centrafricaines. Wagner sert à protéger le pouvoir de Touadéra. Les mercenaires russes sont déployés non pas là où les populations ont besoin de sécurité, mais là où le régime veut contrôler ou terroriser.
Si Wagner revient à Obo malgré le rejet total de la population, ce sera une nouvelle preuve que le gouvernement centrafricain ne sert pas son peuple mais des intérêts étrangers et sa propre survie.
Les habitants d’Obo ont fait ce qu’ils pouvaient : ils ont demandé au gouvernement de ne pas ramener Wagner, et face au mépris des autorités, ils ont prié Dieu d’intervenir. Cette prière collective témoigne de leur désespoir face à un État qui les abandonne et les livre aux mercenaires.
Que Dieu entende ou non les prières des habitants d’Obo, cette journée du 8 octobre 2025 restera dans les mémoires comme le jour où une ville entière s’est arrêtée de vivre pour supplier qu’on lui épargne le retour des démons.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)