Accord de Ndjamena: Aristide Briand Reboas conseille à Touadéra de dormir les deux yeux ouverts

L’ancien ministre Aristide Briand Reboas met en garde contre les risques d’infiltration étrangère dans l’armée nationale centrafricaine post-accord de Ndjamena.
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Aristide Briand Reboas exprime ses réserves sur l’accord de cessez-le-feu signé à N’Djaména, redoutant une stratégie d’infiltration des groupes armés.
L’atmosphère politique centrafricaine s’électrise autour des déclarations fracassantes d’Aristide Briand Reboas. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports ne mâche pas ses mots face au micro de la radio Ndèkè – Luka. Son diagnostic est sans appel : l’accord de cessez-le-feu paraphé le 19 avril 2025 dans la capitale tchadienne pourrait s’avérer être un cheval de Troie pour la République centrafricaine.
Au cœur de ses préoccupations se trouvent l’UPC et le 3R, ces acronymes qui hantent la stabilité centrafricaine depuis des années. Aristide Briand Reboas dépeint un scénario alarmant où des combattants d’origine tchadienne, soudanaise ou nigérienne, sous couvert d’intégration militaire, pourraient infiltrer les rangs de l’armée nationale. Cette stratégie d’infiltration masquerait, selon lui, des ambitions territoriales bien plus vastes que les simples revendications sécuritaires affichées.
L’ancien responsable gouvernemental dresse un parallèle saisissant avec la question kurde, évoquant une quête identitaire et territoriale qui transcende les frontières nationales. Dans cette optique, la Centrafrique ne serait qu’un terrain d’expérimentation pour des groupes cherchant à établir une base arrière durable. Les frontières poreuses du pays offriraient un terreau fertile à ces ambitions expansionnistes.
La mémoire politique de Reboas se révèle impitoyable lorsqu’il évoque l’historique des accords de paix. Dix-huit tentatives précédentes, autant d’échecs cuisants qui alimentent son pessimisme. Les noms de Baba Laddé et Ali Darassa résonnent comme des rappels douloureux d’une récurrence troublante. Ces figures emblématiques de la rébellion, actives depuis 2006, incarnent pour lui la persistance d’une logique de prédation plutôt que de réconciliation véritable.
La situation démographique de Birao cristallise également ses angoisses sécuritaires. Cette ville frontalière, où les réfugiés dépassent numériquement les autochtones dans des proportions inquiétantes, symbolise la vulnérabilité structurelle du territoire centrafricain. Cette configuration démographique atypique créerait, selon Reboas, un environnement propice aux manœuvres déstabilisatrices et aux infiltrations massives des rebelles soudanais.
L’ancien ministre ne se contente pas de diagnostics alarmistes. Il pointe du doigt les carences structurelles de l’accord de N’Djaména. L’absence de garanties contraignantes et l’implication de signataires aux antécédents douteux fragilisent, à ses yeux, toute perspective de paix durable. Sendé Bobo, alias Abdelkader, et Ali Darassa cristallisent cette méfiance institutionnelle, leurs parcours étant jalonnés de parjures répétés.
La critique s’étend également au système judiciaire centrafricain. Reboas déplore l’inexistence d’un code de procédure pénale adapté à la Constitution de 2025, handicap majeur dans la lutte contre l’impunité. Cette lacune juridique compromettrait l’efficacité de toute politique de réconciliation, sacrifiant la justice sur l’autel de compromis politiques hasardeux.
Malgré le respect qu’il affiche envers l’expérience présidentielle de Faustin-Archange Touadéra, Reboas assume pleinement sa posture de conseiller critique. Sa recommandation finale résonne comme un avertissement solennel : face à ces menaces multiformes, le chef de l’État doit maintenir une vigilance absolue, “dormir avec les deux yeux ouverts” pour préserver l’intégrité territoriale et institutionnelle de la République centrafricaine.
Cette prise de position courageuse d’un ancien membre du gouvernement révèle les fissures profondes qui traversent l’élite politique centrafricaine face aux défis sécuritaires. Elle souligne également la complexité des enjeux régionaux où se mêlent questions identitaires, territoriales et géopolitiques dans un contexte sahélo-saharien en pleine recomposition.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)