Obo, Haut-Mbomou : les mercenaires russes de la milice Wagner tirent une arme de gros calibre depuis la ville en direction de la RDC, terrorisant les habitants de Zapay

Rédigé le 01 mars 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans la ville d’Obo, à la frontière entre la Centrafrique et la République Démocratique du Congo, les mercenaires russes de la milice Wagner viennent de franchir un nouveau palier dans la terreur qu’ils font régner sur les populations des deux côtés de la frontière.
Pour comprendre cette histoire, il faut regarder sur la carte. La préfecture du Haut-Mbomou est une province qui partage une longue frontière avec la RDC. De l’autre côté de cette ligne, des villages congolais vivent au quotidien dans l’ombre de ce qui se passe en territoire centrafricain. Ce voisinage, autrefois ordinaire, est devenu depuis l’arrivée de la milice Wagner une source constante d’inquiétude pour les habitants des deux rives.
C’est dans ce climat déjà pesant que les faits de la soirée du jeudi 26 février ont éclaté. Les mercenaires russes de la milice Wagner se sont rendus sur le terrain de football de Obo, en pleine ville, sans se cacher. Ils ont installé une arme de gros calibre, un engin que les habitants du coin n’avaient jamais vu de leur vie, et ils ont ouvert le feu.
Le projectile a décollé dans un trait de flamme visible depuis plusieurs quartiers d’Obo. Il a survolé la ville, passant sur la ville de Mboki jusqu’à Zemio. Et il ne s’arrête pas! Le projectile a franchi la frontière et a poursuivi sa course en territoire congolais, en direction de Zapay, localité située en RDC. L’engin est retombé à cinq kilomètres de Zapay, sur sol congolais, sans que l’on sache encore avec précision ce qu’il a touché à cet endroit.
La population d’Obo, qui a assisté à toute la scène depuis le sol, n’en revenait pas. Des témoins ont vu de leurs propres yeux les mercenaires russes de la milice Wagner manœuvrer cette arme sur le terrain de football, pointer en direction du Congo et tirer. Il n’y a donc aucune place pour le doute sur l’identité de ceux qui ont appuyé sur la gâchette.
Du côté de Zapay, en RDC, la nouvelle de l’impact a semé une peur vive parmi les habitants. Dans ce village congolais vivent également des réfugiés centrafricains qui ont fui les violences de la milice Wagner en RCA. Certains se demandent si c’est précisément eux que les mercenaires russes cherchaient à atteindre, pour leur faire comprendre qu’aucune frontière ne les met à l’abri.
D’autres pensent que la milice Wagner cherche autre chose : exporter l’instabilité qu’elle a semée en Centrafrique vers le territoire congolais voisin. Créer un trouble de l’autre côté, pousser les populations à fuir, déstabiliser une zone frontalière déjà traumatisée. Les intentions exactes restent floues, mais le geste, lui, était on ne peut plus délibéré.
Ce qui est certain, c’est que la milice Wagner est la seule force présente à Obo à disposer de ce type d’armement lourd. Personne d’autre dans cette ville, y compris les soldats FACA, n’a les moyens de tirer un projectile qui franchit une frontière internationale et retombe à cinq kilomètres d’un village étranger. Le nier serait un mensonge que même la propagande habituelle de Wagner aurait du mal à faire avaler.
Car la milice Wagner excelle dans l’art de nier ce que tout le monde a vu. Demain, leurs porte-voix diront que ce n’est pas eux, que les images sont fausses, que les témoins mentent. C’est leur manière de fonctionner depuis qu’ils ont posé le pied en Afrique centrale, et cette fois-ci ne fera probablement pas exception à cette habitude bien connue.
Pendant ce temps, à Zapay, des familles congolaises ont passé la nuit à regarder le ciel, sans savoir si un autre projectile allait tomber
Par Éric Nzapa
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