Mbrès : le gendarme est-il un « savant », un « intellectuel » ou un « escroc » ?

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 Un agent de la gendarmerie déployé depuis plusieurs mois à Mbrés, dans la préfecture de la Nana-Gribizi  terrorise les usagers de la route reliant la ville à Kaga-Bandoro ou à Ndélé .

 

Dans cette ville du nord du pays, un gendarme posté au checkpoint des forces de l’ordre qualifie régulièrement les papiers des voyageurs de faux documents. Ainsi, depuis plusieurs semaines, la même scène se répète à l’entrée et à la sortie de la ville de Mbrés.

Mbrès : le gendarme est-il un « savant », un « intellectuel » ou un « escroc » ?
Un-gendarme-centrafricain-prospectant-des-bagages-a-un-barrage-routier-en-novembre-2017.-VOA-Freeman-Sipila-1-1

 

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Un contrôle comme il en existe dans presque toutes les villes du pays

 

Depuis une dizaine d’années, aucune ville centrafricaine n’échappe à la règle du contrôle mise en place par les forces de l’ordre. Un véhicule  ou une moto qui entre trouve automatiquement un barrage des forces de l’ordre. Un véhicule ou une moto qui sort en trouve un autre. Des soldats FACA tiennent parfois ces points de passage. Des gendarmes, des policiers et, selon les axes, des agents des douanes s’y relaient aussi.

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Mbrés n’échappe pas à ce dispositif. La ville se situe sur la route nationale n°8, entre Kaga-Bandoro et Bamingui, sur l’axe qui mène vers Ndélé. Deux postes encadrent la ville. L’un se trouve à l’entrée, l’autre à la sortie. Un gendarme de Mbrés y affecté sur le checkpoint contrôle les passagers qui arrivent, notamment ceux qui viennent de Ndélé ou de Kaga-Bandoro.

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« Faux documents » : la phrase qui revient à chaque passage

 

Selon plusieurs témoignages recueillis par notre rédaction, ce gendarme applique toujours le même réflexe. Un véhicule ou une moto s’arrête. Les passagers tendent leurs pièces d’identité. L’agent les examine une à une, puis conclut souvent de la même manière : « faux document ».

 

Le problème touche surtout les voyageurs venus de Ndélé, chef-lieu de la préfecture de Bamingui-Bangoran ou de Kaga-Bandoro. Beaucoup d’entre eux ne possèdent pas encore leur carte nationale d’identité définitive. Ils circulent avec un récépissé, remis par le commissariat de police ou par des agents d’Almadina en attendant la fabrication de la carte à Bangui.

 

Les récépissés d’Al Madina et les policiers de Ndélé aussi visés

 

À Ndélé, c’est la société Al Madina qui collecte les dossiers pour la carte nationale d’identité. Le commissariat de police y délivre ensuite le récépissé, en attendant que la carte définitive arrive de Bangui.

 

D’après les témoignages, le gendarme de Mbrès ne se contente pas de rejeter ces documents. Il met aussi en cause ceux qui les ont établis. Il affirme que les policiers de Ndélé écrivent mal et ne savent pas rédiger un récépissé. Il s’en prend également à la société Al Madina, qu’il accuse d’employer des agents illettrés et analphabètes qui ne savent pas écrire.

 

L’intellectuel de Mbrés , un surnom donné au gendarme crapuleux

 

Cette attitude répétée a fini par lui coller plusieurs surnoms. Certains l’appellent, avec ironie, « le savant de Mbrès ». D’autres parlent de « l’intellectuel de Mbrès », en référence à sa façon de corriger chaque document. D’autres encore emploient des mots plus durs, comme « escroc » ou « voyou ».

 

Ces surnoms ne constituent pas des preuves. Ils traduisent surtout la lassitude d’un certain nombre de voyageurs, confrontés au même scénario depuis des semaines.

 

Pour beaucoup de voyageurs sur l’axe Kaga-Bandoro–Mbrès–Bamingui–Ndélé, franchir ce point de passage est devenu source d’appréhension. Un contrôle d’identité reste une procédure normale lorsqu’il suit des règles claires. Ce que les témoins contestent, c’est l’absence de procédure visible pour établir qu’un document est réellement faux.

 

Par Norbert Massou, correspondant du CNC à Kaga-Bandoro

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