Louis-Marie Kogregbo : « Après 66 ans d’indépendance, le nouveau combat est celui de l’indépendance sociale et économique »

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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la République centrafricaine, le syndicaliste Louis-Marie Kogregbo appelle à un bilan sur les acquis sociaux et économiques.
Le 13 août 1960 marque l’accession de la République centrafricaine à l’indépendance. Dans une tribune consacrée à cet anniversaire, Louis-Marie Kogregbo, acteur de la vie sociale et défenseur des droits humains, estime que cette date doit dépasser les cérémonies officielles pour permettre un examen de la situation économique et sociale du pays.
Pour Louis-Marie Kogregbo, l’indépendance politique constitue un acquis historique. Il rappelle que la République centrafricaine a accédé à l’indépendance sous la conduite du président David Dacko, après la proclamation de la République centrafricaine le 1er décembre 1958 par Barthélemy Boganda.
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Le syndicaliste distingue les deux dates. Le 1er décembre reste la fête nationale, tandis que le 13 août commémore l’indépendance du pays.
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Louis-Marie Kogregbo : l’indépendance doit aussi profiter aux travailleurs
Dans sa tribune, Louis-Marie Kogregbo estime que l’indépendance politique doit être accompagnée d’une indépendance économique, sociale et productive.
Pour lui, un pays souverain doit pouvoir produire, créer des emplois décents et assurer une rémunération correcte à ses travailleurs. Il doit aussi garantir l’accès aux soins, à l’éducation, à l’eau et à l’électricité.
« Qu’avons-nous fait de cette indépendance ? », demande Louis-Marie Kogregbo, qui place la condition du travailleur au centre de sa réflexion.
Le syndicaliste considère que la souveraineté doit être perceptible dans la vie quotidienne. Elle doit notamment se traduire par des revenus permettant aux familles de se nourrir, de se soigner, de scolariser les enfants et de préparer la retraite.
Les arriérés de salaires restent une dette de l’État
Louis-Marie Kogregbo consacre une partie importante de sa tribune aux arriérés de salaires. Il rappelle que les travailleurs centrafricains ont connu, au fil des régimes, des périodes durant lesquelles des rémunérations sont restées impayées.
Pour le syndicaliste, le changement de gouvernement ne doit pas entraîner la disparition des droits acquis par les travailleurs.
Un régime politique peut disparaître et un gouvernement peut être remplacé, écrit Louis-Marie Kogregbo, mais les créances salariales restent dues aux travailleurs qui ont accompli leur travail.
Il défend ainsi le principe de continuité de l’État. Selon lui, les gouvernements passent, mais les obligations de l’État envers les travailleurs demeurent.
Louis-Marie Kogregbo estime également que le départ à la retraite d’un fonctionnaire avec des rappels de salaires ou des droits non liquidés constitue un problème social qui doit être traité.
Louis-Marie Kogregbo appelle à renforcer le dialogue social
Le syndicaliste reconnaît aussi les avancées enregistrées dans le dialogue entre l’État, les organisations syndicales et les employeurs.
Il cite notamment le renouvellement du Pacte national pour la stabilité sociale et la relance économique en septembre 2025, ainsi que la transformation annoncée du Conseil national permanent du travail en Conseil national du dialogue social.
Pour Louis-Marie Kogregbo, ces mécanismes doivent produire des résultats concrets. Le dialogue social ne doit pas se limiter aux réunions et aux engagements officiels.
Il doit permettre de traiter les questions liées aux salaires, au pouvoir d’achat, aux arriérés de rémunération, aux pensions, à la protection sociale et aux conditions de travail.
Le syndicaliste ajoute à cette liste la santé et la sécurité au travail, l’emploi des jeunes, la précarité, l’informalité, la réforme de l’administration publique, la fiscalité, le coût de la vie et la productivité.
Du « panier de la ménagère » au « sachet de la ménagère »
Louis-Marie Kogregbo s’intéresse également à la dégradation du pouvoir d’achat des ménages.
L’indépendance sociale est essentielle pour les travailleurs en Centrafrique, soulignant l’importance d’un dialogue social efficace et des droits des employés.
Il reprend l’expression traditionnelle du « panier de la ménagère » pour décrire la capacité d’un salaire à couvrir les besoins essentiels d’une famille. Selon lui, l’évolution du coût de la vie donne aujourd’hui le sentiment que ce panier est devenu un « sachet de la ménagère ».
Pour le syndicaliste, le paiement régulier d’un salaire ne suffit pas. Il faut également mesurer sa valeur réelle par rapport aux prix des produits et aux dépenses quotidiennes des familles.
Louis-Marie Kogregbo estime ainsi que la revendication syndicale doit porter à la fois sur la régularité des salaires et sur leur pouvoir d’achat.
Louis-Marie Kogregbo met la condition du travailleur au centre de l’indépendance
Après 66 années d’indépendance, Louis-Marie Kogregbo invite les Centrafricains à examiner les résultats obtenus sur le plan économique et social.
Il interroge la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur, le chômage des jeunes diplômés, la précarité des travailleurs et les difficultés rencontrées par de nombreuses familles.
Le syndicaliste s’interroge également sur la capacité de la Centrafrique à transformer ses ressources naturelles en emplois et en richesses profitant davantage à la population.
Pour Louis-Marie Kogregbo, l’indépendance ne doit pas seulement être visible à travers les drapeaux, les cérémonies et les discours officiels.
Elle doit aussi se retrouver dans l’assiette du travailleur, son bulletin de salaire, son logement
Par Éric Azoumi
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