Lim-Pendé : affrontements entre les soldats FACA à Mann pour le contrôle des barrières de racket

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 octobre 2025, la ville de Mann, dans la préfecture de Lim-Pendé dont le chef-lieu est Paoua, a connu des affrontements violents entre soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Des éléments du 8e Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT-8) et leurs collègues du 9e Bataillon d’Infanterie Territoriale (BIT-9) se sont affrontés pour le contrôle des barrières de racket érigées dans la ville.
Selon nos sources sur place, les deux groupes de militaires se sont livrés à des échanges de tirs d’armes intensifs dans la ville. Ils ont tiré en l’air, terrorisant la population qui n’a pas pu dormir de la nuit à cause de cette fusillade.
L’objet de ce conflit entre militaires ? Le contrôle des barrières, ces checkpoints où les soldats rackettent la population de manière continue. À chaque passage, les passagers, qu’ils soient en moto, en vélo ou en véhicule, doivent payer. Cette pratique illégale de racket est devenue la principale source de revenus pour les militaires mal payés ou pas payés du tout par le gouvernement.
Mann se trouve sur un axe stratégique menant directement à la frontière avec le Cameroun et le Tchad, et plus précisément au marché de Mbaïmboum au Cameroun. Les habitants des différentes préfectures : Ouham, Ouham-Pendé, Lim-Pendé, Nana-Mambéré et autres vont massivement dans ce marché camerounais pour acheter des marchandises qu’ils revendent ensuite en Centrafrique. Le trafic est donc intense sur cette route.
Cette route rapporte des manes financières considérables aux militaires qui contrôlent les barrières. C’est de l’or pour les forces de l’ordre qui se partagent les recettes du racket. Et c’est précisément pour le contrôle de cette poule aux œufs d’or que les soldats du BIT-8 et du BIT-9 se sont affrontés cette nuit.
La situation est confuse sur le plan de la juridiction territoriale. Il faut préciser qu’il existe deux préfectures distinctes dans cette région : la préfecture de Lim-Pendé dont le chef-lieu est Paoua, et la préfecture de l’Ouham-Pendé dont le chef-lieu est Bozoum. Mann se trouve dans la préfecture de Lim-Pendé.
Normalement, le BIT-8 est basé à Paoua, le chef-lieu de Lim-Pendé. Le BIT-9, lui, devrait être basé dans l’Ouham-Pendé, mais parfois on le retrouve vers Bocaranga. Les limites de juridiction entre ces deux bataillons ne sont pas claires, ou ne sont pas respectées.
Dans le cas présent, des éléments du BIT-9 ont quitté leur zone pour venir dans la juridiction du BIT-8, à Mann. Cette intrusion a créé un conflit territorial entre les deux bataillons. Chacun revendique le contrôle des barrières lucratives de Mann. Et comme personne n’arbitre, comme il n’y a pas de hiérarchie militaire qui impose le respect des juridictions, les deux groupes règlent le conflit par les armes.
Cette situation montre plusieurs choses graves sur l’état des Forces Armées Centrafricaines sous le régime Touadéra.
Premièrement, les militaires sont devenus des racketteurs. Leur mission n’est plus de protéger la population, mais de la racketter. Les barrières qui devraient servir à sécuriser les routes sont devenues des points de taxation illégale où chaque passant doit payer pour avoir le droit de circuler.
Deuxièmement, les militaires se battent entre eux pour le contrôle des zones de racket les plus lucratives. Au lieu de combattre les groupes armés ou de protéger les civils, ils s’affrontent entre unités des FACA pour savoir qui va racketter la population de telle ou telle zone.
Troisièmement, il n’y a plus de hiérarchie militaire fonctionnelle. Si la hiérarchie fonctionnait, elle définirait clairement les zones de juridiction de chaque bataillon et ferait respecter ces limites. Mais manifestement, chaque bataillon fait ce qu’il veut, va où il veut, sans que personne ne le contrôle.
Quatrièmement, les militaires terrorisent la population en toute impunité. Tirer des armes en l’air toute la nuit dans une ville, empêchant les habitants de dormir, est un acte grave. Mais ces militaires savent qu’ils ne seront pas sanctionnés. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent à la population.
Cette affaire des barrières de racket est un problème national en Centrafrique. Sur tous les axes routiers du pays, les militaires des FACA, les gendarmes, les policiers, et parfois même les Mercenaires russes de Wagner ont érigé des barrières où ils taxent illégalement les passants.
Ces barrières sont devenues une véritable industrie. Les militaires qui les contrôlent gagnent beaucoup plus d’argent avec le racket qu’avec leur salaire officiel, quand ils sont payés. Certaines barrières sur des axes très fréquentés peuvent rapporter plusieurs millions de francs CFA par mois.
Le gouvernement est parfaitement au courant de cette situation. Touadéra sait que ses soldats rackettent la population. Mais il ne fait rien pour l’arrêter. Peut-être parce qu’il considère que c’est une façon pour les militaires de se payer eux-mêmes quand l’État n’a pas d’argent pour les payer. Peut-être aussi parce qu’une partie de cet argent du racket remonte jusqu’aux généraux et aux ministres.
Le résultat est une armée complètement corrompue, indisciplinée, qui terrorise la population au lieu de la protéger. Et maintenant, en plus de terroriser les civils, les différentes unités de cette armée s’affrontent entre elles pour le contrôle des zones de racket.
La population de Mann a passé une nuit blanche à cause de cette fusillade entre soldats. Les habitants ont eu peur. Ils ne savaient pas ce qui se passait. Ils entendaient des tirs partout. Ils craignaient une attaque de groupes armés ou un coup d’État. Mais non, c’était juste leurs propres soldats qui se battaient pour savoir qui allait les racketter.
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Ce qui était présenté au départ par l'ingénieur du projet, Robert Patrick Veret, comme une "disparition de documents" s'avère être, à la lumière des dernières investigations journalistiques de la rédaction du CNC, un complot mafieux de grande envergure. Au cœur de cette entreprise de spoliation se trouve un homme désormais formellement identifié : Mamadou Ramady, ancien président du conseil d'administration de l'institution, soutenu par une clique d’anciens dignitaires déchus prêts à tout pour capter une manne de 34 milliards de francs CFA promise par les pays du Golfe. 1. LA GENÈSE DU « PROJET KODOU » : LA VISION SÉQUESTRÉE DE L’IMAM KOBINE L’histoire de ce projet pharaonique commence entre 2016 et 2017. L’Imam Oumar Kobine Layama, alors émissaire de la paix et président du conseil islamique, charge une équipe technique composée de l’ingénieur Robert Patrick Veret, d’un maître d’œuvre et du ministre Kaïdjama, de concevoir un complexe scolaire moderne. Initialement chiffré à 1 228 874 970 francs CFA, le projet séduit les investisseurs d'Abu Dhabi (Émirats arabes unis). Ces derniers exigent sa démultiplication à l'échelle nationale : 12 complexes scolaires, mosquées et hôpitaux répartis dans 9 préfectures de la RCA. C'est la naissance du « Projet Kodou », évalué au total à 34 milliards de francs CFA. Mais le 28 novembre 2020, le décès brutal de l’Imam Kobine gèle le processus et ouvre la porte aux vautours. 2. LES MANŒUVRES DE MAMADOU RAMADY : LE BLOCUS ET LE VOL DES SECRETS Profitant du désarroi général immédiatement après le décès du guide spirituel, Mamadou Ramady s’est empressé de visiter la veuve du défunt. En abusant de la confiance de l’épouse de l’Imam Kobine, il est parvenu à sceller et bloquer l’accès de la bibliothèque aux autres membres du Conseil islamique. Ce blocus criminel n'avait qu'un but : dissimuler les archives importantes et s'approprier les secrets administratifs du Projet Kodou. Ne s'arrêtant pas là, Mamadou Ramady a fait main basse sur : L'ordinateur personnel de l'Imam Kobine (contenant tous les emails, les plans techniques et les correspondances cryptées avec Abu Dhabi). Le téléphone portable et les codes d'accès du défunt. La carte bancaire personnelle et les comptes du dignitaire, qu'il conserve indûment pour opérer de douteuses transactions financières dans l'ombre et vider les ressources du Conseil à des fins strictement personnelles. Lorsque l'ingénieur Robert Patrick Veret et le ministre Kaïgama l'avaient interrogé à l'époque sur la suite des événements, Mamadou Ramady s'était muré dans un mutisme total après leur avoir lancé avec arrogance : « J’ai l’ordinateur, j’ai le téléphone, j’ai l’adresse email, j’ai tout de l’imam avec moi ». 3. LA GÉOGRAPHIE D'UN PROJET INCLUSIF PRIS EN OSTAGE Le Projet Kodou, aujourd'hui les fonds sont bloqués à la Banque Centrale en raison de ces conflits d'intérêts, devait pourtant bénéficier à l'ensemble de la population centrafricaine, sans distinction de religion. Les démarches foncières et cadastrales avaient déjà été validées sur plusieurs sites clés : Localité / Ville Infrastructures prévues & Statut foncier Landia (9e Arrondissement) Site pilote, choix de la pose de la première pierre avec maquette visuelle. Bouboui (Route de Boali) Complexe scolaire œcuménique ouvert aux musulmans et chrétiens, adossé à un grand hôpital de campagne. Sibut, Damara, Dékoa, Bouar : Terrains sécurisés auprès des mairies et des services du Cadastre (Mambéré-Kadéï). Bambari, BangassouAnalyses de : sol effectuées et dossiers techniques finalisés. Bria, Birao, NdeléArbitrage régional pour l'implantation du pôle Nord-Est. 4. L'ALLIANCE MAFIEUSE ET LE COMPLOT DES ANCIENS DIRIGEANTS L'enquête journalistique révèle que Mamadou Ramady n'agit pas seul. Il s'est associé à l'ancienne faction déchue par intérim du CSISCA, notamment l'ancien président par intérim, Ahmat Deléris Rator. Ce dernier, qui avait fait malin de ne rien savoir lorsque l'équipe technique était venue l'alerter dans son bureau provisoire (« L'Imam Kobine n'a jamais fait un tel projet »), cherchait en réalité à gagner du temps pour spolier la communauté. Pour déstabiliser le nouveau bureau légitime élu et investi en début d'année 2026 sous la direction de l'Imam Ouassélégué, cette clique utilise des méthodes criminelles : intimidations constantes, harcèlement et tentatives de putsch institutionnel. Le rôle de l'argentier Alamine Baraka Pour financer ce désordre et acheter des soutiens, l'ancienne équipe bénéficie des largesses financières d'Alamine Baraka, un homme d'affaires choyé par le pouvoir politique. Ce dernier distribue de généreuses faveurs pour entretenir la clique de Ramady. En contrepartie de son investissement, un pacte secret a été conclu : si le coup d'État institutionnel réussit, Baraka sera installé à la tête du très lucratif comité de pèlerinage, avec la complicité de ses pions actifs dans l'ombre, Katara Zanaba et Rachida Mamba. La foi des pèlerins centrafricains se transformerait alors en un commerce hautement rentable pour la mafia déchue. LA VICTOIRE DES URNES FACE À LA VANITÉ Devant la foule de fidèles massée à la mosquée de Yapélé, l’Imam Abdoulaye Ouassélégué a balayé ces convoitises financières d’un revers de manche. Qualifiant les ambitions de Mamadou Ramady, d'Ahmat Deléris Rator et de leurs complices de « pure vanité », le guide spirituel a fermement proclamé la défaite des comploteurs. Les tricheurs et les pilleurs, bien qu'ils tentent d'acheter une façade de respectabilité auprès du régime en lui versant des fonds, ont été définitivement balayés par la légitimité des urnes et du droit en cette année 2026. L'ingénieur Robert Patrick Veret, détenteur des doubles des documents, et le nouveau bureau exécutif veillent désormais : les 34 milliards du Projet Kodou appartiennent aux fidèles et aux enfants de la RCA, et non à la mafia qui a pillé l'héritage de l'Imam Kobine. Par Alain Nzilo Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2023/06/Ahmat-Deleric-Rator-218x150.jpg)
