Mboli-Goumba compare le “hold-up” électoral de Touadéra en 2025 à celui de Bozizé en 2011 et dénonce la complaisance française
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans son interview avec Jean-Fernand Koéna et Éric Sabbé, Maître Crépin Mboli-Goumba, coordinateur du Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC) et président du parti PATRIE, établit un parallèle clair entre les élections de 2011 sous François Bozizé et celles de 2026 sous Faustin-Archange Touadéra.
En 2011, le parti KNK de Bozizé détenait une ultramajorité à l’Assemblée : sur 109 députés, environ 105 appartenaient au parti au pouvoir. Mboli-Goumba qualifie ce scrutin de hold-up électoral. L’Union européenne, via l’ambassadeur Guy Samson, avait refusé d’assister à l’investiture du président Bozizé. Tous les appuis financiers de la communauté internationale avaient été retirés à cause de ce hold-up. En revanche, l’ambassadeur de France, Christian Vidal, avait assisté à l’investiture.
Aujourd’hui, en 2026, Mboli-Goumba observe les mêmes constantes : un parti au pouvoir ultramajoritaire, ici le MCU. L’Union européenne a refusé de financer ces élections, attendant de voir les conséquences logiques qu’elle tirera de scrutins qu’il juge tout à fait illégitimes. Mais la France, par la voix du président Macron, a été prompte à reconnaître ces élections illégitimes.
Il insiste sur ce contraste : en 2011, la France avait assisté à l’investiture malgré le hold-up dénoncé, tandis que l’UE se retirait. En 2026, l’UE maintient sa distance, mais la France reconnaît rapidement le résultat. Mboli-Goumba dit cela sans polémique, mais pour souligner la complaisance française face à un processus qu’il décrit comme issu d’un référendum proscrit par la Cour constitutionnelle, avec violations du code électoral par l’ANE (changement des règles en cours, refus de procès-verbaux aux représentants des candidats).
Ces élections, selon lui, reposent sur un postulat faussé et ne résolvent pas la grave crise politique en Centrafrique. Le BRDC, qui a boycotté le scrutin, aborde la période avec sérénité : le régime apparaît moribond, le Rubicon franchi par Touadéra via la violation de son serment et de la Constitution de 2013. Mboli-Goumba répète que nous assistons à la fin d’un cycle, avec des paramètres qui se mettent en place pour un régime non viable sur les plans économique, sécuritaire et politique.
Il appelle à éviter les erreurs de 2012-2013 : Bozizé avait signé des accords qui lui offraient trois années supplémentaires sans se représenter, mais entouré de conseillers trompeurs, il a persisté et conduit à la chute. Touadéra, touché par la grâce, pourrait encore s’asseoir pour un vrai dialogue et redéfinir le cadre politique.
Par Gisèle MOLOMA
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