Le Président de l’assemblée nationale  Simplice Mathieu Sarandji  déclare clause la velléité du Président Touadera de réviser ou de changer la constitution

Publié le 4 octobre 2022 , 8:13
Mis à jour le: 5 octobre 2022 12:57

 

 

Après avoir perdu la bataille juridique autour de son projet illégal de la nouvelle constitution, puis celles de l’esprit, de la crédibilité et des cœurs, le Président Touadera est en passe de perdre la bataille d’homme à homme avec son ami, le Président de l’Assemblée nationale  Simplice Mathieu Sarandji. Dans son allocution  à la cérémonie d’ouverture de la deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale  lundi, Simplice Mathieu Sarandji a désavoué, sans ambiguïté ,le Président de la République,  le professeur Faustin Archange Touadera sur son projet suicidaire du troisième mandat et l’appelle au calme.

Le Président de l'assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, le 3 octobre 2022
Le Président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, le 3 octobre 2022

 

Rédigé par Gisèle MOLOMA

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le mercredi 5 octobre 2022

 

Président de l’assemblée nationale  Simplice Mathieu Sarandji  déclare clause la velléité du troisième mandat de Touadera

 

Après avoir été longtemps discrédité par les proches du Président de la République, Simplice Mathieu Sarandji, du haut de son trône à l’Assemblée nationale , règle ses comptes, non seulement au Président de la République, mais également à son premier vice-président, le sulfureux Évariste Ngamana, l’actuel Président du comité illégal chargé de la rédaction de la nouvelle constitution.

Comme disait le Président de l’Assemblée nationale  Simplice Mathieu Sarandji, Il est vrai que cette deuxième session ordinaire de l’Assemblée nationale  est consacrée à l’examen du budget 2023. Mais il n’en demeure pas moins que certains évènements, hautement politiques, et qui pourraient impacter notre société, fait l’objet d’une attention particulière des élus du peuple.

« Il s’agit, vous vous en doutez bien, de la problématique de révision de la Constitution du 30 mars 2016 ou de rédaction d’une nouvelle Constitution. Cette question a suscité tant de passion ; tant de déclarations des pour et des contre », déclare le Président de l’Assemblée nationale  Simplice Mathieu Sarandji dans son allocution à l’ouverture de cette session lundi.

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La cour constitutionnelle siffle le dernier mot

 

Cependant, l’homme de Baoro a précisé également que Tout texte déclaré inconstitutionnel est nul et de nul effet ; il ne peut être ni promulgué ni appliqué. S’il est en vigueur, il est retiré de l’ordonnancement juridique ».

Ainsi, les décrets portant création du Comité chargé de rédiger le projet de la nouvelle Constitution de la République centrafricaine , puis ceux  entérinant la désignation des membres dudit Comité, sur saisine de certains de « nos compatriotes », soit individuellement, soit collectivement, la Cour Constitutionnelle, siégeant en audience solennelle le 23 septembre 2022 a, par Décision N°009/CC/22, jugé inconstitutionnels tous les Décrets cités précédemment.

Pour le Président de l’Assemblée nationale  Simplice Mathieu Sarandji, l’article 106 de la Constitution du 30 mars 2016 stipule que « Les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, et à toute personne physique ou morale ». « Tout texte déclaré inconstitutionnel est nul et de nul effet ; il ne peut être ni promulgué ni appliqué. S’il est en vigueur, il est retiré de l’ordonnancement juridique ».

En déclarant ceci, Simplice Mathieu Sarandji rappelle le Président de la République à l’ordre, car, depuis la décision de la cour constitutionnelle, ce comité déclaré illégal continue non seulement ses activités, mais promet de remettre au Président de la République son projet de la nouvelle constitution d’ici la fin de l’année.

 

Querelle à l’assemblée nationale  

 

Pour l’un de nos journalistes présents dans l’hémicycle, la tension s’est très vite remontée au sein des députés du MCU et des députés  indépendants qui les soutiennent après le discours du président de l’Assemblée nationale, déclarant la fin de l’épisode de la révision de la Constitution ou de la réécriture de la nouvelle Constitution.

Pour ces élus de la nation, en ciblant juste les décrets querellés et ayant fait l’objet des recours en constitutionnalité des opposants à leur régime comme origine et historique de cette affaire, l’honorable Simplice Mathieu Sarandji veut tout simplement faire noyer son ami, le président Faustin Archange Touadera, et prendre son fauteuil alors qu’il était lui-même impliqué dans plusieurs étapes de ce processus.

Pour les députés du MCU proches de Simplice Mathieu Sarandji, même si celui-ci est impliqué dans plusieurs étapes du processus, il n’a pas pris une action qui viole directement la Constitution du 30 mars 2016 comme l’a fait son ami Touadera ou son vice-président Ngamana.

« Simplice Mathieu Sarandji a simplement remarqué que l’Assemblée actuelle, à elle seule, ne peut procéder à la révision de la Constitution. Voilà pourquoi, il a tout simplement suggéré au président Touadera et à son gouvernement de mettre en place une Constituante. Il n’a pas précisé, non plus, si la Constituante doit être dérivée ou originelle. Et l’on ne viole pas une Constitution avec juste une correspondance administrative. Simplice Mathieu Sarandji, bien qu’il historien-géographe de formation, il sait au moins lire le droit » a fait savoir à la rédaction un honorable du MCU au sortir de l’hémicycle.

Contacté par CNC, un député de l’opposition affirme que la bataille est devenue une bataille d’homme à homme entre d’une part, Sarandji, secrétaire général du parti présidentiel, président de l’Assemblée nationale et Touadera, membre d’honneur du parti et président de la République, et d’autre part, entre Sarandji et Ngamana, vice-président de l’Assemblée nationale et président en exercice du comité illégal de la rédaction de la nouvelle Constitution que Sarandji rappelle dans son discours qu’il n’a plus sa raison d’être. Entre ces derniers, la tension et la nervosité sont perceptibles.

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