Le BRDC dénonce un simulacre électoral et réclame un dialogue national

Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
À Bangui, au siège du parti PATRIE, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution s’est exprimé fermement ce lundi 12 janvier sur la situation politique centrafricaine. Martin Ziguelé, porte-parole de cette coalition d’opposition, a livré un réquisitoire sans complaisance contre le processus électoral en cours.
Créé en juillet 2022, le BRDC s’est donné pour mission de protéger la Constitution du 30 mars 2016. L’organisation combat ce qu’elle perçoit comme une dérive vers un pouvoir personnel incarné par le président Faustin-Archange Touadéra. Selon ses responsables, les événements actuels confirment leurs craintes initiales de manière dépassant même leurs prévisions les plus pessimistes.
Martin Ziguelé a ouvert la conférence en adressant ses vœux à la presse centrafricaine, reconnaissant son rôle dans la transmission du message de l’opposition. Il a ensuite présenté les salutations du BRDC à l’ensemble des Centrafricains, tant ceux résidant au pays que ceux de la diaspora, ainsi qu’aux personnes ayant choisi la Centrafrique comme terre d’accueil.
L’opposition rejette catégoriquement ce qu’elle qualifie d’élection frauduleuse. Le BRDC affirme que la majorité des compatriotes et les observateurs objectifs reconnaissent désormais la pertinence de leur demande initiale concernant un dialogue politique préalable au scrutin. Cette étape aurait permis d’éviter ce que l’organisation décrit comme un spectacle déplorable offert au monde entier.
Le porte-parole a pointé du doigt les responsables de cette situation. En premier lieu, le président Touadéra et ceux qui l’accompagnent dans cette entreprise, légitimant selon lui un régime autoritaire né d’un scrutin opaque ne reflétant nullement la volonté populaire. Le BRDC renvoie dos à dos tous les acteurs impliqués dans cette opération électorale.
Malgré ce constat sévère, l’organisation veut rassurer ce qu’elle appelle les combattants de la liberté. L’année 2026 apportera, selon ses dirigeants, la juste récompense aux résistants. Le BRDC affirme bénéficier du soutien d’une écrasante majorité du peuple qui a choisi de rester chez soi le jour du vote, contestant ainsi les chiffres officiels de participation annoncés par l’Autorité nationale des Élections.
L’opposition salue particulièrement la position de l’Union européenne, principal bailleur de fonds du pays. Cette institution n’a envoyé aucune mission d’observation et n’a pas financé le scrutin, à l’exception de la prise en charge du fichier électoral. Ce retrait représente pour le BRDC une validation internationale de ses griefs.
Martin Ziguelé a critiqué vertement l’Autorité nationale des Élections, la jugeant incompétente et aux ordres. Il anticipe une validation de ces résultats par un Conseil constitutionnel qu’il estime inféodé au pouvoir exécutif. Dans ces conditions, aucune transparence ni crédibilité ne peut être garantie selon l’opposition.
Les rapports d’observation de l’Union africaine et d’autres organismes ont été qualifiés de fantaisistes par le BRDC. Ces documents ne peuvent tromper les Centrafricains ayant vécu directement les multiples péripéties du processus électoral. L’organisation exprime également son indignation face au comportement de la Minusca, accusée de partialité envers le régime en violation de son mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le BRDC appelle maintenant à élargir la lutte politique démocratique et pacifique vers un objectif principal : la restauration d’une véritable démocratie. L’organisation réaffirme son exigence d’un dialogue politique préalable et d’une réforme complète de la gouvernance électorale. Chacun a constaté les capacités de l’ANE, selon les mots du porte-parole.
Cette refonte constitue la seule garantie pour que les voix exprimées correspondent réellement aux résultats sortis des urnes. La situation actuelle montre que les dérives autoritaires ont remplacé l’État de droit dans un silence généralisé. Le BRDC établit qu’aucune alternance politique n’est envisageable dans le cadre de ce qu’il nomme la pseudo-constitution du 30 août 2023. La survie de la démocratie et de la République dépend de la mobilisation collective, a conclu Martin Ziguelé ce 12 janvier 2026 depuis le siège du PATRIE à Bangui.
Par Brahim Sallé
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)