Le braquage de Zemio : un Soldat FACA derrière l’attaque

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’enquête menée par la rédaction de CNC apporte un éclairage nouveau sur le braquage qui s’est déroulé dans la nuit du dimanche 7 au lundi 8 décembre 2025 à Zemio. Un soldat des forces armées centrafricaines serait l’auteur de cette agression au cours de laquelle un gestionnaire d’hôpital a été grièvement blessé.
Les faits se sont produits à la résidence où logent les équipes de l’ONG Alertes Humanitaires. Vers minuit, des hommes armés ont frappé à la porte de la chambre occupée par le gestionnaire financier de l’hôpital secondaire de la ville. Devant le silence de l’occupant, terrifié, les assaillants ont ouvert le feu à travers le battant. Plusieurs balles ont atteint la victime qui se trouvait à l’intérieur.
Les recherches effectuées par notre rédaction confirment ce que le système d’alerte précoce avait déjà signalé : il ne s’agit pas d’un simple braquage crapuleux. Le gestionnaire avait eu des démêlés avec un militaire FACA quelques semaines auparavant. L’origine du conflit ? Une histoire de femme dans la localité. Le soldat avait d’ailleurs déjà menacé sa victime, lui promettant des conséquences.
L’attaque était donc calculée, préparée. Le militaire a monté cette opération pour régler ses comptes personnels, se servant de son arme et de complices pour intimider et blesser celui qu’il considérait comme un rival. Les tirs ont été dirigés uniquement vers la chambre du gestionnaire, épargnant les autres pièces de la résidence, ce qui confirme le caractère ciblé de l’agression.
Junior Nambeï, le chef de projet de l’ONG Alertes Humanitaires, dormait dans la chambre voisine. Réveillé par les coups de feu, il s’est immédiatement couché au sol en suivant les procédures de sécurité. Quelques balles ont traversé le mur de sa chambre mais il n’a pas été touché. Les autres membres du personnel humanitaire se sont ensuite réfugiés.
Après l’attaque, la gendarmerie, les casques bleus népalais et les autorités locales se sont rendus sur les lieux. Le blessé a été pris en charge et a été évacuée vers Obo par un vol du CICR. Les humanitaires ont perdu de l’argent, des documents d’identité, des badges et du matériel informatique lors de l’intrusion.
Ce que cette affaire montre surtout, c’est la situation qui règne actuellement dans le pays. L’impunité est devenue la règle. Les soldats commettent des actes répréhensibles sans jamais être sanctionnés. Qu’il s’agisse de vol, d’agression ou même de crimes plus graves, aucune conséquence ne vient punir ces comportements. Cette absence totale de discipline crée un sentiment de toute-puissance chez certains militaires qui s’estiment autorisés à faire ce qu’ils veulent.
Le soldat impliqué dans cette affaire savait qu’il pouvait agir sans craindre de sanctions. Il a utilisé son arme de service pour régler un différend personnel, transformant une querelle amoureuse en tentative d’assassinat. Les forces de l’ordre basées à Zemio sont pourtant intervenues après les faits, mais personne ne semble s’interroger sur le fait qu’un de leurs hommes puisse être l’auteur de l’attaque.
Les habitants de Zemio vivent dans la crainte. Quand ceux qui sont censés protéger la population deviennent eux-mêmes une menace, la confiance disparaît. Les humanitaires présents sur place réévaluent leurs dispositifs de sécurité, mais comment se protéger quand le danger vient de l’armée elle-même ?
L’ONG Alertes Humanitaires poursuit ses activités malgré cet incident. La ville a retrouvé un calme apparent mais la tension reste perceptible. Le gestionnaire blessé lutte pour sa vie tandis que son agresseur présumé circule librement, protégé par l’uniforme qu’il porte.
Par Michel Zingo….
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