Hugues Francis Mongombé : « Une mission suicidaire pour des Élections groupées irréalisables….

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Hugues Francis Mongombé dénonce le calendrier électoral du 28 décembre 2025 comme une « mission suicidaire », accusant le gouvernement Touadera d’improvisation et de fraude électorale en préparation….
Dans l’émission Débat Patara sur la radio Ndèkè-Luka, animée par Armando Yanguendji, Hugues Francis Mongombé, vice-président du parti ITA, a livré une critique virulente du processus électoral centrafricain, qualifiant le calendrier fixé au 28 décembre 2025 pour les Élections groupées (présidentielle, législative, municipale et régionale) de « mission suicidaire ». Face à Davy Yama, commissaire à l’Autorité Nationale des Élections (ANE), Hugues Francis Mongombé a dénoncé un processus entaché par l’improvisation, le manque de transparence et une volonté évidente du gouvernement du président Touadera de manipuler les Élections pour asseoir son pouvoir. Ses propos montre clairement une crise de légitimité qui menace la démocratie centrafricaine, révélant un système où les institutions sont instrumentalisées pour servir les intérêts du régime de Baba Kongoboro….
Hugues Francis Mongombé commence par souligner l’irréalisme du calendrier électoral. Organiser quatre scrutins simultanés en seulement quatre mois pour une population d’environ 6 millions d’habitants, répartie sur 623 000 kilomètres carrés, est, selon lui, une entreprise vouée à l’échec. Il pointe l’état délabré des infrastructures routières, particulièrement en saison pluvieuse, qui rend la logistique électorale quasi impossible. « Comment humainement ils vont réussir un tel pari ? », s’interroge-t-il, accusant l’ANE et le gouvernement de sous-estimer les défis techniques et financiers. Cette précipitation, loin d’être un simple manque de compétence, reflète, selon Hugues Mongombé, une stratégie délibérée pour marginaliser l’opposition et fausser le jeu démocratique. Il voit dans ce calendrier un outil conçu pour désavantager les adversaires politiques du président Touadera, limitant leur capacité à organiser une campagne efficace….
L’absence de concertation avec les acteurs politiques et la société civile est un point central de sa critique. La constitution et le code électoral exigent un cadre de concertation permanent réunissant le gouvernement, les partis politiques et la société civile pour garantir un processus transparent et inclusif. Pourtant, Mongombé affirme que ce cadre est devenu un « pot de fleur », une coquille vide où les décisions sont prises unilatéralement par le pouvoir en place. Il accuse le gouvernement Touadera de contourner ce mécanisme pour imposer un chronogramme irréaliste, conçu pour désavantager les opposants et limiter leur capacité à mobiliser. Cette marginalisation des voix dissidentes, selon lui, est une preuve de l’autoritarisme du régime, qui privilégie son agenda politique au détriment de la démocratie….
Un autre grief majeur concerne la gestion du fichier électoral. Hugues Francis Mongombé s’indigne de la décision de permettre à environ 8 000 électeurs de voter sans carte biométrique, en utilisant des pièces d’état civil. Il qualifie cette mesure de « nid à la fraude », arguant qu’elle viole l’article 29 du code électoral, qui exige des garanties de fiabilité pour toute modification des règles d’identification des électeurs. Cette décision, validée par le ministre de l’Administration du territoire, Bruno Yapandé, sans consensus préalable, est perçue comme une tentative claire de manipuler le scrutin. Hugues Francis Mongombé affirme que le pouvoir cherche à faire voter des individus non identifiés pour gonfler les résultats en faveur du président Touadera. « Aujourd’hui, on écarte tous les acteurs, on décide seul », martèle-t-il, dénonçant une gouvernance autoritaire qui sacrifie l’état de droit pour des intérêts partisans….
Hugues Francis Mongombé va plus loin, qualifiant le processus électoral de « campagne de chicote électorale », une métaphore saisissante pour décrire une entreprise punitive visant à intimider et marginaliser l’opposition. Il accuse le gouvernement de transformer les élections en un outil de répression plutôt qu’en un exercice démocratique. Cette « punition » se manifeste par des décisions unilatérales, comme la convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour modifier le code électoral en pleine période pré-électorale. Mongombé y voit une atteinte grave à l’état de droit : « Lorsqu’on tripote tous les jours une loi, cette loi n’est plus une loi pour tous. […] Elle est construite pour plaire à une personne ou une catégorie de personnes ». Cette personnalisation de la loi, selon lui, sert directement les intérêts du président Touadera et de son entourage, au mépris des principes d’impartialité et de généralité qui doivent régir un cadre légal….
L’improvisation et la précipitation dénoncées par Hugues Francis Mongombé sont également illustrées par les problèmes techniques rencontrés par l’ANE. Les tablettes vétustes utilisées pour le recensement électoral ont empêché la biométrisation de milliers d’électeurs, un échec que Davy Yama attribue à des contraintes techniques, mais que Mongombé considère comme un symptôme d’une mauvaise gouvernance systémique. Il critique l’ANE pour son manque de proactivité, arguant que ces problèmes auraient pu être anticipés et résolus en amont si le gouvernement avait pris ses responsabilités. « Gouverner, c’est prévoir », répète-t-il, accusant le pouvoir de n’avoir ni prévu ni mobilisé les ressources nécessaires pour des élections crédibles. Cette négligence, selon lui, reflète l’incapacité du régime Towa à assumer ses obligations régaliennes, préférant s’appuyer sur des bailleurs étrangers plutôt que de mobiliser des ressources nationales….
Hugues Francis Mongombé prédit que ce processus vicié conduira à une crise post-électorale. « Nous sommes déjà en crise », affirme-t-il, pointant une crise juridique née du non-respect des textes légaux. Les modifications incessantes du code électoral, les décisions unilatérales et l’exclusion des acteurs de l’opposition et de la société civile créent un « schéma chrysogène » qui, selon lui, est délibérément orchestré par le gouvernement. Il avertit que les frustrations engendrées par l’impossibilité pour certains électeurs de voter, ou pour des candidats de se présenter dans des conditions équitables, pourraient déboucher sur des tensions politiques majeures, voire un boycott par l’opposition. Le BRDC, coalition de partis d’opposition, a déjà exprimé son manque de confiance en l’ANE et le Conseil constitutionnel, renforçant les craintes d’un scrutin contesté….
Face à ces accusations, Davy Yama adopte une posture défensive, insistant sur le respect des délais constitutionnels et la nécessité de tenir les élections pour éviter un vide institutionnel. Il affirme que l’ANE travaille dans le respect des lois et que les difficultés techniques, comme les problèmes de biométrisation, ont été présentées en toute transparence lors des journées d’information du cadre de concertation. Cependant, Mongombé rejette ces justifications, les qualifiant de prétextes pour masquer l’incompétence et les intentions manipulatrices du pouvoir. Il reproche à l’ANE sa proximité avec le gouvernement, qui compromet son indépendance et sa crédibilité. Selon lui, l’institution, censée être un organe technique impartial, est devenue un instrument au service du régime Touadera, incapable de garantir un processus électoral transparent….
Hugues Francis Mongombé insiste sur l’urgence d’une concertation nationale pour redéfinir les règles du jeu. Il rappelle que la loi prévoit un cadre de concertation pour résoudre les blocages, mais que le gouvernement l’a ignoré, préférant imposer ses décisions. Cette absence de dialogue, combinée à des ressources insuffisantes – notamment un déficit de financement de plus de 2 milliards pour le matériel électoral – renforce l’impression d’un processus biaisé. Mongombé souligne que même des pays mieux équipés financent leurs élections avec leurs propres moyens, critiquant la dépendance de la Centrafrique aux bailleurs étrangers, un autre signe de la faiblesse de la gouvernance sous Towa. Il déplore que le gouvernement n’ait pas anticipé ces défis, laissant le pays dans une situation de vulnérabilité à quatre mois des échéances.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)