Soudan : Des réfugiés centrafricains dénoncent le détournement de l’aide humanitaire à leur détriment

Rédigé le .
Par : la rédaction de Centrafrique” data-wpel-link=”external” rel=”external noopener noreferrer”>Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Un responsable des réfugiés centrafricains au Soudan dénonce sur les réseaux sociaux l’exclusion méthodique de ses compatriotes des distributions d’aide humanitaire malgré leur recensement officiel à plusieurs reprises.
Une déclaration relayée massivement sur les réseaux sociaux découvre les conditions difficiles des réfugiés centrafricains au Soudan. Un vieux papa, responsable des réfugiés centrafricains, installés au Soudan près de la frontière, a dénoncé publiquement les pratiques de certaines organisations humanitaires dans ce pays voisin qui excluent les Centrafricains des distributions d’aide.
Notons que ces réfugiés avaient fui leur pays en 2020 lors des violents affrontements intercommunautaires qui avaient opposé les Rounga, les Kara appuyés par les Goula dans toutes les régions du nord de la RCA. À cette époque, la situation était devenue incontrôlable avec des armes qui crépitaient de partout, poussant de nombreuses familles à abandonner leurs foyers.
Devant cette violence, beaucoup s’étaient d’abord regroupés devant la base de la Minusca avant de prendre la décision difficile de franchir la frontière pour chercher refuge au Soudan. Une fois arrivés dans ce pays voisin, ils avaient été dûment recensés et identifiés comme réfugiés centrafricains par les autorités compétentes et les organisations humanitaires présentes sur place.
Le processus d’enregistrement s’était déroulé normalement. Les organisations humanitaires avaient pris leurs noms, établi des listes et promis une assistance régulière sous forme de distributions de vivres et d’autres produits de première nécessité. Ces réfugiés centrafricains pensaient alors avoir trouvé un refuge temporaire en attendant le retour de la paix dans leur pays.
Mais la réalité s’est avérée tout autre. Selon le témoignage de ce papa refugiés centrafricain, quand arrivent les moments de distribution des kits alimentaires ou autres, les refugiés Centrafricains se retrouvent exclus. Lorsqu’ils se présentent avec leurs noms, on leur répond invariablement que ces noms ne figurent pas sur les listes de distribution.
Cette situation se répète à chaque distribution d’aide. Les réfugiés centrafricains voient arriver les équipes humanitaires, assistent aux distributions, mais n’y ont jamais accès. Quand ils s’approchent pour recevoir leur part, on leur oppose l’absence de leurs noms sur les listes, alors même qu’ils avaient été enregistrés lors des recensements précédents.
Le phénomène est si organisé qu’il ne peut relever du simple hasard ou de l’erreur administrative. Selon le responsable des réfugiés, tous les produits distribués sont accaparés uniquement par les Soudanais présents sur le site, tandis que ses compatriotes repartent les mains vides à chaque fois.
Cette exclusion a poussé les réfugiés centrafricains à remettre une dernière fois leurs noms sur les listes, estimant que la situation était devenue intolérable. Beaucoup de Centrafricains présents sur les lieux de distribution n’ont jamais reçu, selon l’expression du responsable, “aucune soupe sur leur cuillère ”, autrement dit aucune aide concrète.
Cette affaire montre clairement un phénomène plus large de détournement de l’aide humanitaire qui ne se limite pas à la République centrafricaine. Au Soudan aussi, certaines organisations semblent utiliser les noms des réfugiés pour obtenir des financements et des donations, tout en redistribuant l’aide selon des critères qui ne correspondent pas aux listes officielles.
Cette pratique constitue une forme de détournement particulièrement cynique. Les noms des réfugiés centrafricains servent à justifier l’obtention d’aide internationale, mais ces mêmes réfugiés n’en bénéficient jamais. Cette utilisation frauduleuse de leur identité les transforme en victimes deux fois : d’abord de la guerre qui les a chassés de chez eux, puis de la corruption qui les prive de l’aide qui leur est destinée.
La situation de ces réfugiés est d’autant plus tragique qu’ils ne peuvent pas facilement rentrer chez eux. Bien qu’ils souhaiteraient regagner la République centrafricaine, les conditions sécuritaires actuelles ne le permettent pas. Le pays connaît toujours des déplacements massifs de populations, avec des incursions répétées de bandits soudanais qui terrorisent les communautés frontalières.
À ces menaces s’ajoutent les agissements des mercenaires russes dans la Vakaga qui sèment également la terreur parmi les populations civiles. Cette insécurité permanente empêche tout retour serein des réfugiés vers leurs villages d’origine, les contraignant à rester au Soudan malgré les difficultés qu’ils y rencontrent.
Même si le Soudan offre plus de sécurité que leur région d’origine, les conditions de vie y restent précaires pour ces réfugiés. Privés de l’aide humanitaire qui leur revient de droit, ils doivent survivre avec leurs propres moyens dans un pays qui traverse lui-même de nombreuses difficultés.
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)