
Quand on quitte le système, le regard porté sur ses pratiques peut changer. L’ancienne ministre des Arts, de la Culture et du Tourisme, Ngola Françoise Ramadan Mahata, dite Sista Ngola, vient d’en donner une illustration avec une publication sur sa page Facebook. Elle critique ouvertement la qualité de la communication institutionnelle, les moyens accordés aux professionnels et le niveau de formation dans certaines administrations.
Sista Ngola a occupé le portefeuille des Arts, de la Culture et du Tourisme dans le gouvernement formé en janvier 2024. Elle a quitté ses fonctions lors de la formation du nouveau gouvernement le 21 mai 2026, son département ayant été confié à Gina Lawson Rosalem. 
Dans son message, l’ancienne ministre commence par rappeler que chacun doit gérer sa propre communication. Elle affirme ensuite gérer depuis plusieurs années plusieurs pages Facebook, comptes YouTube et TikTok. Elle estime que ce travail demande de la rigueur pour donner envie au public de suivre les contenus proposés.
La partie la plus sévère de son message concerne la communication institutionnelle. Elle compare la qualité des images produites avec ses téléphones à celle de certains contenus diffusés par la télévision centrafricaine.
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« La qualité des images prises par mes différents téléphones est meilleure que celle offerte par la Télévision centrafricaine », écrit-elle.
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Elle poursuit avec une critique directe de l’orthographe utilisée dans certains supports institutionnels. « La médiocrité est devenue la marque déposée et protégée de certaines institutions dans ce pays », écrit encore Sista Ngola.
Un bandeau institutionnel avec plusieurs fautes
La publication est accompagnée d’une image montrant un bandeau consacré à l’opération Kwa ti Kodro au ministère de la Défense. Le texte visible à l’écran contient plusieurs erreurs grammaticales et orthographiques.
On peut notamment lire « Ministère Nationale de la défense ». Le mot « ministère » étant masculin, l’adjectif doit s’écrire « national ». La formulation correcte est donc « ministère national de la Défense ».
Sur la seconde ligne, le bandeau comporte également la formulation « au seins du Ministère Nationale ». L’expression correcte est « au sein du ministère national ».
La dénomination complète devrait ainsi être formulée : « au sein du ministère national de la Défense et de la Reconstruction de l’Armée ».
Sista Ngola ne s’arrête pas à la qualité des textes. Elle demande aussi davantage de moyens pour les professionnels chargés de produire et de diffuser ces contenus.
« Formons-nous vivants et donnons-nous également les moyens car le monde nous regarde », écrit-elle.
Cette phrase place la formation et les moyens matériels au centre de sa critique. Elle considère que la qualité d’une communication publique dépend aussi des compétences de ceux qui la produisent et des outils mis à leur disposition.
Une critique qui prend une autre portée après son départ
Le message intervient quelques mois après le départ de Sista Ngola du gouvernement. Lorsqu’elle occupait encore son portefeuille ministériel, elle se trouvait à l’intérieur de l’appareil institutionnel. Depuis son départ, elle s’exprime publiquement depuis l’extérieur du gouvernement.
Ce changement de position permet surtout de mesurer une différence de regard. Les critiques formulées depuis plusieurs années par des journalistes, des acteurs de la société civile et des observateurs sur la communication publique centrafricaine sont désormais reprises, sur certains aspects, par une ancienne responsable gouvernementale.
Le propos de l’ancienne ministre ne porte pas uniquement sur une faute d’orthographe. Elle met en cause la manière dont certaines institutions produisent leurs messages, leur présentation et les moyens accordés aux personnes chargées de cette communication.
La question devient alors celle de la chaîne de production de l’information institutionnelle : qui rédige, qui relit, qui valide et qui diffuse les contenus avant leur passage à l’antenne ?
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