Aboulkassim Algoni, auteur de l’attaque d’Am Dafock, arrêté à N’Djamena : Wagner tente en vain de le faire libérer

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Aboulkassim Algoni, ancien conseiller à la présidence centrafricaine et coordinateur de l’attaque d’Am Dafock, a été arrêté à N’Djamena alors qu’il tentait de récupérer de l’argent lié à l’opération envoyé par le groupe Wagner. Détenu depuis plusieurs jours, il fait désormais l’objet d’une enquête des services tchadiens, tandis que Wagner multiplie les démarches pour obtenir sa libération.

 

L’arrestation de cet ancien responsable du MPC apporte de nouveaux éléments sur l’opération menée le 30 juin contre la ville d’Am Dafock, dans la Vakaga.

 

Aboulkassim Algoni, auteur de l’attaque d’Am Dafock, arrêté à N’Djamena : Wagner tente en vain de le faire libérer
Aboulkassim Tidjani

 

Selon les informations recueillies par la rédaction du CNC, l’attaque avait été préparée avec l’implication de Wagner, en coordination avec Aboulkassim Algoni et Hassan Bouba.

 

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L’opération devait donner l’apparence d’une offensive menée par une coalition de groupes armés centrafricains et étrangers. Les investigations du CNC montrent désormais un dispositif différent, avec des combattants recrutés pour participer à l’opération et plusieurs relais utilisés de part et d’autre de la frontière.

 

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Aboulkassim Algoni arrêté dans une banque à N’Djamena

 

Après l’opération d’Am Dafock, une somme d’argent a été remise à Hassan Bouba par le groupe Wagner dans le cadre du dispositif de l’attaque d’Am-Dafock. Celui-ci a ensuite transféré les fonds à Aboulkassim Algoni.

 

C’est en se rendant dans une banque de N’Djamena pour récupérer cet argent qu’Aboulkassim Algoni a été interpellé par les services de renseignement tchadiens, selon les informations recueillies par le CNC.

 

Depuis son arrestation, l’ancien conseiller à la présidence est détenu à N’Djamena.

 

Les autorités tchadiennes cherchent notamment à établir ses relations avec des rebelles tchadiens recrutés pour participer à l’attaque d’Am Dafock.

 

Trois rebelles tchadiens arrêtés à leur tour

 

L’enquête tchadienne s’est ensuite étendue à plusieurs autres participants au dispositif.

 

Selon les informations du CNC, trois rebelles tchadiens recrutés par Aboulkassim Algoni pour participer à l’attaque d’Am Dafock ont été arrêtés à N’Djamena depuis deux jours.

 

Les services tchadiens poursuivent leurs investigations sur les réseaux utilisés pour constituer le groupe engagé dans l’opération.

 

La présence de ces combattants tchadiens constitue un élément important de l’enquête. Aboulkassim Algoni a directement participé à leur recrutement pour l’opération menée contre Am Dafock.

 

Hassan Bouba et Wagner tentent de faire libérer Aboulkassim Algoni

 

Depuis l’arrestation d’Aboulkassim Algoni, Hassan Bouba et les chefs de Wagner à Bangui cherchent à obtenir sa libération.

 

Comme vous le savez tous, Hassan Bouba est un ressortissant tchadien et dirige une faction de l’UPC en Centrafrique. Selon les informations du CNC, il a entrepris plusieurs démarches auprès de différents interlocuteurs au Tchad.

 

Ces démarches n’ont pas permis d’obtenir la libération d’Aboulkassim Algoni.

 

Les réseaux liés à Wagner ont également entrepris des démarches pour le faire libérer. Elles sont restées sans résultat.

 

Aboulkassim Algoni demeure donc détenu à N’Djamena, tandis que les autorités tchadiennes poursuivent leurs investigations.

 

Une attaque présentée à tort comme une opération impliquant une coalition militaire incluant le FPRC

 

Cette arrestation permet également de revenir sur le récit initial concernant l’identité des responsables de l’attaque.

 

Après la chute d’Am Dafock, plusieurs informations avaient associé l’opération au FPRC de Nourredine Adam et à d’autres groupes armés centrafricains.

 

Les vérifications effectuées depuis par la rédaction du CNC ne confirment pas l’implication de Nourredine Adam dans la préparation ou la coordination de l’attaque.

 

Le dispositif était en réalité organisé autour d’Aboulkassim Algoni et de Hassan Bouba, avec l’implication de réseaux liés à Wagner.

 

Plusieurs combattants centrafricains et tchadiens avaient été intégrés à cette coalition, donnant à l’opération l’apparence d’une offensive rebelle autonome.

 

Une opération destinée à démontrer l’utilité de Wagner

 

Selon l’enquête du CNC, le montage d’Am Dafock répondait à un objectif précis : démontrer que Wagner demeure indispensable au pouvoir centrafricain.

 

Moscou souhaite depuis plusieurs mois réorganiser son dispositif militaire en Centrafrique avec le déploiement d’Africa Corps. Cette perspective se heurte aux intérêts de Wagner, implanté dans le pays depuis plusieurs années.

 

L’attaque d’Am Dafock devait permettre de présenter une nouvelle menace armée contre une ville stratégique de la Vakaga.

 

Après la prise de la ville par les groupes armés, Wagner est intervenu avec ses supplétifs et les forces nationales pour la reprendre.

 

Le scénario permettait ainsi de montrer que Wagner pouvait intervenir rapidement face à une offensive armée et reprendre le contrôle d’une ville menacée.

 

Pour le CNC, cette démonstration répondait directement au bras de fer autour du maintien de Wagner en Centrafrique.

 

L’enjeu dépasse le dispositif militaire

 

Le maintien de Wagner concerne aussi les intérêts économiques développés par le groupe russe en Centrafrique.

 

Depuis son arrivée, Wagner a constitué des réseaux dans plusieurs secteurs, notamment dans l’exploitation minière. Ses intérêts s’étendent à différentes zones du pays, notamment autour des activités aurifères et diamantifères.

 

Un remplacement complet par Africa Corps remettrait donc en cause une partie de cet appareil économique.

 

Selon les informations diffusée par Africa Intelligence, le compromis actuellement recherché permettrait à Africa Corps de renforcer sa présence à Bangui, tandis que Wagner conserverait plusieurs positions dans les villes et les provinces.

 

L’arrestation d’Aboulkassim Algoni au Tchad intervient ainsi au moment où les autorités tchadiennes cherchent à démêler les réseaux ayant participé à l’attaque d’Am Dafock.

 

Avec l’arrestation de trois autres combattants tchadiens, l’enquête se poursuit désormais à N’Djamena. Elle pourrait apporter de nouveaux éléments sur les financements, les recrutements et les contacts établis autour de cette opération. Actions disponibles

 

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Gisèle MolomaFonction : Cheffe du service des investigations Corbeau News CentrafriqueIdentité Journaliste centrafricaine. Responsable des enquêtes au sein de Corbeau News Centrafrique, où elle coordonne les investigations et supervise la production des dossiers sensibles.FormationMaîtrise en droit Université de BanguiMaster en gestion des ressources publiques Université Paul Valéry, Montpellier, FranceSpécialités Enquêtes d’investigation Analyse juridique des affaires publiques Études sur la gouvernance et les politiques publiques Crises sécuritaires et politiques en CentrafriqueDescription Gisèle Moloma est une journaliste spécialisée dans l’investigation et l’analyse juridique des affaires publiques. Son travail se distingue par une approche rigoureuse, fondée sur la vérification des faits et l’étude des mécanismes de gouvernance. Au sein de Corbeau News Centrafrique, elle dirige les enquêtes majeures du média et contribue à la production de dossiers approfondis sur les enjeux politiques et sécuritaires du pays.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine