Elysée Nguimalé : “La Constitution de 2023 a bradé nos ressources et aggravé la pauvreté dans le pays”

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Elysée Nguimalé : “La Constitution de 2023 a bradé nos ressources et aggravé la pauvreté dans le pays”

 

Elysée Nguimalé : “Le Conseil constitutionnel et l’Autorité Nationale des Élections sont totalement sous contrôle du pouvoir
Élysée Nguimalé en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique

 

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Élysée Nguemalet en pleine conférence de presse de l’Observatoire pour la Gouvernance Démocratique

 

Rédigé le 11 mars 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Lors de l’émission débat Patara diffusée sur la radio Ndèkè -Luka, Elysée Nguimalé de l’Observatoire pour la gouvernance démocratique a dénoncé la Constitution du 30 août 2023 comme un frein au développement économique et social de la Centrafrique. Contrairement aux promesses de progrès, ce texte aurait aggravé la pauvreté et permis le bradage des ressources nationales.

 

Elysée Nguimalé  établit un lien direct entre les pouvoirs accordés au président et l’appauvrissement des populations : “Le pouvoir que vous avez accordé au chef de l’État dans la nouvelle constitution lui a permis de brader toutes nos ressources au détriment des citoyens centrafricains. Aujourd’hui, quand vous arrivez à Berbérati, à Carnot, Nola, Grimari, Bria, partout, il y a tellement de pauvres. Pourquoi? Parce que les ressources naturelles sont toutes bradées aux étrangers, aux Chinois qui les exploitent”.

 

Pour comprendre cette dégradation, Nguimalé compare avec la Constitution de 2016 : “Cette constitution-là, c’est ça le conseil du développement. Parce que pour qu’il ait le développement, il faut qu’il ait une bonne organisation de l’État. Et la constitution de 30 mars 2016, à son article 60, au deuxième alinéa, dit ceci : le gouvernement a l’obligation de recueillir préalablement l’autorisation de l’Assemblée nationale avant la signature de tout contrat relatif aux ressources naturelles, ainsi que des conventions financières. Il est tenu de publier les contrats dans les huit jours francs suivant la signature”. Cette disposition imposait transparence et contrôle parlementaire. La Constitution de 2023 l’a supprimée.

 

La conséquence est immédiate : “Le président Touadéra, lui seul, peut octroyer les permis d’exploitation à des agents économiques sans que le peuple centrafricain le sache”. Cette absence de garde-fous institutionnels facilite le bradage des ressources et prive le pays de revenus essentiels pour le développement.

 

L’impact sur les conditions de vie est dramatique. Elysée Nguimalé  dénonce : “Le pouvoir qui a permis que vous avez concédé au président Touadéra dans cette constitution lui a permis de faire augmenter les prix sans pour autant accompagner avec l’augmentation de salaire.” Il précise : “Le salaire qu’il verse aujourd’hui a été fixé en 1919, et à cette époque-là, le prix des carburants coûtait 375 francs. Aujourd’hui, c’est à mille et quelques, avec le même salaire”.

 

Les exemples se multiplient : “Quand on a fixé ce salaire-là, un kilo de viande coûtait seulement mille francs. Aujourd’hui, c’est à 4500 francs”. Cette inflation galopante sans ajustement salarial plonge les Centrafricains dans une précarité croissante, conséquence directe du pouvoir discrétionnaire accordé au président.

 

Au-delà de l’appauvrissement économique, Nguimalé dénonce une paralysie sociale : “Aujourd’hui les Centrafricains sont paralysés, les Centrafricains ne peuvent même plus revendiquer leurs droits”. Cette incapacité à exiger des améliorations économiques et sociales résulte de la concentration du pouvoir qui empêche toute mobilisation pour des réformes.

 

Elysée Nguimalé  conteste frontalement l’idée que cette Constitution favorise le développement : “Je pense que cette constitution a plutôt réduit les niveaux de vie de tous les citoyens centrafricains”. Il rejette l’argument selon lequel le nouveau texte aurait renforcé le contrôle de l’État sur le sous-sol : “C’est la constitution qui a dit précédemment que le sol et le sous-sol de l’État appartient aux étrangers. C’est dans quelle constitution? Donc ça, ce n’est pas un changement”.

 

Cette disposition, déjà présente dans les constitutions précédentes, n’a rien changé à la réalité de l’exploitation étrangère des ressources. Au contraire, la Constitution de 2023 aggrave la situation en permettant au président de gérer ces ressources sans contrôle.

 

Citant le président fondateur Barthélémy Boganda, Elysée Nguimalé  rappelle : “Ce sont les lois de la République qui nous gouvernent et non pas les hommes. Et les hommes ne sont là que pour les faire appliquer. Et donc, la loi, oui, la loi peut apporter un changement dans la vie sociale. Mais il s’agit de quelle loi ici? Je pense que cette constitution-là, ça n’a pas été élaboré dans le sens d’apporter une réforme institutionnelle dans l’intérêt de la société centrafricaine”.

 

William Ndjapou tente de défendre la Constitution en affirmant qu’elle a permis une révision du Code minier et un “assainissement” du domaine minier. Il cite également des réformes pour les jeunes entrepreneurs comme acquis du nouveau texte.

 

Elysée Nguimalé  rejette ces arguments. L’exploitation par des étrangers persiste, la pauvreté s’aggrave dans toutes les régions, et les revenus miniers ne profitent pas à la population. Quant aux initiatives pour les jeunes, elles relèvent des compétences ministérielles et non de la Constitution.

 

Pour Elysée Nguimalé  et l’Observatoire pour la gouvernance démocratique, contrairement au BRDC qui se concentre sur les questions d’éligibilité, “nous de la société civile, nous disons qu’il faut balayer en bloc cette constitution-là”. Elle aggrave les conditions de vie au lieu de les améliorer.

 

La Constitution de 2023 apparaît ainsi comme un obstacle au développement pour plusieurs raisons : bradage des ressources par suppression des mécanismes de transparence, aggravation de la pauvreté par l’inflation sans ajustement salarial, paralysie des revendications sociales par concentration du pouvoir présidentiel, et absence de réformes institutionnelles favorables au développement.

 

Les promesses de progrès économique et social portées lors de la campagne référendaire sont trahies. La Constitution favorise les intérêts du président et de son entourage au détriment de la population qui s’enfonce dans la précarité pendant que les ressources nationales sont bradées aux intérêts étrangers.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

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