Dmitri Podolsky, le « général Robot » de Wagner : des massacres en RCA aux propagandes sur la télévision russe

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Dmitri Podolsky, le « général Robot » de Wagner : des massacres en RCA aux propagandes sur la télévision russe

 

Dmitri Podolsky, conseiller russe du président Touadéra, sur la télévision de propagande russe RT
Dmitri Podolsky, conseiller russe du président Touadéra, sur la télévision de propagande russe RT

 

Rédigé le 19 février 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

 Un mercenaire russe mutilé en Ukraine, surnommé le général Robot, s’est présenté il y’a quelques jours sur la télévision russe RT comme un conseiller bienveillant venu aider la République Centrafricaine. Mais ce qu’il a dit est un véritable tissu de mensonge

 

Dans les cercles très fermé au tour du dictateur de Bangui qui connaissent Wagner de près, on ne l’appelle pas Dmitri Podolsky. On l’appelle le général Robot. Un homme sans jambes, sans un bras, maintenu debout par des prothèses et par la volonté de Moscou de le garder utile en Centrafrique.

 

C’est cet homme-là qui s’est installé devant les caméras de la télévision russe RT en février 2026 pour raconter sa version des faits. Et cette version ne ressemble en rien à ce que les habitants de la RCA ont vécu depuis l’arrivée de Wagner sur leur sol.

 

Podolsky a présenté son parcours avec minutie. Il a évoqué une école militaire, des postes de commandement, des missions en Syrie et dans le Caucase du Nord. Puis il a glissé discrètement : « j’ai commencé à travailler dans une société militaire privée. » Cette société, c’est Wagner. Il n’a pas prononcé ce nom une seule fois.

 

Il a ensuite admis avoir été blessé en 2023 pendant l’invasion russe de l’Ukraine, qu’il appelle pudiquement « opération militaire spéciale ». Puis il a ajouté, avec une légèreté déconcertante : « je me suis rétabli et je suis revenu en RCA ». Un seul mot pour couvrir une réalité que son corps porte pourtant au grand jour.

 

Car Podolsky n’est pas rétabli au sens ordinaire du terme. Il a perdu ses deux jambes et un bras lors de cette guerre. C’est précisément pour cela qu’on l’appelle le Robot, parce qu’il continue d’avancer mécaniquement, porté par des prothèses et des directives venues de Moscou, comme si rien ne s’était passé.

 

Sur le plateau de RT, ce passé n’existait pas. À la place, Podolsky a décrit ses méthodes avec une franchise qui aurait dû interpeller. « D’abord le combat, ensuite la négociation », a-t-il déclaré, comme si cette philosophie était parfaitement acceptable. Comme si des villages entiers n’avaient pas payé ce principe de leur sang.

 

Les enquêtes menées sur le terrain et confirmées par des rapports des Nations Unies et de Human Rights Watch ont établi ce que Wagner a réellement fait en RCA. À Aïgbado, 65 civils ont été exécutés par des éléments de Wagner et des soldats des FACA. Ces faits sont écrits, archivés, vérifiés par des institutions indépendantes.

 

Podolsky, lui, a parlé d’opérations conduites « sans subir aucune perte ». Il a énuméré des ennemis éliminés avec la froideur d’un rapport administratif. Mais dans ces bilans nets et propres, les civils tués n’apparaissent nulle part. Effacés avant même que la caméra s’allume.

 

Pour parachever le tableau, il a évoqué un « travail humanitaire » conduit en parallèle des opérations militaires. Wagner, humanitaire. Le groupe qui a pillé les mines d’or et de diamants centrafricains, qui a semé la peur dans des dizaines de localités, se présente désormais comme une main tendue sur la télévision d’État russe.

 

Aujourd’hui, Podolsky occupe un bureau de conseiller à la présidence centrafricaine, aux côtés de vingt à trente autres ressortissants russes portant le même titre. Vingt à trente hommes qui orientent les décisions d’un président africain au nom de Moscou, dans un pays dont Wagner capte les richesses minières depuis des années.

 

Le Robot de Wagner s’est donc fabriqué une nouvelle existence en costume de conseiller. Il parle à la télévision. Il trie ses mots. Il enterre ce qu’il faut enterrer. Mais les villages dévastés, eux, n’ont pas accès aux plateaux de RT pour​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

 

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