Le directeur régional Afrique de l’UNOPS, Sanjay Mathur, rejette les accusations formulées par les autorités centrafricaines sur les projets routiers et affirme que 503 kilomètres de route ont déjà été réalisés.
Cette déclaration intervient alors que le gouvernement centrafricain a demandé à la Banque mondiale de ne plus financer de nouvelles opérations impliquant l’UNOPS en République centrafricaine. Cette position fait suite à des reproches portant notamment sur l’exécution de plusieurs projets financés par la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD).

Interrogé sur cette décision, Sanjay Mathur dit en avoir connaissance, tout en affirmant que l’UNOPS poursuit son travail en Centrafrique. Il indique avoir rencontré le Premier ministre et le ministre d’État chargé du Plan et souligne avoir eu avec eux des échanges directs sur la poursuite des projets.
L’UNOPS affirme avoir réalisé 503 kilomètres
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Au centre du différend figure notamment le projet de réhabilitation de l’axe Ndélé-Ouadda. Les financements annoncés s’élèvent à 30,6 millions de dollars de la Banque mondiale et à 5 millions d’euros de l’AFD. Les autorités centrafricaines ont fait état de manquements contractuels et de retards dans l’exécution de plusieurs travaux.
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Sanjay Mathur présente une situation différente. Selon lui, l’UNOPS a déjà achevé 503 kilomètres de route et il ne resterait que 40 kilomètres à réaliser. Il indique que l’organisation travaille avec le ministère sur un troisième avenant destiné à permettre l’achèvement de l’ensemble du tronçon, pour atteindre environ 543 kilomètres.
Cette version apporte un élément important au débat sur l’état réel du projet. Alors que les autorités évoquent des difficultés dans l’exécution des travaux, l’UNOPS soutient qu’une grande partie du chantier est déjà terminée et que le projet n’est pas à l’arrêt.
Les quatre ponts restent en attente
La situation est différente pour les quatre ponts prévus sur l’axe Mbrès-Ndélé. Sur ce point, Sanjay Mathur reconnaît que les travaux de construction n’ont pas encore commencé.
Le directeur régional explique que l’UNOPS est toujours en négociation avec les entreprises contractantes. Il évoque notamment la nécessité d’obtenir certaines garanties et de finaliser les avenants avant le lancement effectif des travaux.
Cette déclaration contraste avec son affirmation précédente selon laquelle les fonds destinés aux ponts ont déjà été entièrement décaissés. Sanjay Mathur assure que l’UNOPS dispose des devis et des documents permettant de démontrer que les décaissements ont été effectués.
Une contradiction sur les paiements
La question des paiements constitue l’un des principaux points de désaccord dans ce dossier. Le Groupe de Travail de la Société Civile (GTSC), dans sa déclaration du 17 août, affirme que la coordination du projet PURIC a versé à l’UNOPS 5 millions d’euros pour les marchés financés par l’AFD et 30 637 410 dollars pour ceux financés par la Banque mondiale. Le GTSC affirme ensuite que l’UNOPS n’a pas honoré ses engagements auprès de certaines entreprises chargées des travaux. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
Le communiqué du GTSC cite notamment l’Office National du Matériel (ONM) et le groupement MATIERE/SOFIA TP. L’organisation affirme que les travaux avaient été lancés sur le terrain, mais que les engagements financiers envers les entreprises n’avaient pas été respectés. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
La déclaration de l’UNOPS introduit une autre version. Sanjay Mathur affirme que les fonds destinés aux ponts ont été décaissés et que l’organisation possède les pièces justificatives correspondantes. Il ne fournit pas, dans cette interview, le détail des paiements entreprise par entreprise.
Le dossier reste donc difficile à trancher sur la seule base des déclarations publiques. Une affirmation de décaissement de la part de l’UNOPS ne permet pas, à elle seule, d’établir que chaque entreprise a effectivement reçu les sommes attendues. De même, la déclaration du GTSC ne permet pas de déterminer à quel niveau un éventuel blocage serait intervenu.
Le GTSC demande des explications
Dans sa déclaration, le Groupe de Travail de la Société Civile demande à l’Assemblée nationale d’interpeller le gouvernement, notamment le ministre d’État chargé de l’Équipement et des Travaux publics, afin d’obtenir des explications sur le dossier. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
Le GTSC estime que les difficultés liées aux travaux pénalisent les populations du Nord-Est, alors que les routes concernées sont déjà fortement dégradées. L’organisation s’interroge également sur le rôle de l’UNOPS dans le dispositif associant le gouvernement centrafricain, la Banque mondiale et l’AFD. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
Le GTSC annonce par ailleurs se réserver le droit d’engager une action en justice contre l’UNOPS. Il recommande au gouvernement de revoir les futurs accords afin d’accélérer la réalisation des projets destinés aux populations. Déclaration du GTSC sur la situation de l’UNOPS.pdf
L’UNOPS dit ne pas avoir licencié son personnel
L’interview aborde également les accusations concernant la gestion du personnel de l’UNOPS. Le GTSC évoque notamment des licenciements abusifs et des retards dans le paiement des salaires.
Sanjay Mathur affirme ne pas avoir connaissance du rapport du GTSC. Il explique que l’UNOPS fonctionne essentiellement à travers des projets et que les contrats des employés recrutés pour un projet prennent fin lorsque celui-ci arrive à son terme.
Selon lui, il ne s’agit donc pas de licenciements, mais de fins de contrats lorsque ceux-ci ne sont pas renouvelés. Il précise que les mêmes employés peuvent être repris lorsqu’un nouveau projet est disponible.
Mathur veut poursuivre les projets
Malgré la décision du gouvernement de demander à la Banque mondiale de ne plus financer de nouvelles opérations impliquant l’UNOPS, Sanjay Mathur affirme que l’organisation souhaite continuer à travailler avec les autorités centrafricaines.
Il assure que l’UNOPS reste disponible pour accompagner les projets de développement en cours et participer à de nouvelles opérations lorsque le gouvernement disposera de financements supplémentaires.
Sur la reprise des travaux des ponts, le directeur régional évoque un délai court. Il explique que les négociations avec le consortium doivent permettre d’obtenir les garanties nécessaires avant la finalisation des avenants et le lancement des travaux.
Pour l’axe Ndélé-Ouadda, Sanjay Mathur maintient que le chantier n’est pas arrêté. Il affirme que 503 kilomètres sont déjà réalisés, que 40 kilomètres restent à traiter et que l’UNOPS travaille avec le ministère sur un avenant destiné à achever le projet.
Le dossier reste ainsi suspendu entre plusieurs versions. Le GTSC demande des explications sur les fonds et l’exécution des contrats, tandis que l’UNOPS affirme avoir effectué les décaissements et avoir déjà réalisé l’essentiel du chantier routier. Les documents de paiement, les contrats, les avenants et les preuves de réception des fonds par les entreprises permettraient de vérifier précisément les différentes affirmations.
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