CENTRAFRIQUE : THOMAS DIETRICH,PETIT PROCUREUR DE LA FRANÇAFRIQUE, GRAND MEPRIS DES CENTRAFRICAINS
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans sa dernière vidéo sur la République centrafricaine, Thomas DIETRICH nous invite à « plonger au cœur » d’une grande guerre qui se prépare, en expliquant comment Paris chercherait à déstabiliser Bangui pour chasser les Russes et reconquérir son ancien pré carré. Il se met en scène en lanceur d’alerte courageux, ton moralisateur et dramatique, censé réveiller les consciences françaises et africaines. Mais en voyant de près ce vernis d’« investigation », son reportage est un trompe‑l’œil : angles grossiers, affirmations non documentées, prisme unique de la Françafrique et une posture intellectuelle profondément méprisante pour les Centrafricains. En réduisant la crise à un jeu de barbouzes entre Paris, Moscou, N’Djamena et Khartoum, il efface la responsabilité de TOUADERA et infantilise tout un peuple.
Dietrich pointe une diplomatie centrafricaine chaotique, alignée sur le camp du général HEMETI et transformant la RCA en base arrière pour armes, mercenaires et trafics via Birao. Mais il se dérobe devant l’essentiel : cette stratégie est le produit de choix politiques délibérés de TOUADERA, de son clan et de ses conseillers, qui ont accepté de mettre la Centrafrique au service de seigneurs de guerre étrangers en échange de protection et de survie au pouvoir. Il détaille les manœuvres de la France mais reste pudique sur le fait que ce sont des décideurs centrafricains qui ont ouvert la porte à Wagner, à Africa Corps et aux réseaux soudanais et tchadiens.
Il transforme le peuple centrafricain en victime sans auteurs, comme si l’Histoire se faisait uniquement à Paris et au Kremlin.
Toute sa vidéo tourne autour d’une idée fixe : la France serait prête à tout pour reprendre pied à Bangui, venger le départ de son armée en 2018 et chasser les mercenaires russes. Il déroule visites ministérielles, rôle d’Orano, réseaux d’anciens diplomates et militaires pour conclure à un plan de déstabilisation. Débattre des intentions de Paris est légitime, mais faire de la Françafrique le seul cadre explicatif, c’est dire aux Centrafricains : « Votre crise n’est que la répétition d’un vieux théâtre français, vous n’êtes que décor et figurants. » Dietrich ignore ce que pensent nos intellectuels, juristes, militants, journalistes, qui, eux, analysent depuis des années le système TOUADERA, Wagner, la paupérisation et les violences structurelles.
C’est une nouvelle Françafrique intellectuelle : “Je vais vous raconter votre pays”. Non, monsieur DIETRICH, on n’a pas besoin de vous pour comprendre ce qui se passe chez nous.
Il admet pourtant que les Russes sont omniprésents : Wagner puis Africa Corps, mercenaires blancs au côté de l’armée, protection rapprochée du président, révision constitutionnelle sous leur œil complaisant et celui de Paris. Mais sa voix, si vibrante pour chaque barbouzerie française, se fait étrangement douce face à la prédation russe. Où est sa dénonciation ferme de cette recolonisation, de l’emprise de Wagner sur les mines, les forêts, les routes, l’économie et l’administration ? Où est sa compassion pour les dizaines de milliers de Centrafricains morts en silence du fait des mercenaires russes, des milices pro‑régime, de la faim, de la misère et d’un État capturé par un clan incompétent ?
TOUADERA, c’est dix ans d’échec total ; Dietrich, qui se dit « journaliste d’investigation », survole ce bilan pour revenir à son jouet préféré : la Françafrique.
Lorsqu’il aborde Nourredine ADAM, DIETRICH égrène les clichés : seigneur de guerre sanguinaire, financé par BURHAN et DEBY, prêt à marcher sur Bangui grâce à des alliances et des réseaux opposants. Il affirme qu’ADAM aurait séjourné en France pour rencontrer « toute l’opposition centrafricaine », sans fournir la moindre preuve sérieuse. Un journaliste d’investigation digne de ce nom ne se contente pas d’un « selon mes informations » pour lancer des accusations aussi lourdes. Plus grave encore, en parlant de certains Centrafricains comme d’« étrangers » dès qu’ils ne sont pas d’accord avec son « patron » TOUADERA, il glisse sur une pente qui traite les opposants comme corps étrangers à la nation, alors que le président lui‑même est entouré de ministres et mercenaires étrangers et a violé la Constitution pour rester au pouvoir.
DIETRICH se présente aussi comme martyr : menacé, expulsé, torturé, fiché S, prêt à tout pour « éclater la vérité ». Les violences subies sont réelles, mais il les convertit en capital symbolique, en légitimité automatique, comme si avoir été maltraité garantissait la justesse de chaque mot. Dans le cas de la Centrafrique, cette « autosacralisation » devient problème : au lieu de dialoguer avec les analyses centrafricaines, il recentre le récit sur son combat contre la Françafrique. Il surfe sur une vague anti‑France, gagne en visibilité, en abonnés, en dons, tout en évitant d’affronter de front TOUADERA, Wagner et la recolonisation russe.
Ce n’est pas le comportement d’un intellectuel libre, mais celui d’un homme avide de posture et de succès.
Oui, ce qui se prépare à Am‑Da‑Fok dans le nord est dramatique ; oui, la perspective d’une nouvelle guerre, d’une offensive venue du Darfour et d’un encerclement de Bangui est terrifiante. Mais non, DIETRICH n’a ni le monopole ni la compétence exclusive pour parler au nom de tous les Centrafricains. Quand il réduit nos souffrances au seul théâtre de la Françafrique, efface l’échec total de TOUADERA, passe sous silence la recolonisation russe et les morts invisibles de la pauvreté, il nous infantilise.[1]
Alors oui, monsieur DIETRICH, vous vous trompez : vous n’êtes pas le héros que vous croyez, mais un homme qui a trouvé dans la Françafrique une niche médiatique. Si vous n’avez rien à apporter de plus qu’un récit bancal qui nie notre capacité de réflexion, alors, avec gravité mais sans détour :
fermez‑la !
Laissez les Centrafricains penser, débattre et décider eux‑mêmes de leur avenir.
Par Arsène—Thierry BENGUEWE DAMARAS
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
3
CNC groupe 4
CNC groupe le Soleil
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube :
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email :
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org




