Centrafrique : Quelques heures avant le verdict tant attendu de la cour constitutionnelle

Publié le 23 septembre 2022 , 2:08
Mis à jour le: 23 septembre 2022 2:08

 

La Centrafrique s’effondre : Que se passera-t-il au lendemain du verdict de la Cour constitutionnelle suite à la saisine de l’opposition démocratique et des forces vives de la Nation en annulation du décret portant mise en place du Comité de rédaction de la nouvelle Constitution ? Difficile de savoir, mais en tout cas, on marche sur la lame du rasoir.

Madame Danielle Darlan, Présidente de la cour constitutionnelle
Madame Danielle Darlan, Présidente de la cour constitutionnelle. Photo CNC

 

Rédigé par LHRD

Publié par Corbeaunews Centrafrique (CNC), le vendredi 23 septembre 2022

 

Le verdict tant attendu de la cour constitutionnelle, l’inquiétude domine

 

Depuis plusieurs semaines, les partisans du pouvoir ont voulu mettre la Cour constitutionnelle sous pression. Des manifestations violentes ont été organisées devant le siège de l’institution, tout cela, accompagnées de menaces de mort et autres intimidations.

Voyant le vent venir, les cadres du régime ont anticipé pour dire qu’ils ne seront pas concernés par la décision des juges constitutionnels. Pour eux, seules les voix de leurs militants comptent. La sortie impromptue et inopportune du Premier Vice Président de l’Assemblée nationale a le mérite de susciter l’ire d’une bonne partie de l’opinion. Les inquiétudes sont aujourd’hui réelles. La volonté d’un putsch constitutionnel en vue est insoupçonnable. La Communauté internationale a donc les oreilles très tendues pour suivre l’évolution de la situation en Centrafrique.

Il y a quelques jours, les « robes noires » ont manifesté pour témoigner leur soutien à la Présidente de la Cour sous haute tension. Les images envoyées sur les réseaux sociaux ont été très anecdotiques. Pour les observateurs de la vie politique en Centrafrique, Danielle DARLAN a été gaillardie par le mouvement de ses collègues défenseurs des droits humains.

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La stabilité des institutions de la République et la paix civile

 

Pour le moment, on ne compte que les heures. Dans tous les cas, la décision de la Cour constitutionnelle va sonner le début d’une nouvelle ère en Centrafrique. Après ce verdict, plus rien ne sera comme avant. Soit le verdict de la Cour va donner au Chef de l’État le pouvoir de poursuivre l’œuvre de changement de la Constitution, soit la décision des juges l’arrêtera net et l’obligera à s’occuper de son second et dernier quinquennat avant de s’en aller. La démocratie centrafricaine est donc à l’heure des grandes épreuves car, de la décision de Darlan et de ses pairs, dépendra la stabilité des institutions de la République et la paix civile. Le verdict tant attendu de la cour constitutionnelle, un espoir.

Cependant, tout dénote à l’heure actuelle que même avec un avis favorable de la Cour au projet de changement constitutionnel en Centrafrique, le pays risquera de basculer dans une spirale de violences sans précédent. Cette inquiétude se fonde sur l’absence du consensus ou tout simplement l’esprit d’exclusion qui anime les tenants du pouvoir à expédier leur Constitution en catimini.

Il n’est guère trop tard pour le Président Touadera de faire marche-arrière et de saisir l’occasion du verdict de la Cour constitutionnelle afin de donner le ton à un consensus national pour sauver le navire Centrafrique en péril.

Une chose est de vouloir mordicus une Constitution, sa Constitution, une autre est de se mettre à la hauteur des enjeux afin d’éviter au pays l’apocalypse.

Nous ne voudrions pas être pessimiste comme l’écrivaine Chinua Achebe afin de penser qu’au lendemain du verdict de la Cour constitutionnelle, la Centrafrique va s’effondrer. C’est ici que nous appelons à la sagesse des uns et des autres afin d’éviter à ce pays un fâcheux retour aux démons de déchirement, de la haine et de violences communautaires. Ce qui importe aujourd’hui à la Centrafrique et aux Centrafricains, c’est la stabilité des institutions de la République, le retour à la paix, la réconciliation nationale, le consensus politique afin de donner au pays la chance de se relancer sur le plan diplomatique et socio-économique.

L’élite politique et intellectuelle du pays pourra-t-elle être capable de ses sacrifices ? La violence répandue par la Galaxie nationale de Didacien Kossimachin à la veille de ce rendez-vous historique est annonciateur des risques imminents d’un basculement vers la guerre civile. Au lendemain du verdict tant attendu, faisons tout pour éviter l’effusion de sang…

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