Centrafrique : Les FACA au bord de l’effondrement total
Par la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique.
“L’histoire se répète. Tous les signaux sont au rouge. Nous revivons exactement les mêmes conditions qui ont conduit à l’effondrement de 2013”. L’avertissement vient d’un général quatre étoiles. Son constat, partagé par de nombreux officiers supérieurs, est sans appel : les Forces Armées Centrafricaines (FACA) sont au bord d’une nouvelle désintégration.
Une enquête approfondie menée par le service d’investigation de la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique révèle l’ampleur de la crise qui menace l’armée nationale. Documents confidentiels et témoignages exclusifs des officiers supérieurs de forces armées centrafricaines dessinent les contours d’un effondrement imminent.
“L’armée se désagrège de l’intérieur”, confie un colonel de l’état-major. “Nous avons perdu tout contrôle sur nos troupes. Certaines unités n’obéissent plus qu’aux Mercenaires russes du groupe Wagner, d’autres se sont transformées en milices privées. La chaîne de commandement n’existe plus que sur le papier“.
Les chiffres sont alarmants. En 2023, plus de 800 soldats ont déserté leurs postes, emportant souvent leurs armes. “Ce ne sont plus des cas isolés”, explique un officier du renseignement militaire.
À Bouar, en 2022, un instructeur témoigne à CNC de la décomposition accélérée de l’armée nationale : “Les nouvelles recrues n’ont aucune loyauté envers l’institution. Elles viennent pour le salaire, les armes, ou pire, pour infiltrer l’armée au profit de groupes rebelles“.
Plus inquiétant encore, les divisions ethniques s’accentuent. “Le recrutement massif de Mbaka-Mandja crée des tensions explosives”, révèle un commandant de zone. “Les autres ethnies se sentent exclues. Certains officiers refusent déjà d’obéir à des supérieurs d’une ethnie différente.”
La corruption générale achève de saper les fondements de l’institution. Un rapport confidentiel, consulté par notre rédaction, estime que 60% du budget de la défense est détourné avant d’atteindre les troupes. “Même les munitions sont vendues au marché noir”, dénonce un responsable de la logistique.
À Bangui, la concentration de militaires mécontents fait craindre le pire. “Ces soldats en colère, humiliés par les Wagner, et sans perspective d’avenir sont une bombe à retardement”, alerte un officier général interrogé par la rédaction du CNC. “Il suffirait d’une étincelle pour déclencher une nouvelle mutinerie“.
Les signes avant-coureurs se multiplient. La semaine dernière, des soldats ont ouvertement défié leur chef du détachement à Nzako. À Sam-Ouandja, une unité entière a manifesté leur mécontentement et refusé de partir en mission, exigeant le paiement des arriérés de leur PGA.
“Le plus grave”, analyse un ancien ministre de la Défense, “c’est que personne ne semble tirer les leçons de 2013. Nous reproduisons exactement les mêmes erreurs : ethnicisation, corruption, humiliation des troupes, absence de formation“.
La présence des mercenaires russes, loin de stabiliser la situation, accélère la désintégration. “Les Wagner sapent systématiquement l’autorité des officiers centrafricains”, témoigne un capitaine. “Ils créent délibérément le chaos pour se rendre indispensables“.
Devant cette situation critique, le pouvoir reste étrangement passif. Les alertes des officiers supérieurs sont ignorées. Les propositions de réforme restent lettre morte. Pendant ce temps, l’armée nationale continue sa descente aux enfers.
“Si rien n’est fait immédiatement”, prévient le général quatre étoiles, “l’effondrement des FACA sera encore plus catastrophique qu’en 2013. Cette fois, nous n’aurons plus d’armée du tout à reconstruire“.
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![Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR Axe Yalinga-Soudan : une véritable autoroute pour les rebelles du FSR pendant que l’État regarde ailleurs Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Yalinga, une ville de la préfecture de la Haute-Kotto reste une porte grande ouverte sur le Soudan. Et tout le monde le sait : un danger pour le pays. Selon les propres mots de la sous-préfète Natacha Gwladys Akani, l’autre axe, celui qui mène directement vers la frontière soudanaise, n’est toujours pas sécurisé. Les hommes armés venus du Soudan y circulent comme bon leur semble. Ils entrent, ils sortent, ils passent et repassent sans aucune gêne réelle. C’est devenu leur couloir préféré. Un an et demi après l’arrivée de Mme Akani, après le déploiement tant vanté des FACA, de la police et de la gendarmerie au centre de Yalinga, cet axe reste une zone de non-droit. La présence des forces de sécurité est concentrée au chef-lieu, mais dès qu’on s’éloigne un peu, surtout vers cet axe stratégique, le vide se fait sentir. Résultat : les rebelles profitent de cette faille béante pour circuler librement. La sous-préfète ne cache pas son inquiétude. Elle demande ouvertement au gouvernement de « garder le cap » et de renforcer la sécurisation de cette zone. En langage clair, cela veut dire que l’État n’a toujours pas fait le nécessaire. Il a envoyé quelques éléments au centre pour calmer les esprits, mais il a laissé l’axe frontalier sans contrôle réel. Une véritable autoroute pour tous ceux qui veulent causer du trouble ou faire du business illicite avec le Soudan. C’est le même refrain qu’on entend depuis des années en Centrafrique : on sécurise ce qui se voit, on prend des photos avec les nouvelles casernes bien peintes, et on abandonne les axes sensibles. Les partenaires techniques et financiers applaudissent les progrès au centre-ville, pendant que les rebelles continuent à utiliser librement cette porte d’entrée vers le territoire national. L’État regarde ailleurs. Il préfère célébrer la jolie gendarmerie et le bureau de sous-préfecture tout neuf plutôt que d’envoyer des renforts conséquents, des moyens roulants et une présence permanente sur cet axe. Résultat : Yalinga reste vulnérable. La population vit avec la peur constante que les hommes armés reviennent en force, parce que rien ne les empêche vraiment de le faire. Tant que Bangui traitera cet axe comme un détail secondaire, tant qu’on continuera à déployer des forces en nombre ridicule sans les doter des véhicules nécessaires pour patrouiller une zone aussi vaste, la sous-préfecture de Yalinga ne connaîtra jamais la paix durable. Elle restera simplement une localité où l’État fait semblant de revenir, pendant que les rebelles, eux, reviennent vraiment. La vérité crue est là : l’axe Yalinga-Soudan est devenu une autoroute pour les groupes armés. Et l’État, une fois de plus, choisit de regarder ailleurs. Par Moïse Banafio Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/07/rebelle_du_prnc_dans_la_haute_kotto-157x150.jpg)